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L'autorisation d'implantation d'un deuxième IRM à Bergerac crée la polémique

L'agence régionale de santé (ARS) Nouvelle-Aquitaine a décidé d'autoriser l'implantation d'un deuxième IRM au centre hospitalier (CH) de Bergerac mais souhaite le transfert du premier appareil de la clinique Pasteur sur le site de l'hôpital, ce que contestent les radiologues libéraux, ont rapporté les différents acteurs à APMnews.

Le territoire dispose d'un appareil IRM exploité sur le site de la clinique Pasteur, par le groupement d'intérêt économique (GIE) constitué entre les radiologues privés du Bergeracois et le centre hospitalier (CH) de Bergerac.

En moyenne 6.500 examens d'IRM sont réalisés chaque année à la clinique.

Les radiologues libéraux déplorent depuis plusieurs années que le territoire ne dispose que d'un seul appareil "pour un bassin de 175.000 habitants", avec des "délais de rendez-vous à 53 jours", précisent les syndicats médicaux dans un communiqué diffusé la semaine dernière.

L'ARS Nouvelle-Aquitaine a donc décidé d'autoriser, le 15 décembre 2016, un deuxième IRM.

"Cette nouvelle possibilité d'implantation a été sollicitée par le CH de Bergerac", afin que l'appareil soit situé à "proximité des urgences" de l'hôpital et "puisse fonctionner 24h/24 et notamment pour assurer la meilleure prise en charge possible des accidents vasculaires cérébraux (AVC)", a expliqué l'ARS dans son communiqué.

A la suite de cette décision, l'agence a organisé en avril une rencontre entre les radiologues libéraux et le CH de Bergerac, en proposant l'implantation du renouvellement de l'IRM existant, géré par le GIE, sur le site hospitalier. Cette installation était "rendue architecturalement possible dans les murs de l'hôpital rénové", note-t-elle.

Le principe aurait été "accepté" par les radiologues libéraux, selon l'ARS.

Sur ces bases, l'agence déclare avoir demandé "au GIE de déposer un nouveau dossier de renouvellement d'autorisation lors de la prochaine fenêtre de dépôt de dossiers d'autorisation s'ouvrant en août", en "actant les nouveaux engagements", et "de façon à ce qu'il soit instruit en septembre et que l'autorisation soit renouvelée avant son échéance, c'est à dire le 10 octobre".

Les radiologues libéraux estiment quant à eux que l'ARS les contraint à déménager sur le site hospitalier, situé à quelques centaines de mètres de la clinique.

"L'agence exige que nous déposions un dossier de renouvellement avant fin août", a expliqué à APMnews, Roger Tran, président du GIE. Or, "nous ne déposerons pas de dossier pour le site hospitalier sous la menace d'un arrêt d'activité" sur le site de la clinique, a-t-il annoncé.

De plus, il juge "inadaptés" les locaux construits sur le site hospitalier pour accueillir les deux appareils.

Mécontents, les radiologues libéraux ont donc lancé une pétition auprès de la population, estimant que la décision de l'ARS allait "déstructurer le service de radiologie". Postée il y a plus d'une semaine, la pétition a d'ores-et-déjà recueilli près de 2.500 signatures en ligne et plus de 6.000 sur le papier.

"Nous sommes pris en otage d'une réorganisation administrative menée à marche forcée et sans concertation avec les acteurs de santé du territoire", alertent-ils.

Changement de position des radiologues libéraux pour l'ARS

Pour Philippe Chandernagor, conseiller auprès du directeur général de l'ARS, interrogé par APMnews, il y a eu un changement de position, qu'il ne comprend pas. "Il y a encore un mois, tout le monde semblait d'accord. De manière brutale et soudaine, les radiologues ont décidé qu'ils n'iraient pas à l'hôpital".

"Dans un premier temps, ils ont accepté [le transfert] et maintenant ils refusent", a-t-il fait remarquer. Or, "l'autorisation de l'IRM a été prolongée d'une année justement pour négocier [avec eux]".

En ce qui concerne les locaux devant héberger l'imagerie, Philippe Chandernagor assure que "dès lors que radiologues libéraux s'engagent à rejoindre l'hôpital, des aménagements seront faits", afin de "s'adapter à leur convenance".

Plaidant pour une "mutualisation du plateau d'imagerie médicale" et "un rapprochement coopératif public-privé", le représentant de l'ARS estime que "ce serait un comble si l'autorisation du premier IRM devenait caduque".

Il affirme que l'agence va se "doter de tous les moyens juridiques pour qu'un dossier de renouvellement soit déposé dans les temps".

Dans son communiqué, l'ARS reste confiante et assure que "dans quelques mois, la population du Bergeracois bénéficiera donc de deux IRM répartis entre le secteur public et le secteur privé, implantés sur un même lieu et donc propices aux mutualisations entre professionnels".

De leur côté, les radiologues libéraux, soutenus par la Fédération nationale des médecins radiologues (FNMR), se déclarent "prêts à déposer un recours administratif" et vouloir "revenir à la table des négociations une fois que les choses seront plus sereines".

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