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La maternité de l'hôpital de Cannes labellisée écoresponsable

Crédit : Shutterstock
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PARIS, 19 février 2020 (TecHopital) - Depuis le 11 février, la maternité de l'hôpital de Cannes est devenue la première maternité certifiée par le label "très haute qualité sociale sanitaire et environnementale" (THQSE*) suite à son engagement depuis 10 ans dans une démarche d'efficience et de sobriété, a indiqué Nathalie Ronzière, directrice adjointe en charge du développement durable, interrogée par TecHopital.

La maternité de l'hôpital Simone-Veil de Cannes a enregistré 1.538 naissances en 2019. Elle dispose d’une unité de néonatalogie et de soins intensifs de néonatalogie (niveau II A). Engagée dans une démarche de développement durable depuis 10 ans, elle vient d'obtenir le label d'Or THQSE* qui est attribué pour 3 ans.

"La maternité est un des services de l'hôpital le plus engagé dans la démarche de RSE (responsabilité sociétale des entreprises)", explique Nathalie Ronzière. "Nous avons mené plus de 130 actions et la maternité est un des services les plus en pointe, les plus exemplaires", ajoute-t-elle.

La maternité a décidé de s'engager dans plusieurs actions concrètes.

Elle s'est impliquée dans la limitation de l’impact de ses activités sur l’environnement, avec notamment le tri sélectif des déchets, une gestion attentive des stocks pour la maîtrise des périmés, ou encore des coffrets cadeaux de naissance éco-responsables. "La boite cadeau ne comprend plus que des produits éco-responsables. Elle est sans publicité et avec du carton recyclé".

"Nous avons débuté par le tri sélectif des biberons qui sont recyclés pour en faire des sièges automobiles", explique Maryse Kayser, sage-femme cadre du service.

Depuis, la maternité a mis en place 27 filières de tri dont une filière de déchets d'activités de soins à risque infectieux (Dasri) avec un audit réalisé en 2019. Un diagnostic des Dasri est réalisé tous les ans, pour suivre l'évolution des tonnages qui ont nettement baissé. "Nous trions également les matelas, les ampoules, les piles, les produits liquides toxiques, les textiles, et aussi les déchets d'équipements électriques et électroniques (D3E). Nous revendons toutes les sondes en or et platine pour qu'elles soient revalorisées. Actuellement nous travaillons sur le verre médicamenteux. Pour le tri, nous faisons toujours participer les parents", détaille Nathalie Ronzière.

Une autre action porte sur la protection contre les risques environnementaux avec une sélection rigoureuse des produits de soins utilisés pour les nouveau-nés. "Nous n'utilisons plus qu'un seul produit pour les bébés", souligne Maryse Kayser.

Il s'agit également de limiter les produits chimiques utilisés pour l’environnement et la qualité de l’air respiré, grâce à un protocole de bionettoyage innovant (le lavage se fait à l'eau et les produits d'entretien ne sont utilisés que deux fois par semaine), ainsi que par la mise en place d’une centrale de dilution pour un juste dosage des produits de nettoyage. "A chaque fois que nous achetons du nouveau mobilier, nous le stockons pendant plusieurs jours avant de l'installer dans les services, afin d'éviter les émanations de composés organiques volatils (COV) dans les services".

La maternité a également développé des pratiques alternatives avec un large choix allant de l’aromathérapie, l’acupuncture, l’homéopathie, le bain enveloppant et le massage bébé, en passant par l’hypnose jusqu’à l’accompagnement pour un accouchement physiologique plus naturel. "Pour respecter le projet de naissance personnalisé, nous proposons des séances d'acupuncture, d'aromathérapie, de balnéothérapie et 6 sages-femmes sont formées à l'hypnose", détaille la sage-femme.

Elle procède à un accompagnement dans la parentalité avec la mise en place de soirées pour les pères, la mise en œuvre d’un programme de suivi en ville en lien avec les sages-femmes libérales et l’assurance maladie (Prado). Mais aussi des "ateliers santé environnementale" ouverts à tous pour promouvoir les pratiques vertueuses permettant de préserver sa santé. Ces soirées sont organisées depuis un an par des sages-femmes.

Depuis 2 ans, elles organisent également des soirées pour les pères, pour leur apprendre par exemple à changer les couches. La maternité souhaite d'ailleurs favoriser la présence du père lors de l'accouchement et notamment pendant les césariennes.

"Nous essayons de limiter les taux d'épisiotomie (10% en 2019), le taux de césarienne (19%), et nous avons recours à la chirurgie mini-invasive pour limiter les impacts. Le taux de chirurgie ambulatoire en chirurgie gynécologique est de 88%", a indiqué Olivier Toullalan, chef du service gynécologie-obstétrique.

La maternité est engagée aussi dans la protection des salariés avec des mesures régulières de la qualité de l’air intérieur, l’utilisation de plans de change ergonomiques ou encore la mise en place de cycles de travail.

"Nous faisons régulièrement des diagnostics de qualité de l'air intérieur pour connaître les niveaux de COV en milieux confinés, dans les blocs opératoires, les salles où sont stockés les produits chimiques. Cela permet de réajuster nos pratiques et d'aérer la salle si besoin. Le dernier diagnostic a été réalisé en 2018. Nous préparons actuellement la campagne 2020. Il s'agit également de revoir l'utilisation de produits, tel que le formaldéhyde utilisé pour la désinfection des endoscopes. Globalement, la maternité mène une campagne de prévention des risques et de sensibilisation face au risque chimique", souligne la directrice du développement durable.

Ensuite, "nous travaillons beaucoup avec l'ergonome de l'hôpital et avons mis en place un plan de change à hauteur variable, en maternité et à la crèche. Un travail d'ergonomie des salles d'échographie est en cours", complète Maryse Kayser.

Prochaine étape: la réduction du bruit

"Nous souhaitons maintenant travailler sur le bruit, et aider d'autres maternités à s'engager, en les accompagnant. A travers ce label, notre objectif est de donner envie à d'autres établissements de s'engager", précise Nathalie Ronzière. Pour elle, "le développement durable permet d'introduire deux mots: efficience et sobriété. C'est du gagnant-gagnant en termes de développement et d'économie. Cette démarche nous a permis d'économiser jusqu'à 30.000 € de draps, en changeant la gestion des transferts de patients au bloc".

Un système de pansement no touch a été également déployé dans l'hôpital. Pour les plaies postopératoires simples, un pansement de recouvrement stérile et transparent est posé directement sur la plaie, et permet de surveiller son évolution sans avoir à refaire le pansement qui peut rester en place jusqu’à 7 jours. "Cette solution moins invasive, plus confortable et plus simple pour le patient notamment pour prendre sa douche, permet d'économiser 50 centimes par pansement non refait. Multiplié par le nombre d’interventions, il permet d'éviter d'importants volumes de déchets".

"Nous avons décidé de nous lancer dans une labellisation de maternité écoresponsable parce que c'est une reconnaissance pour les équipes et pour le travail fait par toute l'institution. De plus, c'est un tremplin pour l'avenir", confie Nathalie Ronzière.

"Dans une démarche éco-responsable, le professionnel ne perd pas de temps", fait remarquer Maryse Kayser. "C'est devenu naturel de travailler ainsi".

"Si vous souhaitez engager votre établissement dans une telle démarche, c'est parfois une source de surcoût mais c'est surtout une source d'économies considérables", conclut la directrice développement durable.

gdl/san

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