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L'hôpital du XXIe siècle au cœur des premières Journées de l'architecture en santé

Crédit : Geneviève De Lacour/TecHopital
Crédit : Geneviève De Lacour/TecHopital

(Par Geneviève DE LACOUR, aux Journées de l'architecture en santé)

MENTON (Alpes-Maritimes), 4 novembre 2019 (TecHopital) - Les premières journées de l’architecture en santé qui se sont déroulées du 28 au 30 octobre à Menton, ont permis de dessiner ce que sera l'hôpital du XXIe siècle, a constaté TecHopital sur place.

Organisées par l'Union des architectes francophones en santé (UAFS), ces premières journées ont rassemblé plus de 300 architectes, ingénieurs hospitaliers, programmistes, assistants à maitrise d’ouvrage et fournisseurs. L'UAFS avait pour objectif de convier un maximum d’acteurs, qu’ils soient gestionnaires, techniciens (ingénieurs, architectes, bureaux d'études, AMO), pour personnes intéressées par le champ de la construction et l'édification de bâtiments de santé, a expliqué Gérard Huet, président de l'association, interrogé le 30 octobre par TecHopital.

L’association compte plus de 100 adhérents et comprend 3 commissions dont une sur "les bonnes pratiques pour la conception en santé, une autre "pour une formation à l'architecture en santé" et la dernière consacrée à la maquette numérique, le BIM. "C'est une commission embryonnaire qui n’a pas vraiment réussi à fonctionner", a fait remarquer Gérard Huet. "Cela révèle le fait que les pratiques ne sont pas encore rodées. Nous ne sommes pas en pleine maturité du sujet". Mais la commission va perdurer.

"L'objectif de ces journées est de placer différents acteurs dans une unité de temps et de lieu de manière à évoquer collectivement ce que nous faisons". "Je suis surpris par la convergence des approches et des conclusions", a-t-il ajouté.

"L'hôpital du XXIe siècle va avoir à gérer les problématiques du développement des maladies chroniques et en même temps une très grande expertise et une technicité pour que les pathologies soient traitées dans des centres adaptés. C'est à la médecine d'aller vers le patient et non l'inverse", a expliqué le président de l'association.

"Si le 20ème siècle a été caractérisé par l'hospitalo-centrisme, il faut maintenant que l'hôpital irradie sur les territoires. C'est-à-dire qu'il faut reconstruire un parcours de soin efficient où l'on ne se retrouve pas pour un bobo aux urgences. Ou comment réinstaller le patient au centre du dispositif. C'est d'ailleurs un sujet de société qui échappe aux architectes", a-t-il complété.

"Le travail des assistants à maitrise d'ouvrage (AMO) est de construire le projet architectural sur la base du projet médical. Or, il faut élargir et faire intervenir des personnes qui ne sont pas dans le champ direct de la communauté médicale et surtout des usagers. C'est ce qui permettra aux programmistes d'installer le bâtiment de santé dans une sociabilité supérieure à ce qu'elle est aujourd'hui", a-t-il conclu.

Interrogé sur l'organisation d'une seconde édition des JAS, le président de l'UAFS a indiqué qu'"a priori", elles seront de nouveau organisées en 2020 et toujours à Menton.

Au cours des 3 jours du colloque, plusieurs concepts d’hôpitaux ont été présentés. Certains sont des projets de recherche, tel que "l'hôpital réactivant" ou des concepts comme le "Shape", d’autres sont beaucoup plus aboutis, comme le CHwapi, en Belgique.

Crédit : Geneviève De Lacour/TecHopital
Le concept du "Shape" ou Satellite hospitalier ambulatoire de proximité écoresponsable présenté par Damien Brizzi, directeur d'Apsis Santé, et Olivier Contré, architecte (cabinet Bartolo et Contré), s'articule autour du renforcement du rôle des hôpitaux de proximité, prévus par la loi "Ma Santé 2022" avec la création de 500 à 600 hôpitaux de proximité.

Comment compenser "70 ans d'hospitalo-centrisme, comment répondre au vieillissement de la population et à l'augmentation des maladies chroniques ? Comment impliquer efficacement la médecine de ville ? Comment diminuer la surfréquentation des urgences et comment accompagner la fin du 'tout voiture' pour y accéder?", s'interrogent Damien Brizzi et Olivier Contré.

Le "Shape" a pour ambition de "rediffuser l'hôpital dans son territoire". Il s'agit d'"un hôpital sans lit", a indiqué Damien Brizzi. "En aucun cas, cela ne peut être un établissement autonome. Il vient en relais des grands plateaux techniques", a-t-il ajouté en précisant que ce principe "fonctionne très bien en Catalogne".

Le projet consiste au transfert partiel des activités de prévention, de consultations, d'une partie des urgences et de l'ambulatoire dans des unités de lieu "satellites" performantes à proximité de la population.

"C'est un satellite ambulatoire mais non contraint dans son amplitude horaire. Il se situe à l'interface entre les soins de ville et les soins hospitaliers, le premier et le deuxième recours, le sanitaire et le médico-social qui peut mixer les activités publiques et libérales".
Il propose une offre de services à la carte qui dépend des besoins, des opportunités et des faiblesses d'un territoire de santé, ainsi que des hôpitaux de jour, qui s'appuient sur un plateau technique simple doté d’une imagerie simple, de radiologie, et pourquoi pas de la chirurgie ambulatoire ?

Crédit : Geneviève De Lacour/TecHopital
Le concept d'"hôpital réactivant" présenté par l'architecte néerlandais, Roelof Gortemaker du cabinet GAF, a pour principe de réinventer l’espace hospitalier afin de stimuler naturellement les patients à être plus actifs.

Il s'agit d'un projet de recherche mené par le cabinet d'architectes GAF, en partenariat avec l'hôpital des Diakonessen à Ziest, et TNO qui est l'équivalant du CNRS aux Pays-Bas.

"Stimuler le patient pour sortir de sa chambre, mais pour aller où?", s'interroge l'architecte. "Il est crucial de faire évoluer les mentalités en stimulant certains comportements et en façonnant l'environnement pour que ce processus se fasse de manière progressif et spontané. Passer du passif à l'actif sans forcer la main".

Ainsi, "nous avons dans un premier temps cherché à redéfinir l'organisation et la proportion des espaces. L'idée est de réduire la surface de la chambre au minimum et de consacrer les mètres-carrés gagnés pour d'autres activités en dehors de cette chambre."
L’hôpital réactivant innove en remettant en question la position centrale occupée par le lit lors d’une hospitalisation. Quand il s'agit de manger, regarder la télévision, recevoir sa famille, "l'hôpital réactivant" explore les possibilités de réorganiser ces activités dans d’autres espaces afin de stimuler naturellement le patient.

Dans l'unité de gériatrie de l'hôpital des Diakonessen, une chambre double a été réaménagée en chambre simple plus salon. Des alcôves situées dans le couloir ont été reconverties pour qu'elles accueillent des moments dans le parcours des patients et des activités.

Cette expérimentation a été supervisée par les équipes de chercheurs de TNO. "Il était très important d'intégrer notre démarche de conception dans une méthode scientifique [d'évaluation] afin d'obtenir des résultats quantitatifs et qualitatifs objectifs", a souligné Roelof Gortemaker. Les scientifiques ont ainsi montré que les premiers essais étaient concluants mais qu'il restait à développer le concept à plus grande échelle.

Suite à cette première expérimentation, GAF a été contacté par l'hôpital Rijnstate à Arnehm pour aménager une nouvelle unité d'oncologie et de gériatrie. Le concept sera ainsi adapté sur un étage.

Crédit : Geneviève De Lacour/TecHopital
Le centre hospitalier de Wallonie picarde (CHwapi) de Tournai en Belgique a développé une programmation en mode collaboratif pour un hôpital de 712 lits et 140 places.

Le projet vise à mettre l'hôpital "au centre de la ville", a indiqué Didier Delval, directeur général du CHwapi. Un hôpital devant intégrer le virage ambulatoire, l'hospitalisation à domicile ainsi que le numérique.

Dix groupes de travail réunissant près de 200 collaborateurs et patients ont mené une analyse pour définir leurs besoins. "C'est vous qui allez construire l'hôpital de demain. Ce sont vos idées qui vont permettre de construire cet hôpital", a-t-il expliqué aux usagers. "Le fil rouge, c'est le patient".

Au terme de ce processus, un modèle d'organisation hospitalière par filières médicales et pôles architecturaux a émergé. "Une douzaine de filières de soin ont été définies, abritées dans des pôles architecturaux. C'est donc le projet médical qui va générer le projet architectural et non l'inverse", a complété Didier Delval. Dans chaque groupe de travail, des patients ont été inclus.

Pour ce faire, "nous avons des échanges fréquents avec les architectes, des échanges constructifs, parfois durs mais toujours très positifs", a conclu le directeur du CHwapi.

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