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La colère des manipulateurs radio, toujours en grève, ne faiblit pas

Crédit: iStock/Andyworks
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PARIS, 23 janvier 2020 (TecHopital) - Les manipulateurs en électroradiologie médicale ont organisé le 21 janvier une deuxième journée de mobilisation nationale afin de dénoncer une nouvelle fois leurs conditions de travail, revendiquant dans le même temps une revalorisation de leur salaire au sein de la fonction publique hospitalière (FPH).

Une délégation de cinq manipulateurs radio de la CGT, de SUD-santé et de FO ainsi qu'un représentant de l'Ufmict-CGT, a été reçue le 21 janvier par Raphaël Yven, directeur de cabinet à la direction générale de l'offre de soins (DGOS) et Vanessa Fage-Moreel, conseillère ressources humaines de la DGOS.

"C'est la première fois que les manipulateurs radio sont reçus au ministère", a indiqué le 21 janvier Joël Comte, vice-président de l'Association française du personnel paramédical d'électroradiologie (AFPPE) à TecHopital.

Après une première mobilisation organisée le 21 novembre 2019, la colère des manipulateurs ne s'est pas apaisée avec les annonces du "plan d'urgence pour l'hôpital". Bien au contraire, si 220 établissements étaient affectés par la grève en novembre 2019, pour cette deuxième journée de mobilisation nationale, ce sont 235 établissements qui ont vu leur manipulateurs radio suspendre leur travail, a recensé Andrea Hugou, manipulateur radio au CHU de Nice, d'où le mouvement est parti, interrogé le 22 janvier par TecHopital.

Des tensions démographiques

Aujourd’hui, de plus en plus de plateaux techniques sont dans l’incapacité de fonctionner faute de manipulateurs. Or, "la pyramide des âges et le nombre d’implantations d’équipements nouveaux permettaient de le prévoir", souligne l'Association française du personnel paramédical d'électroradiologie (Afppe) dans un communiqué publié mardi. "L’enquête annuelle conduite par les centres de formation montrait que la situation de l’emploi se durcit depuis quelques années."

L'association estime ainsi qu'"il devient urgent de lancer une mission sur la démographie des manipulateurs pour recenser les professionnels encore en exercice et analyser les besoins au regard de l’installation des équipements lourds sur l’ensemble du territoire pour la décennie à venir".

Revalorisation des salaires

Afin de redonner de l'attractivité à la profession, le collectif national "Pas de radio, pas d'hosto", qui est à l'origine de la grève, revendique ainsi une revalorisation salariale de la FPH de 300 euros net par mois ainsi qu'une réévaluation de la pénibilité du travail de manipulateur radio.

"Les professionnels s’épuisent pour maintenir l’offre de soins dans des situations de plus en plus dégradées susceptibles de mettre en jeu la sécurité des patients", fait remarquer l'Afppe dans son communiqué. "Des signes positifs doivent donc être adressés", estime-t-elle.

Cette somme de 300 € net par mois "peut paraître arbitraire", souligne l'Afppe mais il correspond à l’écart en début de carrière entre la rémunération d’un manipulateur français par rapport à celle moyenne des manipulateurs d’Europe, selon une étude de 2016 de l’EFRS (European federation of radiographer societies), soit 18.000 €/an pour le manipulateur français, contre une moyenne 21.281 €/an en Europe.

Le collectif "Pas de radio, pas d'hosto" demande aussi une "participation financière lorsqu'une activité libérale est effectuée dans les hôpitaux publics" avec le personnel de cet hôpital, "alors que les médecins touchent 89 € par patient".

Ils demandent le "maintien du départ anticipé à la retraite pour tenir compte de la pénibilité et de la dangerosité du métier" et fustigent enfin "la fuite d'une partie de professionnels vers le privé".

Une prime de risque pas systématique

Alors que le ministère des solidarités et de la santé avait annoncé le versement d'une prime de risque de 100 euros net par mois à compter de décembre 2019 (cf brève TecHopital) à l'ensemble des "personnels non médicaux exerçant majoritairement aux urgences, y compris ceux qui sont rattachés à d’autres unités fonctionnelles (brancardiers, manipulateurs en électroradiologie médicale, infirmiers de psychiatrie qui interviennent aux urgences)", il semblerait que le versement ait été interprété différemment d'un établissement à un autre.

"Malgré le décret prime de risques, certains hôpitaux ne l'appliquent pas. Il existe de nombreuses interprétations différentes des directions hospitalières", a expliqué le 21 janvier Joël Comte.

"Les termes du décret ne sont pas compris de la même façon dans tous les établissements et nous desservent", affirment les manipulateurs radio. "Certaines directions d'établissement estiment que le décret initial n'a pas été modifié suite aux annonces du plan d'urgence pour l'hôpital et donc ils n'appliquent pas cette prime de risque", a précisé Andrea Hugou.

En ce qui concerne la prime d'engagement annoncée par Agnès Buzyn, étendue aux non-médecins de la carrière hospitalière (PECH) et pour les métiers en tension, les manipulateurs radio estiment que cette prime répartie sur trois ans, et avec deux niveaux de 10.000 € et 15.000 €, correspondra "juste au temps pour former les jeunes recrues" avant qu'elles ne partent "vers le privé".

Autre motif de colère, "la loi sur les assignations en cas de grève n'est pas respectée". Les manipulateurs radio "qui n'ont jamais fait grève, se lèvent aujourd'hui et découvrent pour beaucoup le droit de grève et la règle sur les réquisitions du personnel".

Or, il existe des directions qui assignent l'ensemble des manipulateurs radio de leur établissement. En période de grève "les assignations doivent correspondre à un jour férié ou un dimanche, c'est à dire qu'on ne traite que des urgences. L'assignation de tous les manipulateurs est donc illégale", a fait remarquer Andrea Hugou.

La DGOS "ayant écouté les revendications mais n'ayant fait aucune proposition", une "troisième journée de mobilisation" se profile d'ores et déjà, a conclu le manipulateur du CHU de Nice.

gdl/ab

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