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L'éco-organisme Dastri récolte désormais 80% des Dasri des particuliers

Copyright: Thomas Lang
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PARIS, 9 mai 2018 (TecHopital) - L’éco-organisme Dastri récolte désormais 80% des déchets d'activités de soins à risques infectieux (Dasri) et assimilés perforants des particuliers, atteignant l'objectif fixé par les pouvoirs publics, a annoncé l'éco-organisme Dastri lors de la publication de son rapport d'activité 2017.

En 2017, les résultats de la filière ont progressé: l’éco-organisme a enregistré un taux de collecte de 81% (contre 77% en 2016) du gisement estimé, ce qui représente 1,5 milliard de produits, soit 800 tonnes (à titre de comparaison, le volume total des déchets tous types confondus s'élève à 860 millions de tonnes).

Concernant les points de collecte, le réseau Dastri, agréé pour prendre en charge les Dasri des particuliers, comptait 17.081 points de collecte fin 2017 (+1.255 points par rapport à 2016), dont 15.879 pharmacies (soit 73% du réseau officinal de métropole et d’outre-mer). Malgré cette progression, il existe de grandes disparités selon les territoires: à Paris, seulement 52% des pharmacies sont des points de collecte.

"Nous avons constaté que les pharmaciens parisiens semblaient moins réceptifs aux informations diffusées par la profession, ils semblent fonctionner de manière plus individuelle, l’information n’est pas passée comme sur d’autres territoires", a expliqué Laurence Bouret, déléguée générale de Dastri, à TecHopital.

"Lors d’animations organisées dans les pharmacies d’Ile-de-France, nous nous sommes rendu compte que certaines ne connaissaient toujours pas le dispositif [de collecte de Dastri, NDLR]. Ils ne savent pas que c’est gratuit et ont parfois des contrats avec d’autres opérateurs qui non seulement les font payer pour ce service mais les mettent également en infraction au regard des textes réglementaires", a-t-elle complété.

Le manque de place des pharmaciens en Ile-de-France peut entraîner certaines réticences, les pharmacies engagées dans le dispositif craignant, si les autres pharmacies ne rejoignent pas le dispositif de collecte, de devenir "le point de collecte du coin" et d'être débordée par les déchets.

Pour recruter de nouvelles pharmacies, Dastri organise des campagnes d’appels auprès des pharmacies qui ne sont pas encore des points de collecte, ainsi que des campagnes de visite sur des territoires. "Cela nous permet de rappeler aux pharmacies comment passer leurs commandes [de boîtes Dastri, NDLR] et nous leur expliquons comment se passe la collecte. Les pharmacies n’ont rien à faire, tous les trois mois l’opérateur passe récupérer les cartons que la pharmacie a remplis. Et leur en remet de nouveaux", a précisé Laurence Bouret.

Relever l’enjeu de l’auto-traitement

La filière Dastri a été créée en 2013 pour faire face à une double exigence: "Contribuer à réduire les accidents d’exposition au sang (AES) provoqués par la présence, dans les déchets ménagers, d’aiguilles susceptibles de présenter un risque infectieux […]. Et appliquer le principe de la responsabilité élargie des producteurs (REP) selon lequel les entreprises sont responsables des déchets résultant de l’usage des produits qu’elles mettent sur le marché", rappelle l’éco-organisme dans son rapport d'activité, dévoilé le 2 mai.

A l’origine, seuls étaient concernés les patients en auto-traitement, "c’est-à-dire les personnes qui se soignent hors structure de soins et sans l’intervention d’un professionnel de santé. Depuis le 1er janvier 2017, les utilisateurs d’autotests de diagnostic de maladies infectieuses transmissibles sont également pris en compte." Aujourd’hui, 1,7 million de patients en auto-traitement sont parties prenantes du dispositif. De leur comportement "dépend in fine le bon fonctionnement de la filière".

Toujours dans son rapport, l’éco-organisme observe qu'"au sein même de la catégorie des diabétiques, qui représente 80 à 90% des volumes de Dasri, les enquêtes patients montrent que les comportements sont fonction de la nature du diabète -chronique ou de courte durée-, du sexe ou de l'âge".

Il ajoute qu'"au-delà des spécificités de chacun, la démarche de conviction s’ancre probablement dans la prise de conscience du risque constitué par la présence de Dasri perforants mélangés aux déchets ménagers ou aux recyclables". Selon une enquête réalisée par l'Ifop pour Dastri en 2017 auprès de 3.159 patients en auto-traitement et 341 utilisateurs d'un autotest de diagnostic VIH, "1 patient sur 3 ignore encore que, si un agent de collecte ou de tri se pique, il fera l’objet d’un traitement médical préventif et d’un suivi très lourd".

Collecter les objets de santé connectés

Un autre enjeu de Dastri consiste à intégrer dans la filière les nouveaux dispositifs médicaux connectés associant "perforant", carte électronique et piles: "Le problème concerne les contraintes sanitaires qui s’opposent parfois aux contraintes environnementales", précise Laurence Bouret.

Du point de vue de la réglementation sanitaire, ces produits doivent être incinérés après avoir été utilisés par les patients, mais du point de vue de la réglementation environnementale, les dispositifs contenant une carte électronique et une pile doivent être recyclés.

Or, pour des raisons sanitaires, le dispositif médical ne permet pas aux patients de l’ouvrir pour retirer la pile. Il s’agit de protéger l’intégrité de données et de garantir l’imperméabilité du dispositif (par exemple, la pompe patch à insuline est étanche pour que le patient puisse se baigner).

"Nous nous sommes retrouvés avec une situation où les patients ont dû stocker chez eux pendant un peu plus de deux ans, jusqu’à ce que l’on obtienne une dérogation pour déstocker. Nous travaillons actuellement à faire évoluer la réglementation pour proposer une solution pérenne aux patients", explique la déléguée générale de l’éco-organisme.

Avec l’accord du Haut conseil de la santé publique (HCSP), Dastri a répondu favorablement à la demande de l’un de ses adhérents de lancer, hors agrément, une opération ponctuelle de déstockage de pompes patch à insuline usagées.

L'éco-organisme a ainsi récupéré 200.000 pompes à insuline lors d'une opération ponctuelle (la prochaine aura lieu au mois de juin), ce qui a permis de valoriser 600.000 piles (c'est-à-dire quatre piles par pompe à insuline).

Financé par les adhérents (laboratoires pharmaceutiques, fabricants de dispositifs médicaux) qui ont l’obligation réglementaire d’assurer la fin de vie de leurs produits, l’éco-organisme fonctionne avec un budget annuel de 8,5 millions d'euros.

Rapport d'activité Dastri 2017

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