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Le Centre Antoine-Lacassagne à Nice inaugure l'Institut méditerranéen de protonthérapie

L'accélérateur de protons haute énergie Proteus One (IBA)
L'accélérateur de protons haute énergie Proteus One (IBA)

Le Centre Antoine-Lacassagne de Nice a inauguré le 30 juin l'Institut méditerranéen de protonthérapie avec le premier accélérateur de protons haute énergie nouvelle génération Proteus One (IBA) pour le traitement par radiothérapie de haute précision de cancers difficiles d'accès et de cancers pédiatriques.

Le centre de lutte contre le cancer (CLCC) de Nice avait présenté son équipement de protonthérapie Proteus One en juin 2014. L'installation de ce synchrocyclotron supraconducteur a été suivie des différentes étapes de validation et de demandes d'autorisation.

"Nous avons reçu le marquage CE en avril, les autorisations réglementaires de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et de l'agence régionale de santé (ARS) en juin et nous finalisons la dernière étape préalable au démarrage de l'activité, avec la mesure de la calorimétrie", méthode de référence d'étalonnage pour permettre à l'équipe de physique de maîtriser avec certitude la dose délivrée au patient, a indiqué la direction de l'établissement à APMnews.

L'équipe prévoit de débuter "le traitement des premiers patients en ce début d'été", ajoute-t-on de même source.

L'inauguration s'est faite en présence du directeur du centre, le Pr Joël Guigay, du préfet des Alpes-Maritimes Adolphe Colrat, du maire de Nice, Christian Estrosi, du député Eric Ciotti (Les Républicains, Alpes-Maritimes), et du directeur d'ARS, Paul Castel.

"Cet accélérateur de protons, unique au monde grâce à sa compacité et sa précision, permet de cibler des tumeurs profondes ou difficiles d'accès, résistantes ou inopérables. Sa spécificité est de délivrer une dose précise et élevée de radiation par protons tout en préservant efficacement les tissus sains environnants. Il est ainsi particulièrement indiqué dans le traitement des cancers de l'enfant", explique l'établissement.

Le centre a investi plus de 30 millions d'euros dont 20 millions par emprunt et 10 millions grâce à des subventions accordées par le conseil départemental des Alpes-Martimes (5 millions), la métropole Nice Côte d'Azur et la ville (2 millions), de l'Etat (1 million) et de France Hadron (2,5 millions).

La protonthérapie est une technique de radiothérapie innovante pour traiter les cellules cancéreuses tout en préservant les tissus sains voisins. "Les protons ont la particularité de pénétrer dans les tissus à bas bruit, c'est-à-dire 'sans faire de dégâts'. Arrivés sur la cible tumorale, ils libèrent toute leur énergie, provoquent sa destruction et ils s'arrêtent là, protégeant ainsi les tissus sains environnants", explique le Pr Jean-Pierre Gérard, radiothérapeute et ancien directeur du Centre Antoine-Lacassagne.

"L'objectif est de prendre en charge les patients atteints de cancers et de leur faire bénéficier des meilleurs traitements qui ont montré leur efficacité et leur faible toxicité de manière à offrir la meilleure qualité de vie possible", indique le Pr Jean-Michel Hannoun-Lévi, chef du pôle radiothérapie du Centre Antoine-Lacassagne.

La protonthérapie est actuellement employée contre les tumeurs oculaires, les tumeurs difficiles d'accès ou proches d'organes à risque (chordomes et chondrosarcomes, tumeurs pararachidiennes, tumeurs de la base du crâne et des sinus) et pour l'ensemble des tumeurs pédiatriques. De nombreuses autres indications sont en développement.

Proteus One, premier accélérateur de protons haute énergie (230 MeV) nouvelle génération commercialisé par la société belge IBA, se compose de trois structures: un synchrotron supraconducteur de dernière génération (qui pèse 55 tonnes mais consomme huit fois moins d'énergie que les machines actuelles et est le seul à avoir une telle compacité: la surface d'un terrain de tennis suffit alors que les machines actuelles nécessitent une superficie équivalent à un terrain de football), une tête rotative isocentrique compacte innovante (Gantry) et une table robotisée où le patient est installé et pouvant se déplacer dans n'importe quelle position de l'espace.

"La mobilité de la table combinée à celle de la tête Gantry offre une multitude d'incidences thérapeutiques. Plus nous avons d'angles d'attaque sur le volume tumoral, plus nous serons capables de concentrer la dose sur le volume cible et de la diminuer au niveau des organes à risque avoisinants", explique le Pt Hannoun-Lévi.

En outre, Proteus One intègre une technique d'irradiation inédite, le balayage en pinceau fin ("pencil beam scanning") permettant une distribution de dose irradiante, couche par couche, qui épouse parfaitement le volume de la tumeur. "L'extrême précision de cet outil permet d'irradier à plus forte dose le volume tumoral tout en préservant les tissus sains environnants", souligne le spécialiste.

Avec cet appareil et le cyclotron Medicyc opérationnel depuis juin 1991, le CLCC niçois peut proposer les deux technologies: protonthérapie basse énergie et haute énergie. La protonthérapie de basse énergie utilisant le cyclotron maison Medicyc (65 MeV) a déjà permis de traiter plus de 6.000 patients (pour des tumeurs de l'oeil) depuis le premier traitement de protonthérapie réalisé en France en 1991.

L'Institut méditerranéen de protonthérapie est une nouvelle structure dont la mission est de proposer à tous les patients qui nécessitent un traitement par protonthérapie, adultes et enfants, une prise en charge globale et coordonnée avec l'ensemble des acteurs de leur parcours de soins, notamment en collaboration avec le CHU de Nice et les hôpitaux pédiatriques CHU-Lenval. Une maison d'accueil permet d'héberger des patients.

La protonthérapie est également pratiquée à Orsay (Essonne, Institut Curie) et le Centre François-Baclesse de Caen a reçu une autorisation. D'autres projets sont en préparation en Ile-de-France en partenariat avec Tours et Orléans, à Montpellier, Toulouse, Nantes et Nancy.

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