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23/12/2013
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Le CH du Mans contre le gaspillage alimentaire: donner n'est pas aisé

LE MANS, 23 décembre 2013 (Direct Hôpital) - Le centre hospitalier (CH) du Mans a mis en place une politique de don alimentaire, permettant l'ouverture d'un restaurant social au profit de personnes en grande précarité. Le projet a mis trois ans à se concrétiser.

Le 16 octobre, à l'occasion de la journée nationale de lutte contre le gaspillage alimentaire, un restaurant solidaire a été créé au rez-de-chaussée d'un hôtel tenu par l'association Tarmac pour héberger des sans-logis. Des bénévoles de l'ordre de Malte viennent y servir 30 repas chauds, apportés par des agents de restauration bénévoles de l'hôpital, deux fois par semaine. 
 
Le projet de restaurant solidaire avait débuté au mois de mai au centre ville, puis celui-ci a été transféré en octobre au rez-de-chaussée du bâtiment où les personnes sont logées, pour faciliter leur accès aux repas.
 
Le projet a été conçu par Didier Girard, ingénieur responsable du service de restauration au CH du Mans. 
 
Pour lutter contre le gaspillage alimentaire, il a d'abord cherché à adapter au plus près la quantité de nourriture préparée au CH, à l'intensité de l'activité, qui varie selon la période de l'année. Mais comme il est nécessaire de prévoir en permanence 2% en plus pour pallier les imprévus, des surplus alimentaires sont forcément générés dans l'hôpital qui sert 1,3 million de repas chaque année. 
 
"Nous avons travaillé en amont dans le but de réduire le gaspillage alimentaire. C'est seulement après cela que nous avons pu faire admettre à la direction qu'il y aurait toujours du surplus. Nous avons pu alors passer à une action sociétale et une action de développement durable, puisque ces surplus étaient incinérés-ce qui avait un coût pour la communauté", a expliqué Didier Girard, contacté par l'APM. 
 
Alors que Le Mans recense 11.931 personnes sous le seuil de pauvreté, ce surplus détruit représentait 4,5 tonnes par an, soit l'équivalent de 7.000 repas, qui sont aujourd'hui servis dans le restaurant social.
 
En janvier 2014, cinq repas par jour y seront servis. L'ordre de Malte venant de s'équiper de son propre véhicule, l'association pourra effectuer des voyages plus réguliers vers l'hôpital du Mans, ce qui libérera les agents de restauration de l'hôpital.
 
Avec le soutien de l'inspecteur du service de la cohésion sociale de la préfecture de Sarthe, il aura tout de même fallu trois ans à Didier Girard pour obtenir le feu vert de la direction de l'établissement, trouver des associations partenaires pour redistribuer ces surplus alimentaires, prévoir l'organisation et le matériel, obtenir l'agrément de l'agence régionale de santé (ARS) et signer une convention avec les associations. Entre juin 2010 et janvier 2013, il a rencontré plus d'une dizaine d'associations et d'organismes sociaux pour tenter d'établir un partenariat.
 
"Les autres associations [les Restos du coeur, le Secours populaire, le Secours catholique, la Banque alimentaire...] que nous avons contactées avaient déjà toutes leur organisation propre, leurs supermarchés fournisseurs. Donc il fallait trouver une association qui ne s'occupait pas déjà de servir des repas, comme l'ordre de Malte. Tarmac logeait des personnes précaires mais ces personnes ne mangeaient pas sur place", explique l'ingénieur.
 
L'hôpital du Mans s'est aussi investi dans la lutte contre le gaspillage des restes alimentaires. Depuis une dizaine d'années, le pain rassis est donné à l'association Pain contre la faim Sarthe, qui emploie des personnes en situation de grande précarité. Ce pain est grillé et transformé en chapelure pour en faire des aliments destinés essentiellement au bétail.
 
Depuis deux ans, les restes alimentaires du restaurant du personnel sont donnés à la Ligue de défense des animaux qui les transforme en pâté pour nourrir des animaux en fin de vie. 
 
Le Parlement européen a adopté début 2012 une résolution demandant des mesures urgentes pour réduire de 50% le gaspillage alimentaire d'ici 2025, rappelle le CH dans un document. Selon les chiffres de la commission européenne, le secteur de la restauration public et privé serait responsable de 14% du gaspillage alimentaire total.  /fc/mb

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Rédigé par: d.rodde@ch-lisieux.fr  le 23/12/2013 à 14:50
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En effet, le partenariat avec les associations caritatives n'est pas toujours chose facile. Elles ne disposent pas de personnel ni de matériel (camions réfrigérés) pour venir chercher à l'hôpital les nombreuses barquettes que nous avons en surplus et que nous sommes obligés de jeter. Pour ma part, si je veux rentrer dans le processus, il faut que ce soit moi qui livre des barquettes aux associations sur place, pour autant qu'elles aient des frigos. Les volontaires sont-ils donc aussi peu nombreux, alors qu'on entend partout, dans les médias et sur les ondes, qu'il y a beaucoup de volontaires dans ces associations...
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