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L'essor des salles interventionnelles pèse sur l'organisation (Robin Gigleux)

Crédit : Geneviève De Lacour
Crédit : Geneviève De Lacour

PARIS, 22 mars 2019 (TecHopital) - Si les salles interventionnelles multimodales se développent, elles impliquent des contraintes techniques importantes et impactent fortement les organisations, a expliqué le 12 mars Robin Gigleux, ingénieur biomédical du CHU de Strasbourg, lors d'un Cercle de l'Agence nationale d'appui à la performance des établissements de santé et médico-sociaux (Anap).

Depuis janvier, le CHU de Strasbourg est équipé d'un nouveau plateau technique constitué de 32 salles opératoires réparties sur deux niveaux.

Dans le cadre d'une table ronde consacrée au bloc opératoire, Robin Gigleux, ingénieur biomédical à la direction des plateaux techniques du CHU, a rappelé que les équipements d'une salle interventionnelle "sont onéreux et doivent être adaptés à une activité réelle". L'enjeu portant sur 7 à 10 ans, "il ne faut pas se louper et peut-être penser ce type de projet à l'échelle d'un groupement hospitalier de territoire [GHT]", a-t-il expliqué.

Changer les organisations

Pour la mise en œuvre de ces salles multimodales, tous les ingénieurs concernés doivent travailler avec les équipes médicales "pour savoir si leurs rêves les plus fous sont applicables", a fait remarquer l'ingénieur biomédical. Il est à noter que ces équipements sont soumis à autorisations de la part de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

L'ingénieur a présenté plusieurs exemples de salles interventionnelles. Le premier cas de figure correspond à la mise en place d’une salle multimodale. "Il s'agissait d'angiographie motorisée combinée à un scanner sur rail". Les contraintes d'implantation y ont été nombreuses: "nous n'avons pas pu faire un bloc autour. Il a donc fallu s'insérer dans de l'existant, soit un service conçu en 2011. Nous pensions que les locaux techniques étaient suffisamment grands, or il nous manquait 15 m2. Il a donc fallu faire des compromis".

Dès qu'il s'agit d'implanter un scanner, "la contrainte de décaissé au sol est nécessaire -on a dû retirer 14 cm- et la charge au sol doit supporter 3 tonnes". Un total de 12 semaines ont été nécessaires pour reprendre tout l'environnement. "Cela fut assez compliqué d'y arriver".

Le deuxième cas de figure concerne la création d'une salle monomodale dans un bloc opératoire existant pour des interventions cardiovasculaires. La hauteur sous faux plafond imposée plus la charge sous dalle devant être supérieure à 1,2 tonne ont fortement contraint les travaux. Pour réaliser ce projet, "nous avons dû annexer deux salles opératoires de 50 m2" afin de créer un local technique, un poste de commande et un arsenal de stockage dédié. La durée des travaux a été de 30 semaines.

Le dernier cas concerne la construction d'un nouveau plateau technique. Il a fallu 8 ans pour le mettre en œuvre. Ainsi, 32 salles opératoires ont ouvert le 30 janvier sur 2 niveaux, dont 2 salles d'imagerie (de type arceau motorisé), 5 salles opératoires évolutives avec imagerie et un emplacement pour un IRM per-opératoire a été prévu.

"En théorie, cela nous permettait de voir venir. Mais nous avons eu l'opportunité de positionner un deuxième angio-CT, et donc nous avons dû tout refaire pour un coût de 300.000 euros. Une nouvelle fois, il a fallu décaisser suffisamment pour permettre l'implantation des rails au sol". Le traitement d'air de la salle a également dû être complètement repris. Le local technique a été agrandi et la climatisation a dû être modifiée. Au total, 20 semaines de travaux ont été nécessaires.

Autre contrainte, celle concernant l'alimentation électrique de ces gros équipements. La norme NFC15.211 impose d'assurer une continuité d'électricité en cas de panne. Des onduleurs ont été installés pour faire fonctionner les machines, ce qui est très onéreux. "Cette opération a coûté 200.000 euros seulement pour la salle".

En ce qui concerne la mise en place de la vidéo, avant toute installation, "il faut se poser les bonnes questions sur ce qu'il convient d'afficher, de retransmette", a-t-il souligné.

Enfin, l'ergonomie de la salle interventionnelle est importante dans le sens où elle peut générer des conflits au sein de l'équipe. L'organisation spatiale de la salle est à appréhender en fonction du type d'activité et pour des équipes qui n'ont pas l'habitude de travailler ensemble. La concertation préalable et la confiance mutuelle sont nécessaires autour de cette partition à jouer ensemble. Or, "la cohabitation est très difficile à évaluer. Il faut pouvoir modéliser dans un environnement 3D puis valider avec l'ensemble des utilisateurs de la salle", a détaillé Robin Gigleux.

En conclusion, ces salles interventionnelles ne doivent pas être seulement dédiées aux radiologues, aux cardiologues, aux chirurgiens. "On construit un bloc tous les 30 ans. Ces salles présentent donc un gros enjeu technique". Anticiper les impacts constructifs et techniques de la salle et des locaux annexes au moment du projet et au long cours mais aussi anticiper et organiser la phase de travaux en site occupé, sont essentiels. Une fois construites et fonctionnelles, il faut pouvoir assurer un bon taux d'occupation de ces salles, "continuer à utiliser cet équipement en diagnostic l'après-midi par exemple".

L'ingénieur biomédical note enfin que, dans cet environnement, "les fonctions support sont importantes, pour la gestion des dispositifs médicaux, pour la radioprotection, etc.".

Lien vers la vidéo des HUS

gdl/eh

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