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L'ASN fait valoir la "grande réactivité" dont elle a fait preuve dans le contexte du Covid-19

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MONTROUGE (Hauts-de-Seine), 26 janvier 2021 (TecHopital) - L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a fait preuve d'une "grande réactivité" pour accompagner les responsables d'activités médicales et modifier les autorisations d'utilisation de locaux et d'équipements en vue de gérer la crise sanitaire liée au Covid-19, ont fait valoir des responsables de l'autorité sanitaire, à l'occasion des voeux à la presse tenus en ligne le 21 janvier.

La commissaire en charge des sujets médicaux à l'ASN depuis la mi-décembre 2020, Géraldine Pina, a introduit ce point presse en exposant comment l'autorité sanitaire s'était adaptée en 2020 au contexte particulier de la crise du Covid-19.

Car si "les activités médicales qui sont contrôlées par l'ASN ne sont pas, à proprement parler, en première ligne pour combattre l'épidémie de Covid-19", "elles apportent, en particulier en imagerie, un soutien significatif aux cliniciens". Cela signifie que la prise en charge des patients a dû "être adaptée pour répondre à la double contrainte de radioprotection et d'hygiène".

Dans ce cadre, "l'ASN a travaillé dès le mois de mars pour anticiper les difficultés susceptibles d'être rencontrées par les services et définir, dans ce contexte sanitaire particulier, les mesures à prendre dans le domaine de la radioprotection", a déclaré Géraldine Pina, faisant valoir la "grande réactivité" de l'autorité sanitaire.

Les services de l'ASN se sont ainsi "mobilisés" pour que des équipements ou locaux puissent être utilisés dans des conditions "non couvertes par les autorisations de détention et d'utilisation des sources radioactives en vigueur", et ce en modifiant ces autorisations "dans les délais les plus courts possibles".

Certains contrôles de qualité des dispositifs médicaux ont en outre été priorisés, "dans l'attente de pouvoir réaliser l'ensemble des contrôles requis".

S'agissant des inspections, les modalités ont été adaptées en 2020 puisque "sauf exception, l'ASN a suspendu ses inspections des activités médicales pendant la première période de confinement" et que par la suite, "des modalités particulières de contrôle qui ont été mises en place sur site de manière mixte ou à distance".

"Cette démarche adaptée de contrôle des installations se poursuit en 2021 pour prendre en compte la crise sanitaire qui est toujours présente et les contraintes qu'elle génère en termes de charge de travail et de risque infectieux", a déclaré Géraldine Pina.

La commissaire a par ailleurs souligné qu'en dépit du contexte de gestion de la crise, "la qualité de la radioprotection dans le domaine médical s'[était] bien maintenue" en 2020.

Une attention particulière sur la radioprotection au bloc opératoire

Néanmoins, et bien que l'analyse des événements significatifs de radioprotection soit encore en cours, "on retrouve encore des défaillances organisationnelles et techniques qui sont à l'origine d'erreurs évitables".

Interrogée par APMnews/TecHopital, la directrice des rayonnements ionisants et de la santé à l'ASN, Carole Rousse, a précisé que selon des données non encore consolidées, 4 événements significatifs de radioprotection de niveau 2 et un de niveau 3 avaient été déclarés en 2020 dans le domaine de la radiothérapie, de même que 3 événements de niveau 2 survenus dans le cadre de pratiques interventionnelles radioguidées.

"Au bloc opératoire, on a une défaillance au niveau de la culture de la radioprotection où le risque n'est pas toujours pris à la mesure comparativement au risque infectieux", a estimé Carole Rousse, assurant qu'en 2021, l'ASN aurait "très clairement une attention particulière sur la situation de la radioprotection au bloc opératoire".

Géraldine Pina a à ce titre indiqué que "de nouvelles recommandations pour améliorer la radioprotection dans les blocs opératoires" avaient été diffusées en 2020. Elle a rappelé que "la formation continue des professionnels et l'intervention du physicien médical en appui aux activités menées sous rayonnements ionisants constituent deux points clefs pour garantir la maîtrise des doses délivrées".

Les responsables ont par ailleurs noté que c'était la première fois, depuis la mise en place de l'échelle ASN-SFRO, qu'un événement de niveau 3 était déclaré à l'ASN. "Ce niveau de gravité est rare puisque [cela signifie qu'il y] a des conséquences cliniques pour le patient, en l'occurrence sur le poumon, et il y a eu des effets déterministes, avec un oedème au niveau du sein", a exposé Carole Rousse. "Les causes sont toujours les mêmes, mais là cette erreur a concerné pratiquement l'intégralité du traitement."

Ce type d'événement "doit nous conduire à poursuivre -et c'est ce que nous faisons dans toutes nos inspections- une interrogation assez approfondie du travail tel qu'il est réellement pratiqué par les équipes en radiothérapie et comment, dans ce processus complexe de prise en charge des patients, à toutes les étapes, on arrive à avoir des garde-fous pour collectivement assurer la sécurité du traitement", a pointé Géraldine Pina.

Néanmoins, il apparaît dans l'ensemble que l'année 2020 a été comparable aux années précédentes s'agissant des "événements les plus marquants", avec même une "tendance à la baisse du nombre d'événements déclarés", a souligné Carole Rousse, ajoutant que la crise du Covid-19 ne semblait pas avoir eu d'impact sur les déclarations d'événements de radioprotection.

La crise sanitaire n'a pas non plus affecté le suivi des incidents de radioprotection puisque "quand on a eu des incidents à enjeu, on est allés en inspection sur site", a expliqué la responsable à APMnews/TecHopital. "On a un certain nombre de critères de priorisation des inspections et lorsque c'est nécessaire, on fait une inspection sur site. C'est le cas par exemple quand on a des mises en service de nouvelles installations."

Abordant par ailleurs le sujet de la médecine nucléaire, Géraldine Pina a rapporté que "la démarche d'anticipation de l'élargissement des indications thérapeutiques de radiopharmaceutiques marqués au lutétium 177 a permis d'actualiser les conditions de détention et d'administration de ces médicaments, les rendant accessibles sur tout le territoire, tout en assurant des bonnes conditions de radioprotection pour le patient, pour le personnel concerné et pour l'environnement en termes de gestion des effluents contaminés".

sb/gdl/ab

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