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La SF2H plaide pour une désinfection plus poussée des sondes d'échographie endocavitaire

PARIS, 5 novembre 2018 (TecHopital) - Le président de la Société française d'hygiène hospitalière (SF2H), Pierre Parneix, a plaidé pour la désinfection de niveau intermédiaire (DNI) systématique des sondes échographiques endocavitaires, bien que les "épisodes de transmission croisée publiés restent rares", dans un rapport sur la prévention du risque infectieux associé aux actes d'échographie endocavitaire, dont APMnews a eu copie.

Adressé fin juin 2018 à la ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, ce rapport, dont des extraits ont été révélés le 26 octobre par le quotidien Le Parisien, est issu d'une mission confiée au président de la SF2H par l'ex-ministre de la santé Marisol Touraine.

"L'objectif de ce travail est de préparer la mise en place en France d'une désinfection de niveau intermédiaire systématique" des sondes d'échographie endocavitaire, soulignait la ministre dans un courrier daté du 20 avril 2017, y exprimant notamment le souhait qu'un groupe d'experts fasse "le point sur les pratiques professionnelles, les recommandations existantes et les procédés de désinfection disponibles en vue d'élaborer un guide technique à l'usage des professionnels".

Dans l'éditorial introduisant son rapport, Pierre Parneix souligne que "cette réflexion a été menée sur une période d'une année pour aboutir à une proposition de diffusion par voie d'instruction d'un guide comportant neuf fiches techniques et actant la mise en place en France du niveau de désinfection souhaité par Mme Touraine".

Ce sujet est, depuis 2007, source de polémique entre l'association Le Lien, qui défend les victimes d'infections nosocomiales, et le système d'expertise du ministère de la santé, notamment le Haut conseil de la santé publique (HCSP), rappelle le président de la SF2H.

Si les sondes d'échographie endocavitaire (trans-oesophagiennes, endovaginales et endorectales) sont protégées par une gaine à usage unique, le HSCP estime qu'une désinfection de bas niveau par essuyage avec une lingette désinfectante est suffisante dès lors que la gaine protégeant la sonde est intacte à la fin de l'examen. Dans ce cadre, une désinfection de niveau intermédiaire, comprenant une immersion dans une solution désinfectante bactéricide, fongicide, virucide et tuberculocide, n'est réalisée qu'une fois par jour.

Or, souligne Pierre Parneix, le procédé faisant appel à une lingette désinfectante est "actif seulement sur les bactéries et les levures". Il rappelle en outre qu'une contamination peut se produire à de multiples reprises, soit au cours de l'acte, lorsque la gaine utilisée n'est pas suffisamment couvrante, qu'elle se rompt ou qu'elle perd en étanchéité, soit au décours de l'acte, "en particulier lors de l'ablation de la gaine, qui est un geste difficile à réaliser".

"Si le risque infectieux associé aux seules sondes endocavitaires est probablement faible, à la réserve de la connaissance scientifique encore très imparfaite sur les papillomavirus humains (HPV), il est en revanche totalement maîtrisable", souligne le médecin hygiéniste.

En outre, "les enquêtes de pratiques, tant françaises qu'européennes, montrent une très faible adhésion aux recommandations en vigueur avec des niveaux de qualité ne pouvant garantir la sécurité des patients vis-à-vis du risque infectieux dans son ensemble", ajoute-t-il .

"Se prémunir d'un scandale sanitaire"

Pour le président de la SF2H, le fait de recourir à une désinfection de niveau intermédiaire systématique présente de nombreux intérêts, comme celui de "se prémunir d'un scandale sanitaire si un jour le lien entre une contamination associée aux soins par un papillomavirus et la genèse d'un cancer induit secondaire venait à pouvoir être démontré", de "mettre la France au niveau de sécurité adopté par le reste du monde", d'"améliorer le niveau de sécurité de tous les actes" ou encore de "simplifier la procédure de désinfection et limiter le risque médico-légal avec une stratégie unique non basée sur l'évaluation aléatoire de la perte d'étanchéité de la gaine".

Il souligne en outre que "la démarche visant à répondre à la lettre de mission a permis d'acter une avancée majeure des organisations professionnelles" et que "l'ensemble des parties prenantes, tant professionnelles qu'issues du monde des usagers, a accepté de faire des concessions à ses conceptions initiales pour trouver un consensus acceptable qui fuyait depuis 10 ans la table des négociations".

"Chacun a conscience de l'importance cruciale qu'aurait la reconnaissance par la ministre de la santé d'un passage à la désinfection de niveau intermédiaire pour les sondes d'échographie endocavitaire", écrit Pierre Parneix, qui souligne que cela constituerait "un signal fort donné à tous de l'importance à accorder à ce sujet et de la volonté nationale d'améliorer nos pratiques".

Les neuf fiches techniques, élaborées par un groupe de travail comprenant des usagers, radiologues, gynécologues, hygiénistes... mais aussi des membres de la direction générale de la santé (DGS) et de l'offre de soins (DGOS), sont consacrées notamment aux risques infectieux liés aux échographies endocavitaires, au principe de traitement des sondes, aux procédés de désinfection semi-automatisés et aux autres procédés de désinfection, à la maîtrise du risque infectieux lors de l'acte, ou encore à la formation des professionnels et aux indicateurs de suivi.

"Ces fiches sont actuellement soumises à la concertation de l'ensemble des sociétés savantes concernées", avec une échéance prévue le mardi 20 novembre, indique le ministère de la santé sur son site internet.

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