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Le CHU d'Angers a revisité son programme immobilier à l'aune de la crise Covid

Crédit TJ Archi
Crédit TJ Archi

ANGERS, 10 février 2021 (TecHopital) - A l'aune des premiers enseignements de la crise sanitaire, le CHU d'Angers a mûri son projet immobilier pour la reconstruction de ses urgences, a expliqué le 5 février sa directrice générale, Cécile Jaglin-Grimonprez, lors d'une conférence de presse suivie en visioconférence.

Revenant sur "une année un peu particulière", la DG du CHU d'Angers s'est dite "fière des professionnels" de son établissement et de leur capacité à avoir fait face toute l'année 2020 à la crise tout en continuant de "développer les projets" en cours. Elle a salué un élan de solidarité et de générosité avec des professionnels à la retraite ou libéraux qui sont venus au CHU, et des citoyens et entreprises qui ont apporté 500.000 euros de dons, plus d'autres en nature, provenant de 650 donateurs différents.

"Mais 2020 n'a pas été une année entre parenthèse et nous avons continué à développer nos projets. La crise a donné l'occasion d'innover beaucoup et de se réinventer. Nous avons posé des pierres pour construire l'avenir de l'établissement", a-t-elle déclaré.

Début 2020, le CHU d'Angers a fusionné avec l'hôpital Saint-Nicolas, adoptant 372 nouveaux collègues et 400 résidents/patients de long séjour, qui "ont été les premiers à tester tout ce que nous avons mis en place pour les établissements médico-sociaux du département" dont une équipe mobile "Covid expert" avant de la mettre à disposition du territoire (elle a reçu 1.700 sollicitations).

Saint-Nicolas devient un pôle médico-social universitaire avec des étudiants et des internes, des protocoles de recherche. En 2021, il va faire l'objet d'un schéma directeur immobilier pour 30 millions d'euros (M€) avec "sans doute au moins la reconstruction d'un bâtiment dans les années qui viennent", a-t-elle annoncé.

Autre projet qui a été préparé, le bâtiment Convergences, nouveau nom du projet de reconstruction des urgences adultes du CHU "qui sont obsolètes et sous-dimensionnées".

Crédit CHU d'Angers
En s'appuyant sur un retour d'expérience de la crise, le projet, qui devait passer devant le Comité interministériel de la performance et de la modernisation de l'offre de soins hospitaliers (Copermo) en 2020 quand la crise s'est annoncée, a été modifié pour résoudre une partie des contraintes du site pavillonnaire.

Ainsi, les flux entre les bâtiments ont été transformés en les séparant et cela afin d'éviter aux véhicules qui amènent des patients de faire des manœuvres. Il s'agissait aussi d'apporter une réponse rapide, dès la livraison de la première phase, au manque de lits de soins critiques de la région et d'augmenter le nombre de lits de réanimation (de 51 à environ 80 grâce à une unité nouvelle de 30 lits; au plus fort de la crise il en a fallu 134). Enfin, des zones modulables ont été prévues, pour installer les réa "pop-up". L'objectif étant d'offrir un meilleur accueil et d'avoir à moins déprogrammer pour répondre à une poussée d'activité.

Les hôpitaux de Cholet (Maine-et-Loire), Laval (Mayenne) et du Mans (Sarthe) ont aussi des projets d'extension, l'ensemble permettant d'arriver à un taux de 9-10 lits pour 100.000 habitants (contre 5 actuellement, pour une moyenne nationale à 9).

Le projet comprendra dans une première phase un bâtiment de 20.000 m² pour fin 2026-début 2027 "si nous avons très rapidement le feu vert du ministère". L'opération complète comporte 2 bâtiments de 20.000 m² chacun pour 180 M€ (280 M€ en intégrant la refonte du bâtiment Larrey), avec une perspective pour le deuxième bâtiment en 2023. Le programme global de financement pluriannuel s'étale sur 15 ans avec 600 M€ d'investissement dont 370 M€ sur des projets majeurs, rappelle-t-on.

Le CHU fonde beaucoup d'espoir sur le fait que le Conseil national de l'investissement en santé (CNIS), qui va succéder au Copermo, donne son accord au lancement du projet au plus tôt en 2021. Il a d'ores et déjà l'accord pour lancer les travaux préalables de déconstruction. La DG espère pouvoir lancer un concours d'architectes à l'automne.

Le CHU va également débuter en 2021 la construction d'un bâtiment de SSR-gériatrie de manière à réorganiser l'offre de soins de gériatrie et de soins de suite. Le cabinet d'architectes a été choisi (Tourret Jonery, TJ Archi), la viabilisation du terrain est en cours pour poser la 1re pierre avant fin 2021 et une livraison en 2023. le bâtiment réunira 44 lits de gériatrie et les 120 lits de SSR actuellement localisés à Saint-Barthélemy-d'Anjou (où le bâtiment sera vendu), plus des lits d'hôpital de jour de gériatrie et de SSR. Le travail de ces deux équipes réunies sur un même site sur le campus devrait être facilité et proche du pôle médico-social Saint-Nicolas et du plateau médico-technique.
Le budget s'élève à 27,4 M€ (dont 4 M€ d'aide de l'ARS).

La modernisation du bâtiment Robert-Debré, engagée en 2019, s'est poursuivie en 2020 avec la livraison d'une première phase de travaux et la seconde a débuté en septembre. L'emménagement des services d'hospitalisation conventionnelle de l'enfant et de l'adolescent a été réalisé, ainsi que celui de l'office central et de bureaux. Des spécialités chirurgicales ont rejoint le bâtiment fin 2020 et d'autres suivront en 2021 pour former une fédération des spécialités.

L'emménagement de l'unité de diététique pédiatrique est prévu d'ici l'été alors que les consultations pédiatriques ont été déplacées provisoirement. La seconde phase s'achèvera d'ici l'été avec le hall d'accueil et la permanence d'accueil pédiatrique de l'enfant en danger. Trois étages accueilleront à terme la plateforme maladies chroniques et la pédopsychiatrie, l'hospitalisation de jour médico-chirurgicale et les salles d'activités, l'école et les réserves.

Un nouveau parking a ouvert au printemps pour les patients venant consulter en hôpital de jour tout près du bâtiment. Un code-barre sur la convocation ouvre une barrière.

Un projet d'établissement adopté fin 2020

Le CHU a pu adopter fin 2020 son projet d'établissement 2020-2024, en préparation depuis 3 ans. La DG avait préféré le suspendre pendant la durée du plan de retour à l'équilibre (débuté en 2018) et il devait être adopté début 2020 puisqu'en 2019, le CHU a pu revenir à l'équilibre avec un excédent de 13 M€ (comprenant 6 M€ de recettes exceptionnelles) sur 526 M€ de budget principal.

"Nous l'avons retravaillé avec un état d'esprit différent pour ne plus se baser sur des perspectives extrêmement figées dans le temps mais plutôt se fixer une philosophie d'action, des lignes directrices de façon à adapter au fil de l'eau", prenant acte de l'environnement plus fluctuant depuis la crise. Onze projets marqueurs emblématiques ont été choisis sur lesquels un retour sera fait tous les ans.

Le projet d'établissement porte "sur les objectifs de prendre soin, d'innover, d'irriguer son territoire, de construire une communauté d'action avec les autres acteurs de santé de la région, de se moderniser (avec les projets architecturaux), de se développer durablement".

En matière d'innovation, Cécile Jaglin-Grimonprez a mentionné, pour l'assistance médicale à la procréation (AMP, PMA), l'acquisition d'un embryoscope en janvier 2020 qui permet de mieux sélectionner les embryons avant implantation, le développement d'un suivi en téléconsultation qui évite aux couples qui habitent loin de se placer systématiquement et qui a pris tout son essor pendant la crise, permettant la poursuite des prises en charge, et l'évaluation d'un test portatif hormonal qui permet de mieux connaître le moment opportun pour une fécondation in vitro (FIV).

Un intéressement à la recherche pour les équipes

En recherche, les équipes du CHU ont été bien mobilisées pendant la crise avec notamment des travaux sur la vitamine D et l'étude HYCOVID qui a montré que l'hydroxychloroquine n'avait pas d'intérêt dans le traitement du Covid. Une étude est en cours sur les maux de dos et le télétravail. Vingt-sept études cliniques ont été lancées sur le Covid et 19 ont été menées sur des données.

La maison de la recherche a été réorganisée pour mieux accompagner les équipes qui ont un projet avec un guichet unique. Le CHU a voté une politique d'intéressement à la recherche "avec 600.000 € réservés pour rendre compte aux équipes le bénéfice de leur propre production de recherche", avec une échelle de progressivité (pour récompenser aussi les équipes qui débutent). Les indicateurs retenus sont pour 70% les publications et les inclusions de patients et pour 30% la bonne gestion des protocoles.

Le CHU a poursuivi l'innovation sur le plan numérique: 50% des patients n'ont plus à passer par un guichet d'accueil, le job-dating s'est mué en e-job-dating permettant 136 recrutements en une journée.

Enfin, la crise a augmenté les coopérations avec les cliniques (des chirurgiens du CHU sont allés opérer leurs patients dans les cliniques Saint-Léonard et de l'Anjou ou à l'Institut de cancérologie de l'Ouest -ICO), avec les médecins libéraux: "de beaux succès" qui devaient aider à développer des projets territoriaux, a relevé Cécile Jaglin-Grimonprez.

sl/gdl/eh

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