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La lutte contre l'antibiorésistance est devenue un enjeu de développement durable (Jérôme Salomon)

Crédit : Fotolia
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PARIS, 26 novembre 2019 (TecHopital) - La lutte contre l'antibiorésistance est devenue un enjeu de développement durable car la question est désormais de savoir comment vivre avec les bactéries, qui sont en très grande majorité favorables à la santé, a déclaré le 19 novembre le directeur général de la santé (DGS), Jérôme Salomon, invité d'un "café Nile" sur l'antibiorésistance.

Cette intervention s'inscrit dans le contexte de la semaine mondiale pour un bon usage des antibiotiques, à l'occasion de laquelle le gouvernement français mène plusieurs actions d'information et de communication.

L'antibiorésistance, "ce n'est pas un sujet technique, ce n'est pas un sujet politique... c'est un sujet éminemment sociétal et international", a déclaré Jérôme Salomon en introduction de ce café Nile, où il intervenait avec Céline Pulcini, cheffe du projet national antibiorésistance au ministère des solidarités et de la santé.

"C'est un problème absolument majeur de santé publique qui nous concerne tous", a-t-il poursuivi. "On n'a pas besoin d'être patients, on n'a pas besoin d'être en réanimation, on n'a pas besoin d'être hospitalisé pour être confronté à l'antibiorésistance."

Selon lui, on assiste actuellement à la mutation de "deux paradigmes majeurs", avec un passage du "tout curatif" à davantage de prévention, et la prise de conscience de la part de la société de l'impact de l'environnement sur la santé, au coeur duquel se trouve le sujet de l'antibiorésistance.

"On est en train de changer complètement notre approche du monde bactérien et de se dire que c'est un enjeu de développement durable", a déclaré Jérôme Salomon. "La question est: 'Comment vivre avec les bactéries?', parce qu'on est aussi en train de découvrir qu'il y a [...] une très grande majorité de bactéries favorables à la santé, et [seulement] quelques bactéries qui peuvent nous mettre en danger et qui sont pathogènes."

Le fait est que les bactéries sont "sophistiquées", qu'elles apprennent à résister aux antibiotiques et qu'elles "gardent en mémoire" cette capacité, alors qu'en parallèle, il y a de moins en moins de molécules dans le "pipeline" des industries pharmaceutiques, a rappelé le DGS.

Si une prise de conscience et des efforts ont été constatés en milieu hospitalier, "c'est moins le cas en ville", a-t-il ajouté. "Ce n'est pas forcément la faute des prescripteurs, c'est probablement un enjeu sociétal [...], qui est qu'on a pris l'habitude de l'antibiotique."

"On a ce réflexe antibiotique, il va falloir qu'on s'en débarrasse", a-t-il poursuivi, soulignant qu'aux Pays-Bas par exemple, la consommation d'antibiotiques était bien inférieure à celle de la France, sans pour autant qu'il y ait davantage de morts liés à des infections bactériennes.

Céline Pulcini a également pointé que le besoin était celui d'un "engagement citoyen contre l'antibiorésistance", tout en soulignant qu'un "gros focus" était fait sur la formation des professionnels de santé.

Elle a indiqué que la lutte contre l'antibiorésistance (prévention des infections, contrôle de la transmission, bon usage des antibiotiques) avait dans ce cadre été inscrite en tant que priorité nationale du développement professionnel continu (DPC), et que des travaux étaient en cours pour définir un socle de compétences sur la lutte contre l'antibiorésistance, qui serait intégré dans tous les cursus de formation initiale des professionnels de santé (médecins, chirurgiens-dentistes, pharmaciens, infirmiers et sages-femmes).

Les sociétés de professionnels de santé sont par ailleurs en lien avec la Haute autorité de santé (HAS) au sujet des antibiogrammes ciblés (qui proposent une liste restreinte regroupant les antibiotiques les plus pertinents, afin de faciliter le choix du prescripteur), dans le but de valider des recommandations pour 2020, a rapporté Céline Pulcini.

sb/ab

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