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La HAS développe des outils pour limiter les évènements indésirables associés aux soins et liés au travail en équipe

PARIS, 3 juin 2015 (Direct Hôpital) - La Haute autorité de santé (HAS) a présenté plusieurs outils déjà expérimentés pour optimiser le travail en équipe afin de limiter la survenue d'évènements indésirables associés aux soins, lors d'une conférence de presse organisée le 27 mai.

Il n'existe pas de recueil exhaustif des événements associés aux soins en France. Les enquêtes nationales sur les évènements indésirables liés aux soins (Eneis) menées par la direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) en 2004 et 2009 indiquent que sur les 275.000 à 395.000 évènements indésirables graves survenant chaque année en France, 27% mettent en cause un facteur lié à l'équipe.

En outre, les résultats obtenus à partir de la base de données REX de la HAS sur 47.000 évènements porteurs de risques rejoignent ceux des enquêtes Eneis.

A travers la certification des établissements, l'accréditation des médecins exerçant des spécialités à haut risque et le développement des check-lists opératoires, la HAS dispose de moyens pour limiter la survenue des évènements indésirables associés aux soins. Le président du Collège de la HAS, Jean-Luc Harousseau, a présenté trois types d'outils développés par la HAS dans ce cadre: la revue de morbi-mortalité, le programme d'amélioration continue par le travail en équipe (Pacte) et les actions visant à impliquer le patient dans sa sécurité.

La revue de morbi-mortalité consiste en une analyse des évènements indésirables afin de réduire leur fréquence et leur gravité. Ces revues "en théorie obligatoires" en chirurgie, anesthésie-réanimation et cancérologie, sont en réalité mises en place dans seulement 57% des établissements concernés, a indiqué le Pr Harousseau. Le président du Collège de la HAS souhaite atteindre "l'exhaustivité", développer cette pratique à d'autres spécialités et introduire la pratique du retour d'expérience en ville.

La revue de la morbi-mortalité constitue par exemple un des critères d'obtention de l'accréditation en équipe, extension de l'accréditation individuelle. Les deux premières ont été obtenues en 2015, une vingtaine est en cours d'évaluation.

Premiers retours du pacte

Les analyses menées dans le cadre Pacte portent sur l'organisation, l'écoute, le stress, la communication et intègrent le patient. Depuis avril 2014, 18 équipes volontaires se sont lancées dans cette expérimentation de deux ans.

Afin de vérifier si ce programme pouvait s'appliquer à tous les types de pratique et de discipline et pas uniquement aux spécialités à haut risque, les équipes retenues ont des profils très variés: centre de lutte contre le cancer (CLCC), hospitalisation à domicile (HAD), psychiatrie… Les résultats de l'évaluation d'étape à un an montrent que les équipes ont notamment engagé des actions sur la gestion des risques, la communication, l'organisation de staff.

Cette première année, qui correspondait à la phase d'analyse, s'est avérée "enrichissante" mais aussi "déstabilisante", a concédé le Dr Gérald Boussicault du service de réanimation pédiatrique du CHU d'Angers qui a expérimenté le Pacte.

Entre autres, l'équipe s'est approprié l'outil SAED (situation antécédents évaluation demande) développé sous l'égide de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Cet outil mnémotechnique permet de structurer la communication entre professionnels afin de limiter les oublis, les incompréhensions et les erreurs. Il garantit la transmission des informations indispensables à la sécurité de la prise en charge.

"Patient-traceur" : valable à tous les âges et en psychiatrie

Afin d'impliquer le patient dans ce travail d'équipe, la HAS développe le recours à la méthode dite du "Patient-traceur" en l'incluant dans les visites de certification, après une expérimentation en 2014 auprès de 13 établissements. Depuis début 2015, l'application de cette méthode a été évaluée au cours de 240 visites.

Après information et recueil du consentement du patient, cette méthode consiste en une analyse rétrospective de son séjour par un entretien.

Jean-François Bretagnon, cadre supérieur de santé au centre hospitalier Henri Laborit à Poitiers, a attesté de sa faisabilité même dans un établissement psychiatrique tel que celui où il exerce. Lors de l'expérimentation, une seule patiente n'a pas pu être interviewée en raison de la dégradation de son état de santé. La pathologie psychiatrique n'a pas empêché la réalisation de l'entretien, a-t-il témoigné. Il a rapporté une pertinence des réponses à tous les âges, même chez les enfants.

vib/ab/

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