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L'extension Nord du CHI Aix-Pertuis conçue et exploitée grâce à la maquette numérique BIM

Crédit : CH Aix Pertuis
Crédit : CH Aix Pertuis

(Par Sylvain LABAUNE, aux journées d'études et de formation IHF)

VILLEJUIF (Val-de-Marne), 14 juin 2019 (TecHopital) - Le centre hospitalier intercommunal (CHI) Aix-Pertuis (Bouches-du-Rhône) est engagé dans une démarche de maquette numérique BIM (Building Information Modeling) pour l'exploitation de son extension Nord, a expliqué le 6 juin Sébastien Filippini, ingénieur des moyens opérationnels du CHI, lors des 59es journées d'études et de formation des ingénieurs hospitaliers de France (IHF).

Les travaux d'extension du CHI consistent à construire un bâtiment de 14.000 m² au nord du site d'Aix-en-Provence (dit "bâtiment Nord") pour un investissement de l'ordre de 40 millions d'euros (M€). Il sera relié par passerelle au bâtiment principal (Cézanne). L'opération d'extension sera livrée "fin juillet", soit deux mois d'avance sur le calendrier initial, a indiqué Sébastien Filippini.

Une convention de recherche a été établie entre le CHI et le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) pour apporter un soutien technologique aux ingénieurs de l'hôpital sur le BIM.

L'intérêt de mettre en place un système de maquette numérique BIM pour la partie exploitation du bâtiment, et non uniquement lors de la phase de conception et réalisation, est "de faciliter l'avenir de la maintenance [ainsi que] l'exploitation, et de disposer d'un inventaire d'équipements du patrimoine", a déclaré Sébastien Filippini.

"Il a été constaté que des projets bien faits en BIM [sur la phase conception-réalisation] ont permis 10% à 15% de gains sur les chantiers parce que le projet a subi moins d'aléas, l'approvisionnement sur le chantier se fait bien, etc.", a expliqué Eric Lebègue, responsable des partenariats du CSTB.

L'idée a été de se dire "pourquoi ces 10% à 15% de gains, nous ne sommes pas capables de les obtenir dans la phase d'exploitation, partant du principe qu'on a obtenu une base de données précise de son ouvrage qui est vraiment le reflet du bâtiment et qui va permettre d'alimenter tous les outils d'exploitation", a continué le responsable du CSTB.

Si "beaucoup d'entreprises se sont lancées depuis quelques années dans la méthodologie [BIM] en conception réalisation, [cela] n'a pour nous hospitaliers que très peu d'intérêt dans cette phase. L'intérêt ultime est dans la phase d'exploitation", a affirmé Sébastien Filippini.

Lors de la réception du bâtiment Nord, "il nous sera livré un DO [dossier d'ouvrage] numérique et une maquette numérique qui est non seulement une maquette 3D utilisable à des fins de visite virtuelle, mais aussi et surtout une grande base de données dans laquelle toutes les informations des équipements seront indiquées", a-t-il poursuivi.

Concernant l'exploitation de cette base de données, "aujourd'hui, nous avons très peu de vue sur l'avenir parce que les logiciels de GMAO [gestion de maintenance assistée par ordinateur] et de GTB [gestion technique de bâtiment] ne sont pas encore totalement au point", a continué Sébastien Filippini.

"[Les logiciels] sont en train d'être développés, certains éditeurs freinent un peu des pieds mais toujours est-il qu'on y arrivera certainement dans un avenir plus au moins proche", a-t-il ajouté.

L'importance de la géolocalisation

Eric Lebègue a souligné que la "première chose" à prendre en compte dans une démarche BIM en exploitation est la "notion de géolocalisation". "L'idée est de géolocaliser l'ensemble des équipements dans le bâtiment", ainsi que "le bâtiment lui-même dans son environnement géographique".

"Nous avons [commencé] par mettre en place des protocoles pour que les maquettes fournies par les maîtrises d'oeuvre viennent se positionner correctement dans l'environnement géographique, ce qui n'est pas forcément naturel quand on fait du BIM mais qui devient fondamental au moment où l'on va vouloir connecter le bâtiment au réseau urbain (fluides et voiries)", a-t-il développé.

Une charte a été définie "dès la phase de concours" pour que les candidats soient "prévenus qu'ils allaient répondre en BIM. Puis au gré du projet, on a travaillé sur la charte pour préciser ce qu'on attendait dans les maquettes et pouvoir anticiper la phase d'exploitation", a indiqué le responsable du CSTB.

Les entreprises ont ainsi rempli la base de données nécessaires au BIM. "Il a été très important de définir dès la phase de concours tous les items qui allaient être remplis", tout en évitant de "tomber dans le piège d'en mettre trop car la base de données doit évoluer tout au long de la vie de l'établissement" et les moyens de stockage informatique sont limités "puisqu'on puisqu'on parle ici de téraoctets de données", a complété Sébastien Filippini.

La question primordiale est de savoir "si l'établissement a les moyens de faire la mise à jour permanente de la base de données, sinon le DO ne sert plus à rien", a-t-il ajouté. Un autre enjeu, après réception de la base de données du BIM, "sera d'utiliser des logiciels qui prendront des informations dans cette maquette numérique. Pour cela nous travaillons avec des éditeurs dans le domaine de la GMAO et de la GTB mais les logiciels ne sont pour l'instant qu'au stade du prototype".

Un coût essentiellement humain

Interrogé par APMnews sur le coût du projet BIM, Sébastien Filippini a indiqué qu'il se situait autour de 0,5% du total de l'opération d'extension (environ 40 M€). "Ce qui coûte le plus cher, ce n'est pas la partie logiciel mais le temps-homme. C'est un travail très fastidieux et très long, notamment pour le dessinateur." Le CHI, accompagné par le CSTB, a dû former deux personnes sur des postes qui représentent "un voire deux" équivalents temps plein [ETP].

Mais "là où on ne mesure pas trop l'investissement, c'est surtout pour l'avenir. Nous allons tout faire pour avoir une maquette numérique et une base de données relativement complètes". L'enjeu essentiel, "c'est la mise à jour perpétuelle de cette base de données, cela devra être fait à chaque changement, par exemple, d'une prise de courant. Cela prendra beaucoup de temps et demandera une grande rigueur", a insisté l'ingénieur.

syl/nc

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