Une question ? Appelez le 01 48 06 54 92

 

TecHopital.com

 

https://www.pall.com/en/medical/landing/20-years-fr.html?utm_source=techopital&utm_medium=banner&utm_campaign=20-years-fr

Le conseil national d’anesthésie-réanimation publie des recommandations pour une "réanimation éphémère"

Crédit: Shutterstock
Crédit: Shutterstock

PARIS, 7 juillet 2020 (TecHopital) - Le conseil national professionnel d’anesthésie-réanimation a publié le 25 juin un guide d'aide à la mise en place d'une "réanimation éphémère", afin d'aider à la mise en place de nouveaux lits de réanimation, en cas d'une seconde vague d'épidémie.

"Lors de l’épidémie Covid, en moins de trois semaines, les 5.432 lits de réanimations que compte la France ont été doublés, ce qui n’avait encore jamais encore été mis en œuvre. Ainsi, au pic de l’épidémie, 7.148 patients Covid en situation critique étaient hospitalisés dans une structure de réanimation en plus des patients souffrant de pathologies non Covid", explique le conseil national professionnel d’anesthésie-réanimation et médecine péri-opératoire (CNP ARMPO) dans son document de 52 pages intitulé "Guide d'aide à la mise en place et à la gestion d'une réanimation éphémère".

"Face à la situation extrêmement brutale et complexe de l’accueil synchrone de très nombreux patients en situation critique […], les établissements de santé, publics et privés ont dépassé les rigidités qui leur sont habituellement prêtées, et démontré une remarquable élasticité dans l’offre de soins de réanimation", complètent les auteurs.

En lien avec le service de santé des armées (SSA), la Société française de pharmacie clinique et le CNP médecine d’urgence, le CNP ARMPO a donc souhaité modéliser ce concept de "réanimation éphémère" en publiant un guide dont l’objectif est de "fournir aux professionnels et aux établissements des éléments généraux et pratiques pour préparer et conduire au mieux l’ouverture de réanimations éphémères si cela s’avérait à nouveau nécessaire".

Comment armer de nouveaux lits ?

Le guide précise que des contraintes architecturales doivent être prises en compte avant l'ouverture d'une unité éphémère. Les auteurs mentionnent ainsi:

  • les modalités de ventilation avec "l’inversion des flux dans les blocs opératoires, avec si possible un flux d'air négatif sinon neutre"
  • la définition d’un circuit matériel, soignants et patients contaminés (entrée/sortie, sas d’habillage et de déshabillage pour les personnels). "Il faut explorer la possibilité de construction de cloisons légères facilement démontables".
  • la surface minimale pour un emplacement de réanimation pourrait être de 15 m²
  • effectuer le relevé des prises murales d’oxygène, d’air et de vide pour chaque emplacement et tester leur bon fonctionnement avant ouverture avec tous les respirateurs en fonction. L'aspiration doit être vérifiée pour s’assurer de la fiabilité du réseau de fluides médicaux qui n’est pas toujours dimensionné pour un capacitaire élevé.

Pour gérer les contraintes matérielles, les auteurs du guide préconisent entre autres de désigner un référent biomédical pour la structure. "Le parc d'équipements biomédicaux doit être le plus uniforme possible surtout pour une utilisation par du personnel néophyte. Il convient également d'assurer la traçabilité de la provenance du matériel emprunté ou redistribué."

L’équipement pour un emplacement de soins critiques comprend notamment un respirateur, 2 aspirations, un scope multifonction, une pompe de nutrition, une pompe de perfusion, 4 pousse-seringues et 2 pieds à perfusion.

Les principaux points de vigilance

"Tout établissement doit procéder à une analyse préalable de ses locaux potentiellement aménageables en soins critiques éphémères et répondant au plus près aux recommandations favorisant notamment les chambres individuelles et la proximité du plateau technique et des réanimations pérennes", soulignent les auteurs du guide.

Il convient de prééquiper ces structures (précâblage, fluides, etc.) et définir les conditions d’utilisation (circuits patients, etc.). "Les principes généraux guidant cette démarche sont : modularité, extensibilité, réversibilité."

Il est nécessaire d'établir avec le service biomédical un inventaire du matériel stratégique au sein de l’établissement dont la localisation est précisément connue : respirateurs, matériel d’épuration extra-rénale, échographes, pousses-seringues électriques notamment. Il est préférable de favoriser l’homogénéité du matériel.

En ce qui concerne les médicaments et dispositifs médicaux (DM), "il faut prévoir avec la pharmacie à usage intérieur (PUI) une réserve de médicaments et DM permettant de répondre à un nombre de patients prédéfini. Il est important de disposer de check-lists pour équiper une chambre de réanimation éphémère et de protocoles de soins et de prescription identiques à ceux des réanimations pérennes".

En ce qui concerne le personnel médical, l’équipe doit être "constituée des médecins travaillant habituellement en réanimation pérenne (anesthésistes-réanimateurs et 'intensivistes') et des anesthésistes réanimateurs venant des secteurs interventionnels". "La coordination médicale doit être étroite entre toutes les unités de réanimation (pérennes et éphémères) et les liens territoriaux doivent intégrer les structures publiques et privées."

En ce qui concerne le personnel soignant, avant l’ouverture de ces structures éphémères, il est nécessaire d'assurer une courte formation des personnels venant en appui dans les locaux éphémères. Les auteurs recommandent de constituer des équipes formées d’infirmières diplômées d'Etat (IDE) de réanimation d’une part, et d’infirmiers anesthésistes (Iade), d'infirmiers de bloc opératoire (Ibode), de soignants non formés à la réanimation, d’autre part. Il convient d'"assurer la stabilité dans le temps des personnels pour favoriser l’émergence d’équipes opérationnelles et fonctionnelles".

Les auteurs préconisent d'instituer un ratio de personnels soignants plus favorable. Ainsi en matière d'IDE (1 pour 2 patients) et en matière d'aides-soignants (1 pour 3) "au-dessus du réglementaire, au moins dans la phase de montée en charge. Ils proposent d'élaborer et partager des documents formalisant la doctrine thérapeutique puis son exécution en solutions de soins".

La montée en charge s’effectue selon le programme préétabli par la cellule de coordination. Une ouverture par "blocs" successifs de 5-6 lits est proposée de manière à répondre au plus près à la pression épidémique territoriale.

"Il faut probablement recommander l’admission en réanimation éphémère de patients dont la prise en charge est stéréotypée (comme par exemple les Covid-19). L’épuration extra rénale ainsi que l’Ecmo sont à réserver préférentiellement aux secteurs de réanimation pérenne. Les patients neurochirurgicaux et de cardiochirurgie sont préférentiellement pris en charge en secteur de réanimation spécialisée."

Enfin, il est préférable de "disposer d’une réserve sanitaire composée de professionnels ayant développé et maintenu des compétences en soins critiques notamment pour les personnels infirmiers avec une déclinaison locale au sein de l’établissement et territoriale". Les auteurs soulignent la nécessité "d’un suivi régulier dans le temps tant du point de vue quantitatif que qualitatif (formation continue)".

"Guide d'aide à la mise en place et à la gestion d'une réanimation éphémère"

gdl/ab

Partagez cet article

Il n'y a pas encore de commentaire sur cette publication.
Soyez le premier à réagir

Pour commenter cet article identifiez-vous ou enregistrez-vous si vous ne l'avez pas encore fait
https://www.techopital.com/contact.php
Les offres
Agenda