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"Le chantier du nouveau CHU de Guadeloupe avance, et avance bien" (ARS)

Crédit : Geneviève De Lacour/TecHopital
Crédit : Geneviève De Lacour/TecHopital

(Par Geneviève DE LACOUR, à Pointe-à-Pitre)

POINTE-A-PITRE (Guadeloupe), 23 septembre 2019 (TecHopital) - La mise aux normes parasismiques a été un facteur important de la reconstruction du CHU de Guadeloupe dont le chantier avance et avance bien, en vue d'une livraison fin 2022, a indiqué le directeur adjoint de l'agence régionale de santé (ARS) Guadeloupe, Jean-François Cayet, lors d'une conférence de presse organisée la semaine dernière sur la base-vie du chantier, aux Abymes.

"Aujourd'hui, avec ce chantier nous respectons nos engagements", a déclaré Jean-François Cayet, directeur adjoint de l'agence régionale de santé (ARS) Guadeloupe. "Le nouveau CHU sera un des établissements de santé les plus modernes de France. Non seulement il sera doté des dernières technologies médicales avec un plateau technique de haut niveau, mais aussi des dernières techniques architecturales pour faire face aux risques naturels, cyclones et séismes."

"La mise aux normes parasismiques a été en effet un argument très fort dans la décision de reconstruction du CHU mais aussi de son financement. Notre chantier avance et avance bien", a-t-il poursuivi lors de la conférence de presse organisée le 19 septembre sur la base-vie.

"Ce projet de l'Etat est exceptionnel en raison de son montant - 580 millions d'euros dont 270 millions € pour la construction, mais aussi en raison des techniques mises en œuvre", a fait remarquer pour sa part Jean-Michel Jumiez, sous-préfet de Pointe-à-Pitre.

"Il représente le renouveau du système de santé de la Guadeloupe et est donc suivi de très près par l'Etat autour de plusieurs instances", a complété Jean-François Cayet. Ainsi, le comité de pilotage est coprésidé par le préfet de région et la directrice générale de l'ARS. Quant au comité technique, il est animé par le DG adjoint de l'ARS et le sous-préfet qui se réunissent tous les mois pour "suivre l'aspect technique de la construction, mais aussi suivre d'autres problématiques telles que le contournement du site ou la question de l'emploi" sur le chantier.

"Nous travaillons sur la problématique du contournement du CHU avec 'Cap Excellence', la communauté d'agglomération, mais aussi sur le fait que ce chantier exceptionnel puisse bénéficier le plus possible à l'emploi local", a précisé le sous-préfet.

"Nous travaillons enfin à la reconversion de l'actuel CHU", a complété Jean-Michel Jumiez.

Le navire amiral de l'offre de soins

"Trente ans après le passage de [l'ouragan] Hugo, le sujet de la sécurité de bâtiments qui assurent un service public est un sujet capital", a déclaré Gérard Cotellon, directeur général du CHU de Guadeloupe. "Allier sécurité et qualité des soins est le sujet principal de ce nouveau CHU. C'est pourquoi il comprend une part très forte de digitalisation, une forte automatisation d’un certain nombre d’activités pour que les professionnels travaillent dans de bonnes conditions."

"Le projet répondra ainsi à trois objectifs pour lesquels nous rencontrons actuellement quelques difficultés. Il s'agit de garantir les meilleures conditions d’accueil, de garantir les meilleures conditions de travail pour les professionnels et d'améliorer les performances économiques de l’hôpital", a-t-il expliqué.

Il a également rappelé le fait qu'il "existe une très forte attente de la communauté médicale sur ce nouvel établissement". Le CHU de Guadeloupe se place actuellement dans "une dynamique d’ouverture vers la Caraïbe". Il vient de signer une convention avec Trinidad et Tobago pour le dépistage prénatal de la drépanocytose. "C'est pourquoi nous avons prévu [d'implanter] un hôtel hospitalier sur le site", a annoncé le directeur général.

"Cet établissement sera le navire amiral de l'offre de soin en Guadeloupe, et offrira une ouverture aux médecins libéraux", a conclu Gérard Cotellon.

Crédit : Geneviève De Lacour/TecHopital
"Le chantier avance très vite", a confirmé Laurent-Marc Fischer, architecte associé. "C'est un projet compliqué avec des contraintes géographiques complexes".

Les concepteurs, qui ont donc travaillé pendant 5 ans sur ce programme, l'ont vu un peu évoluer au fil du temps et cela à la demande de l'ARS. Il a fallu "augmenter le nombre de lits chauds et diminuer le nombre de lits froids", sur une surface restant constante, soit 85.000 m².

Le projet réalisé dans le cadre de la loi maîtrise d'ouvrage publique (Mop) s'est fait dans "une maîtrise stricte des surfaces et des budgets", a souligné l'architecte.

L'innovation pour parer les risques sismiques

Pour parer le risque sismique, la première solution a été de travailler sur la conception architecturale "avec des formes simples et compactes des bâtiments". En complément, et pour garantir la stabilité du sol sous certains bâtiments, 423 inclusions rigides faites de pieux de béton de 6 à 20 mètres de longueur sont en cours d’achèvement.

Crédit : Geneviève De Lacour/TecHopital
Le plateau technique est situé au cœur du CHU. C'est un bâtiment d’un seul tenant qui mesure 77 mètres par 95, et qui pèse plus de 85.000 tonnes. Il regroupe des services du CHU particulièrement vitaux comme les urgences, l’imagerie, le bloc opératoire, la réanimation, la radiologie, la médecine nucléaire et les laboratoires. C'est ce bâtiment qui sera posé sur 216 isolateurs de type "appuis pendulaires", fabriqués par l’entreprise française Freyssinet. Les isolateurs sont posés sur des plots en béton de 2 mètres de haut au deuxième sous-sol du bâtiment.

Ces isolateurs s'apparentent à un système de "roulements à billes", et font en sorte que le bâtiment ne bouge pas lorsque la terre tremble. "Aujourd'hui, 25 isolateurs sur les 216 ont été posés, à raison de 3 isolateurs par jour", a indiqué Vincent Bievelez, responsable de projet à la société Pizzarotti, entreprise italienne qui construit le CHU avec l'entreprise guadeloupéenne Sotradom.

Après un séisme, l'hôpital doit être en capacité de fonctionner de manière autonome pendant 72 heures. Il a donc fallu penser à la protection des réseaux pour qu'ils résistent au séisme. "Les mouvements différentiels entre la terre et le socle pouvant atteindre 40 cm, des précautions complémentaires pour la connexion des réseaux de fluides comme l’eau ou les gaz médicaux ont été nécessaires", précise le dossier de presse d’Architecture-Studio.

S'adapter au climat tropical, résister aux cyclones

Soleil et humidité de l’air sont les principales contraintes tropicales. Le rayonnement solaire échauffant la structure du bâtiment et donc l’air intérieur, des protections solaires ont été imaginées. "Nous rajoutons sur toutes les faces une protection solaire avec une surtoiture qui protège non seulement les fenêtres mais aussi toutes les façades de béton", a précisé Laurent-Marc Fischer. L'idée étant de favoriser les ombres naturelles sur toutes les surfaces de façade, et limiter ainsi la consommation énergétique.

Pour simuler le comportement de la structure, en cas de cyclone et notamment pour l'artère centrale, la "rue Caraïbes", des tests exceptionnels ont été réalisés par le CSTB (Centre scientifique et technique du bâtiment) et pilotés par Ingérop, bureau d'études techniques. Ces tests réalisés en soufflerie à Nantes assurent la résistance du projet pour des vents allant jusqu’à de 250 km/h.

Ainsi, l’intégrité des bâtiments en cas de cyclone est assurée par la solidité ou la souplesse des structures suivant les cas. Les enveloppes climatiques des bâtiments protègent les vitrages des objets volants. Tous les bâtiments seront interconnectés grâce à un ensemble de galeries et de passerelles, ce qui permettra de circuler entre les bâtiments sans avoir à sortir.

Enfin, "l'ARS nous a demandé d'aller encore plus loin et de tester la résilience du bâtiment à des cyclones de catégorie 5 avec des vents allant jusqu'à 300 km/h. Nous réalisons actuellement ces études complémentaires", a conclu l'architecte.

gdl/ab

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