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L'utilisation de masques recyclés recommandée uniquement si le recyclage a été validé (HCSP)

Crédit : Shutterstock
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PARIS, 12 mai 2020 (TecHopital) - Le Haut conseil de la santé publique (HCSP) déconseille d'utiliser des masques retraités en milieu sanitaire et médico-social et préconise de ne considérer le recyclage des masques que dans le cadre d’un cahier des charges officiel et d’un agrément validé par une agence nationale, dans un avis publié fin avril.

La direction générale de la santé (DGS) a saisi le 23 avril dernier le HCSP pour évaluer les risques liés au retraitement des masques à usage unique et aux modalités éventuelles de leur réutilisation dans les secteurs médicaux, médico-sociaux, ainsi que les conditions de prolongation du port des masques ou autres alternatives.

Pour ce faire, le Haut conseil a pris en compte les préconisations de la Société française d'hygiène hospitalière (SF2H) qui ne recommande pas le recyclage des masques, du fait notamment du "risque d'auto-contamination des soignants à la phase de déshabillage et d'élimination du masque dans un circuit spécifique", mais aussi du fait qu'il n'y a "pas de pénurie de masques actuellement". En revanche elle recommande d'explorer la piste du recyclage des matériaux constituant les masques.

Quant à la Société française des sciences de la stérilisation (SF2S), elle se déclare également défavorable au recyclage de masques "dans l'état actuel des connaissances et en l'absence de cycle de traitement complet (lavage-désinfection)". Elle craint que les procédés de retraitement n'entraînent, entre autres, "l'altération de l'efficacité de filtration".

Les deux sociétés savantes se montrent donc défavorables au recyclage des masques. Elles préconisent en revanche la prolongation du port et sont favorables aux alternatives.

L'Anses évalue les traitements

Le Haut conseil a ensuite passé en revue l'évaluation menée par l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses). Cette dernière ayant étudié la "possibilité de réutiliser des masques après désinfection par des agents physiques et notamment le choix d'une technique de désinfection/stérilisation" et sa mise en œuvre.

"Plusieurs traitements par agents physiques sont susceptibles d’inactiver les virus. Certains semblent pouvoir être mis en œuvre dans des délais courts, d’autres sont encore à l’état de recherche."

Parmi les méthodes les plus prometteuses, note l'Anses, "on peut distinguer deux principes d’action pour l’inactivation des virus: l’effet thermique d’une part et l’irradiation (gamma, ultra-violet -UV) d’autre part". Le traitement par UV, qui est un procédé de désinfection et non de stérilisation, est en cours d'évaluation. Quant au traitement "par exposition à la chaleur (chaleur sèche, humide), elle semble répondre à l’objectif d’inactivation du virus, avec des températures (60-70°C) qui semblent compatibles avec une bonne conservation de l’efficacité des masques", précise l'Anses.

Et l'agence de poursuivre: "D’autres méthodes sont testées, en particulier une décontamination par plasma froid de peroxyde d’hydrogène qui semble donner des résultats acceptables en matière de désinfection et de tenue des masques, ou encore l’oxyde d’éthylène, mais dont la dangerosité intrinsèque nécessite des modalités d’application spécifiques".

"La méthode qui semble intéressante est la désinfection des masques dans un appareil (enceinte ou stérilisateur) à vapeur de peroxyde d’hydrogène basse température."

Les conclusions de l'ANSM

L'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) recommande quant à elle aux établissements de santé, dans une stratégie à très court terme, un lavage des masques chirurgicaux combiné à l'autoclave, "mais aucune donnée scientifique n’est disponible à ce jour".

L'ANSM précise que "le nombre de traitements des masques doit être limité et ne pas concerner les services prenant en charge des patients Covid-19".

De plus, "les procédés de stérilisation tels que l’irradiation ou l’oxyde d’éthylène semblent intéressants et d’autres à confirmer (UV, micro-ondes, etc.)".

"Le challenge réside dans les aspects logistiques de collecte et de mise à disposition et dans le respect des pratiques de manipulation conformes pour éviter tout risque de contamination des personnels hospitaliers". En revanche, ces procédés de réutilisation ne doivent pas primer sur des stratégies de prolongation du port du masque, selon l'ANSM.

Les recommandations du HCSP

En conséquence, le Haut conseil recommande de ne pas recycler "des masques chirurgicaux et de protection respiratoire de type FFP pendant cette pandémie Covid-19 dans le secteur sanitaire et médico-social, du fait de la diminution de la tension en approvisionnement et de l’absence de procédé complet de stérilisation validé à ce jour".

Mais également de ne considérer le recyclage des masques, quand cela peut être envisagé, que dans le cadre d’un processus d’agrément temporaire officiel basé sur un cahier des charges tenant compte des caractéristiques des masques et une validation des soumissionnaires par une agence nationale.

Il préconise de favoriser les stratégies alternatives au recyclage pendant la seule période de rationalisation du stock de masques dans l’objectif de prévenir la pénurie et de favoriser la pérennité d’approvisionnement et de stock national en masques chirurgicaux et FFP2 à usage en milieu de soins.

En parallèle, le HCSP recommande de "poursuivre les études structurées et engagées en France, en milieu de soins et industriels liées aux recyclages des masques (chirurgicaux et FFP) afin d’obtenir des procédés validés pour les deux types de masques, en tenant compte des différents matériaux utilisés pour la confection des masques, et des traitements étudiés permettant d’allonger leur durée de vie et garantissant leur performance".

Il préconise ensuite de définir, par type de procédé de traitement, "les matériaux des masques incompatibles comme la cellulose pour la vapeur de peroxyde".

Mais il recommande aussi de "maintenir et garantir la conformité de performance de filtration des masques de protection respiratoire de type FFP2 selon la norme EN149 et des masques chirurgicaux selon la norme EN14683 à l’issue de leur recyclage, vis-à-vis de souches virales et bactériennes et de la filtration des poussières pour les usages industriels qui le requièrent".

Enfin le HCSP invite à "sécuriser la collecte, le transport et le tri des masques usagés" tout au long de leur prise en charge en milieu de soins "pour protéger les personnels d’une contamination infectieuse, en définissant des circuits logistiques validés, lorsque que les procédés de recyclage validés seront disponibles".

Coronavirus Sars-CoV-2 : risques liés à la réutilisation des masques à usage unique ou à la prolongation de leur port

gdl/ab

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