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Le C2DS fustige le retour à la désinfection chimique massive des bâtiments publics

Crédit: Shutterstock
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PARIS, 24 juin 2020 (TecHopital) - Le Comité pour le développement durable en santé (C2DS) regrette le retour à une désinfection chimique des bâtiments ouverts au public, et cela "au mépris d’une logique de base d’hygiène, du code de l’environnement et du respect des milieux air et eau", dans un communiqué de presse daté du 18 juin.

"Il faut rappeler que dans un hôpital, seul le sol des blocs opératoires justifie une désinfection, tous les autres sols peuvent simplement être nettoyés. Or, nous assistons actuellement à des désinfections massives inutiles dans des lieux publics: dans les écoles, les rues, les Ehpad, etc.", indique Philippe Carenco, médecin hygiéniste à l'hôpital d'Hyères (Var) cité dans le communiqué du C2DS.

"La peur et la désinformation génèrent la généralisation d’une désinfection chimique massive aux conséquences humaines et environnementales délétères. Il faut stopper cette destruction microbiologique", explique le médecin hygiéniste. Avant de poursuivre: "Les détergents et les savons sont efficaces pour inactiver le virus du Covid parce que son enveloppe est constituée d'une membrane lipidique. Pour le virus de la grippe par exemple (virus aussi enveloppé), il est démontré que le savonnage actif est plus rapidement efficace pour détruire le virus sur les mains que la simple application d'alcool sans frottage. Il est fort probable qu'il en soit de même pour le coronavirus".

Rappelant que le bon usage des antibiotiques permet de lutter contre l'antibiorésistance, le C2DS évoque "les mêmes effets délétères d’une utilisation intensive des désinfectants, alors qu’ils ne sont pas toujours nécessaires". Ces effets "sont prévisibles et font craindre le renforcement de la mutation des bactéries et virus".

"Les fondamentaux de la santé publique – une balance bénéfice/risque de chaque geste et action, sont oubliés dans cette folle fuite en avant", fait remarquer Olivier Toma, fondateur de l’agence Primum Non Nocere. "De même que 'les antibiotiques, c’est pas automatique', la désinfection ne doit pas devenir une obligation. À court terme, nous devons déjà être très vigilants sur la santé des personnes qui utilisent ces produits", ajoute-t-il.

Et celui-ci de relater que "certains établissements se sont vu proposer des désinfectants avec des allégations commerciales, contre le coronavirus, qui contiennent des substances reconnues dangereuses pour la santé comme des cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques (CMR) et/ou des perturbateurs endocriniens".

Or ces "désinfectants puissants, utilisés de façon déraisonnée, sont déversés directement dans l’environnement. Une pratique hautement nuisible et totalement disproportionnée dans l’immense majorité des cas", complète le C2DS dans son communiqué.

De plus, la désinfection ne dure jamais longtemps. En seulement "2 heures en moyenne, les bactéries recolonisent naturellement le milieu", rappelle le Dr Philippe Carenco et "les virus également par le toucher, les postillons". Dernier constat: "la désinfection mécanique, parfaitement efficace, perd du terrain face au tout chimique".

Les recommandations contradictoires des autorités

Alors que le Haut conseil en santé publique (HCSP) recommande dans un avis publié le 29 avril le nettoyage avec désinfection des surfaces des établissements recevant du public qui ont été occupés pendant l'épidémie, l’Institut national de recherche et sécurité (INRS) ou le ministère du travail conseillent, notamment dans le protocole de déconfinement pour les entreprises, d'utiliser des détergents comme virucides, en particulier dans le cas où le virus est dit "enveloppé", ce qui est le cas du Covid-19.

"Une analyse bénéfice/risque doit être appliquée pour les milieux hébergeant des personnes sensibles (petite enfance, périnatalité, personnes allergiques) afin de décider du choix de la méthode de nettoyage, pendant l'épidémie de Covid-19, comme au long cours. Les 'simples' détergents sont efficaces aussi parce qu'ils sont appliqués avec une action mécanique, le frottement par exemple. Comme à l’hôpital, les sols des écoles, des crèches, des Ehpad ou des restaurants peuvent être simplement nettoyés et non désinfectés", estime le Dr Carenco.

gdl/ab

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