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La start-up MedInTown crée une "microfactory" pour imprimer en 3D des équipements médicaux dans les hôpitaux

Crédit: MedInTown
Crédit: MedInTown

PARIS, 4 mai 2021 (TecHopital) - La start-up stéphanoise MedInTown veut proposer aux hôpitaux une micro-usine placée dans un container pour fabriquer des équipements et dispositifs médicaux imprimés en 3D, par fusion laser sur lit de poudre, technique qui rend les pièces mécaniquement homogènes, a expliqué à TecHopital Jérôme Prêcheur, fondateur de MedInTown.

"De plus en plus d'établissements de santé s'interrogent sur leurs capacités à fabriquer eux-mêmes leur matériel ou équipements médicaux, mais ne disposent pas de solution pour fabriquer des objets qui puissent entrer au bloc opératoire", a-t-il constaté.

MedInTown a donc décidé de développer une solution dans une boîte -un container maritime en fait- dans laquelle a été installée une imprimante 3D, ainsi qu'un système de lavage-désinfection, d'emballage et de stérilisation.

MedInTown fabrique du matériel médical, indispensable au chirurgien pour le guider dans le corps de son patient. "Ces objets ne sont pas implantés dans le patient, mais ils vont aider le chirurgien à poser des implants. Ce sont des guides de coupe, par exemple", précise Jérôme Prêcheur. "L’expérience montre qu’il est préférable de personnaliser ces guides en fonction de l’anatomie de chaque patient", complète-t-il. La start-up souhaite à présent apporter une solution clé en main aux hôpitaux en leur permettant de fabriquer eux-mêmes ces outils 3D.

"L'idée est de transformer des fichiers informatiques en objets qui puissent entrer dans les blocs opératoires parce qu'ils auront été post-traités", a expliqué à TecHopital Jérôme Prêcheur. Cette micro-usine, en cours de fabrication, comprend en effet une partie impression 3D, mais aussi une partie "local technique" et surtout une partie salle blanche.

Le projet avait été présenté le 15 juillet 2020 à Mickael Galy, alors directeur du CHU de Saint-Etienne. Celui-ci a donné son accord pour signer un partenariat avec MedInTown et l'Ecole nationale d'ingénieurs de Saint-Etienne (Enise), cette dernière ayant mis à disposition une imprimante 3D laser, "ce qui a permis de réduire les coûts du proof of concept", a relaté le directeur de la start-up.

"Depuis juillet, nous recherchons des financements", a-t-il fait remarquer. Le partenariat s'appelle Human-19 pour "Hôpital unité mobile additif et numérique".

La technique employée est précise. Elle emploie la fusion laser sur lit de poudre (SLS). "Il s'agit de poudre plastique qu'on vient faire fondre couche par couche avec un faisceau laser. L'intérêt de cette technique est d'obtenir des pièces mécaniquement homogènes. La poudre est biocompatible et le reste jusqu'à la fin de cycle de vie."

L’ensemble des objets imprimés sont en polyamide, qui est recyclable. "Ce qui n’a pas été utilisé est recyclé dans la fabrication suivante, à l’infini", précise Jérôme Prêcheur.

Pour le post-traitement, les machines sont placées dans un environnement maitrisé car les pièces doivent être contrôlées et nettoyées. En effet, "ce qui est compliqué avec cette technique de fusion laser, c'est la maitrise de l'environnement", a fait remarquer l'ingénieur. La poudre utilisée est extrêmement volatile "comparable à de la farine". Une bonne gestion de l'aéraulique est donc nécessaire. "Il faut faire chauffer la poudre pour la faire fondre, donc il faut également maitriser la thermique. Ensuite, le post-traitement nécessite des conditions de salle blanche, pour maintenir l'état de propreté des pièces avant emballage".

L'intérêt de cette micro-usine est de pouvoir accéder facilement à la technologie, de "fabriquer au plus près des consommateurs".

Interrogé sur le modèle économique de sa start-up, Jérôme Prêcheur a indiqué "envisager vendre les objets fabriqués par la microfactory, mais a avoué être encore dans la construction du modèle économique. Nous sommes encore dans une démarche prospective", a-t-il ajouté.

Selon lui, MedInTown n'est pas très concurrentielle sur du matériel comme des écouvillons par exemple, produits en nombre astronomique à l'étranger mais "nous sommes très concurrentiels sur des petites quantités, des petites séries. Il s'agit plutôt d'un mode de fabrication à la demande", a-t-il souligné.

"Notre stratégie est de vouloir nous appuyer sur les groupements hospitaliers de territoire (GHT) afin de proposer cette micro-usine à l'achat", a conclu Jérôme Prêcheur.

gdl/nc

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