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Le consortium re-Uni a distribué 400 millions de gants et 17 millions de tests antigéniques aux établissements

Crédit: Shutterstock
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PARIS, 12 mars 2021 (TecHopital) - Le consortium re-Uni, qui a fourni aux établissements de santé 400 millions de gants et 17 millions de tests antigéniques, souhaite désormais pérenniser ses activités en mettant l'accent sur l'achat de qualité, ont souligné le 10 mars Dominique Legouge, directeur du Resah et Bruno Carrière, directeur d'UniHA.

Ils s'exprimaient lors d'une visioconférence intitulée "Consortium re-Uni: quels enjeux, quelles modalités d’accès, quels apports pour les établissements, quels résultats jusqu’aujourd’hui ?", organisée dans le cadre du salon Santexpo Live.

Depuis sa mise en place l'été dernier, le consortium formé par les centrales d'achat UniHA et Resah a acheté 400 millions de gants et fourni 17 millions de tests antigéniques aux établissements de santé et médico-sociaux.

Interrogé sur les effets de la crise sanitaire sur sa centrale, le directeur d'UniHA a expliqué que "cette pandémie a été un extraordinaire stress-test pour nos organisations. Elle nous a poussé à basculer entièrement vers le numérique et nous avons dû inventer une nouvelle relation avec les hôpitaux".

"Au printemps, nous naviguions à l'aveugle. Nous avons détaché 5 personnes auprès du ministère de la santé. Aujourd'hui, nous essayons d'anticiper les prochains besoins", a complété Bruno Carrière.

"Il a fallu assurer la continuité d'approvisionnement des établissements sous tension, trouver de nouvelles sources d'approvisionnement, gérer de nouveaux besoins mais aussi gérer des achats liés à des dons d'entreprises", a expliqué pour sa part le directeur du Resah. "Nous avons mis en place des flashs infos spécifiques Covid pour nos adhérents et avons apporté un appui aux agences régionales de santé (ARS) et aux groupements hospitaliers de territoire (GHT) dans la distribution des équipements de protection individuelle (EPI)", a-t-il complété.

Le Resah a également mis à disposition de la direction générale de l'offre de soins (DGOS) des pharmaciens pour gérer les pénuries de médicaments pendant la crise. De plus, "nous avons appris à travailler dans l'urgence", a ajouté Dominique Legouge.

Il a indiqué que "le volume des achats du Resah a augmenté de 20% en 2020", représentant un total de "1,5 milliard d'euros" d'achats. "Nous avons continué à produire des gains sur achat à hauteur de 60 millions d'euros sur cette même période", a-t-il précisé.

Une force de frappe établie et installée

"Au printemps nous avons proposé au ministère de la santé que nos deux centrales travaillent ensemble. Dès avril, Resah et UniHA fournissaient les surblouses qui manquaient cruellement aux établissements", a relaté Bruno Carrière.

Le consortium a été officialisé cet été, par la signature d'un contrat entre les 2 organisations. Chaque semaine, une réunion de pilotage est organisée. "Nous avons décidé de nous engager dans une politique d'achats commune d'équipements de protection individuelle (EPI)", a souligné Dominique Legouge.

Le marché des EPI est un "marché très mondialisé où nos interlocuteurs sont des distributeurs", a ajouté le directeur d'UniHA. "Du coup, les risques sont très élevés." Les centrales d'achats sont perçues par les hôpitaux comme "des tiers de confiance en matière d'achats d'EPI dont la qualité n'a pas toujours été au rendez-vous pendant cette crise".

Mais "pour bloquer les équipements, il a fallu faire des avances financières, à hauteur d'au moins 50% du prix final". Les centrales ont donc dû s'adosser à des financiers pour faire ces avances de trésorerie. "Sinon nous n'aurions jamais eu de masques, respirateurs, des gants, etc.", a insisté le directeur d'UniHA.

Aujourd'hui, "nous devenons des interlocuteurs dans des processus de réindustrialisation concernant certains EPI. Nous engageons des discussions avec le ministère de l'industrie, les industriels, etc." Et de citer l'exemple des gants, pour lesquels l'Europe ne compte aucun site de production. L'intégralité de la production vient d'Asie du Sud-Est ou du Maghreb.

"Bercy est en discussion avec un industriel français pour l'implantation d'un projet en France et le consortium est devenu un interlocuteur du tour de table", a précisé Bruno Carrière. Et celui-ci de constater que "le consortium est devenu une force de frappe établie et installée, ce qui ouvre des opportunités que nous n'avions pas jusqu'à présent".

Re-Uni a également participé à la création d'une plateforme de distribution d'EPI afin d'utiliser les stocks stratégiques de l'Etat, en cas de pénurie. Cette plateforme informatique sécurisée appelée Distrilog-santé, et gérée par re-Uni pour le compte du ministère, s'adresse à 30.000 établissements. Elle est adossée à une plateforme logistique située en Seine-et-Marne et a été créée avec le groupe La Poste qui en assure la logistique.

Pour en bénéficier, "les établissements doivent s'inscrire à Distrilog-santé", a précisé Dominique Legouge qui a invité les établissements à "le faire avant les tensions".

Sécuriser les approvisionnements et choisir des produits de qualité

"Pour anticiper les prochaines crises, nous avons eu envie d'interroger toutes nos stratégies d'achats. Le pilotage des achats hospitaliers basé uniquement sur les gains sur achat n'est peut-être pas nécessairement à continuer", a souligné le directeur d'UniHA, avant d'ajouter: "Nous avons également été insuffisamment présents sur la prévention des risques."

"Désormais le prix ne sera plus un facteur déterminant", a complété Dominique Legouge. "Nous resterons très vigilants sur les capacités d'approvisionnement et serons très sensibles à la qualité des produits et à l'intégration des critères sociaux et environnementaux (RSE) dans l'achat de ces produits. L'idée sera de sécuriser les approvisionnements et d'obtenir des produits de qualité."

Quant au choix des gants et des tests antigéniques dans un premier temps, "il faut expliquer que nous avions de véritables opportunités", a indiqué Bruno Carrière. Si le consortium s'est pour l'instant focalisé sur une politique d'achat commune des EPI "on ne s'interdit pas d'aller sur d'autres produits", a confirmé Dominique Legouge

gdl/nc

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