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Le CHU de Reims veut tirer les leçons de la crise sanitaire pour la conception du Nouvel hôpital

Crédit: CHU Reims
Crédit: CHU Reims

(Par Geoffroy LANG, à Reims)

REIMS, 20 janvier 2021 (TecHopital) - La directrice générale du CHU de Reims, Dominique de Wilde, le président de la commission médicale d'établissement (CME), le Pr Philippe Rieu, et le président du conseil de surveillance et maire de Reims, Arnaud Robinet (LR), ont insisté sur la nécessité de tenir compte des enseignements de la crise sanitaire dans les organisations du CHU et la conception du "Nouvel hôpital", le 15 janvier, lors d'une cérémonie pour la pose de la première pierre du nouveau bâtiment.

"Nous sommes très fiers de l’avancée de ce projet qui, malgré la crise Covid, ne s’est arrêté que pendant 2 mois", a salué la directrice générale, en indiquant que le premier des deux nouveaux bâtiments devrait être livré d'ici fin 2023 ou début 2024.

Le projet du "Nouvel hôpital" porté par le CHU compte deux phases. La première prévoit la construction de ce premier bâtiment de 429 lits, concentrant "l'essentiel du plateau technique" du CHU.

Après la livraison du "bâtiment énergie" qui va permettre de libérer de l'espace pour l'installation d'une quatrième grue, les prochaines étapes de ce chantier, dont la maîtrise d'œuvre est assurée par l'agence d'architecte Groupe 6, sont la fin des travaux intérieurs en février 2023, la finalisation des travaux extérieurs et des abords en mai 2023, et la connexion avec les autres bâtiments du CHU en décembre de la même année.

"À l’aune de la crise Covid, nous nous projetons d’ores et déjà vers le deuxième bâtiment pour lequel nous avons demandé une évolution capacitaire d’environ 100 lits, portant sa capacité à 385 lits", a poursuivi Dominique De Wilde.

"Les annonces de notre ministre de la santé [Olivier Véran] font espérer un desserrement de l’étau du feu-Copermo [comité interministériel de la performance et de la modernisation de l'offre de soins hospitaliers], et une possibilité pour le CHU de Reims d’être enfin écouté", l'a rejoint le président de CME du CHU.

"Nous avons cet été retravaillé notre projet architectural, au regard de notre activité actuelle et au regard de ce que nous a appris la crise Covid", a-t-il poursuivi.

Le projet remanié de la phase 2 devrait être présenté au deuxième trimestre 2021 devant le conseil national de l’investissement en santé, l'instance qui remplace le Copermo, en prévoyant un maintien du capacitaire actuel alors que 100 lits ont déjà été supprimés en 5 ans, et une augmentation du nombre de lits de soins critiques.

Le Pr Rieu a notamment souligné que l'ante-région Champagne-Ardenne ne comptait que 23 lits pour 100.000 habitants, contre une moyenne nationale de 29 lits pour 100.000 habitants.

Comme il l'avait déjà expliqué en octobre 2020 à APMnews/TecHopital, ce projet défend notamment un maintien de blocs opératoires sur les deux bâtiments.

"Il faut un projet qui tienne compte de la crise sanitaire du printemps, en termes d'organisation des services, des blocs opératoires, des consultations", avait expliqué Frédéric Espenel, le directeur général adjoint du CHU, contacté en octobre par APMnews/TecHopital.

Pour le Pr Rieu, la volonté de scinder les activités de médecine et de chirurgie avec deux bâtiments était "une mauvaise idée": "Ce n’était pas une bonne idée de mettre tous les blocs au même endroit, on l'a vu pendant la crise Covid. Heureusement qu'il y avait un deuxième site où on a pu mettre tout le bloc d’urgences; si on avait été dans la même configuration [que le projet du Nouvel hôpital], on n’aurait plus opéré personne pendant la crise".

La direction et les équipes médicales du CHU ont ainsi lancé des travaux pour l'élaboration d'un nouveau projet médical, qui s'accompagnera d'un nouveau "chiffrage financier" du projet, inéluctablement supérieur à l'investissement initialement estimé à 383 millions d'euros (M€).

"Nous serons très attentifs aux moyens accordés au CHU de Reims et d’une manière plus générale à l’hôpital public", a abondé Arnaud Robinet.

Les trois dirigeants des instances du CHU ont unanimement salué l'implication des personnels de l'établissement depuis le début de la crise sanitaire, mais également la qualité des coopérations avec les établissements publics et privés du territoire du CHU, le maire de Reims mentionnant notamment la polyclinique Reims-Bezannes (groupe Saint-Gatien, ex-Courlancy) à cette occasion.

La crise accélère les transformations

"La crise Covid a été un accélérateur de transformations", a fait remarquer le président de la CME du CHU, en citant en premier la transition numérique qui s'était opérée à tous les niveaux pour l'établissement ("e-réunion", "e-learning", "e-services", "e-santé", télétravail, etc.).

"Elle a mis en exergue les limites de notre modèle hospitalier, guidé par la spirale mortifère 'rentabilité et performance', obligeant l’hôpital à toujours faire plus avec toujours moins", a-t-il enchaîné.

Interrogée par APMnews/TecHopital sur les enseignements de la crise sanitaire pour son établissement, la directrice générale a répondu que le CHU était encore en train d'évaluer ses "répercussions".

Elle a toutefois indiqué que cette crise avait mis en lumière la nécessité de se doter de "réserves sanitaires pour faire face à des afflux massifs de patients pendant des mois, en termes de lits et en termes de ressources humaines pour les armer".

Elle a donc affiché son intention d'intégrer dans le projet architectural du second bâtiment "une trentaine ou une quarantaine de chambres" individuelles qui soient suffisamment spacieuses pour accueillir un second patient "en période de tension".

gl/gdl/ab

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