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"Le Covid nous a obligés à penser les espaces autrement" (Stéphane Kirche, CH Chalon-sur-Saône)

Crédit: Gestions hospitalières
Crédit: Gestions hospitalières

PARIS, 17 juin 2020 (TecHopital) - Le Covid-19 a contraint le centre hospitalier (CH) de Chalon-sur-Saône à penser ses espaces différemment, afin de tripler les surfaces de réanimation, a expliqué Stéphane Kirche, directeur de l'innovation au CH de Chalon-sur-Saône lors d'une conférence en ligne sur l'adaptation architecturale de l'hôpital.

"La crise sanitaire que nous avons traversée nous a obligés à faire face à une arrivée massive de patients Covid-19, en multipliant par trois nos capacités d'accueil", a indiqué Stéphane Kirche, directeur de l'innovation et de l'ingénierie biomédicale de territoire au CH de Chalon-sur-Saône, dans le cadre d'un webinar organisé le 11 juin par le magazine "Gestions hospitalières".

Or, au cours des dernières années, "l'hôpital a été rendu plus difficilement flexible du fait d'une concentration des activités et cela au service de l'efficacité des services programmés. Avec le Covid-19, tous ces services programmés se sont arrêtés net. Et les bâtiments hospitaliers ont dû se transformer pour devenir le plus modulables possible", a fait remarquer Jean-Michel Budet, directeur de publication du magazine et directeur d'hôpital honoraire.

"Le Covid-19 nous a obligés à penser les espaces autrement. On nous a demandé de passer de 16 lits de réanimation à 40 lits en une dizaine de jours." Il a fallu "organiser des espaces adaptés aux techniques de réanimation, et à la filière de soins intensifs et sécuriser les soins, tout en accompagnant les soignants à la prise en charge des malades Covid", a complété Stéphane Kirche.

Le défi d'une crise sanitaire est de pouvoir adapter l'hôpital de façon rapide dans des coûts acceptables. "Nous réfléchissions à des projets pour que les activités programmées puissent perdurer, même en cas d'épidémie", a souligné Gérald Berry, architecte associé du cabinet Chabanne. Comment adapter rapidement des locaux, des services, en cas de nouvelle vague ? "Il faut travailler avec des architectes, des urbanistes mais aussi avec des ingénieurs biomédicaux", a-t-il indiqué. "Quand on voit le matériel nécessaire pour la prise en charge d'un patient Covid, il faut se questionner sur les surfaces, des chambres par exemple, pour qu'elles soient plus généreuses."

Un hôpital élastique

Pour donner "plus d'élasticité aux espaces" et trouver rapidement des lieux où l'on pourra implanter des unités Covid, "réfléchir à des entrées différenciées par façade, avec des stationnements de proximité" est nécessaire. "Au niveau de la flexibilité interne, on pourrait envisager une charge au plancher qui pourrait être uniforme entre les plateaux techniques et les zones d'hospitalisation", a fait remarquer Gérald Berry.

"On peut également envisager un surdimensionnement de trémies verticales qui permettrait de rajouter des systèmes de ventilation, des unités de traitement d'air, tout en disposant de prises supplémentaires", a complété l'architecte. Une adaptation à imaginer au plus tôt des études.

"Pour tripler les surfaces de la réanimation, et surtout pour sécuriser les soins, il a fallu dupliquer l'environnement d'une chambre de réanimation que ce soit sur le plan technique et en matière de flux", a témoigné Stéphane Kirche. Il s'agit alors d'intervenir dans des espaces de style "salle de réveil" ou des "salles de bloc opératoire", en ne disposant que d'un minimum d'environnement technique alors qu'il faut accueillir toutes les machines nécessaires à la prise en charge des patients Covid. A Chalon-sur-Saône, "nous avons des locaux réplicables, disposant des mêmes éléments biomédicaux de perfusion, de ventilation, de monitoring, ce qui facilite la prise en charge du patient et la tâche des soignants. Cependant nous avons été obligés de repenser nos circuits, nos espaces, l'isolement de certains espaces pour avoir des accès sans prise de risque".

De plus, il a fallu réaménager un certain nombre de sites pour qu'ils deviennent "des solutions de repli". En effet, "implanter la réanimation en salle de réveil, n'est pas satisfaisant" et cela "pour des raisons de confidentialité". "Nous envisageons plutôt de transformer des espaces d'étage très proches de la réanimation afin d'étendre la réanimation dans le même environnement technique. Nos soins intensifs cardiologiques et nos unités kangourous du pôle mère-enfant, par exemple, pourraient par exemple basculer très rapidement en soins intensifs."

L'hôpital de Chalon-sur-Saône travaille sur les notions de "proximité, de gestion des flux et de capacité à transformer une unité d'hospitalisation en une unité de soins intensifs avec des prises supplémentaires, des prises de courant faible et fort, la possibilité de transformer les portes pleines en portes vitrées, d'installer des caméras pour la surveillance des patients". Au final, il s'agit de pouvoir "doubler notre capacité de réanimation, en dupliquant des espaces tout autour du plateau de réanimation".

Sarah Pellegri, ingénieur en organisation au groupement hospitalier universitaire (GHU) Paris psychiatrie & neurosciences, a présenté le projet de rassemblement des activités de neurochirurgie dans un nouveau bâtiment de l'hôpital Saint-Anne; bâtiment qui sera opérationnel à partir du premier semestre 2023. La surface du bâtiment actuel, qui date des années 1970, n'est en effet pas suffisante pour accueillir les nouvelles activités prévues.

"Chaque étage aura son propre mode de prise en charge. Alors que la gestion des flux, les circulations, les ascenseurs sont actuellement communs, ce ne sera plus le cas dans notre nouveau bâtiment", a expliqué Sarah Pellegri. Ainsi, "des accès différenciés par type de flux", seront mis en place.

Pendant la crise sanitaire, "nous avons dû réfléchir à la dématérialisation de nos services, en intensifiant les téléconsultations, les réunions à distance des professionnels. Pour ce faire, il a fallu s'adapter en renforçant l'équipement informatique", a-t-elle poursuivi.

En matière de gestion les lits, dans le bâtiment actuel, 63% des chambres sont individuelles. Dans le nouveau bâtiment, 95% de chambres le seront. "Sur le capacitaire, nous serons donc plus sereins. Les chambres individuelles permettant d'isoler les patients et de ne pas avoir à réduire nos capacités d'accueil comme nous avons été contraints de le faire pendant l'épidémie."

La surface des chambres est-elle suffisante ?

Les architectes constatent généralement des services avec encore une à deux chambres doubles. Verra-t-on ce chiffre diminuer après la crise sanitaire ? Faut-il augmenter les surfaces des chambres qui font en moyenne environ 20 m², installer des cloisons modulaires entre les chambres ? "Nous réfléchissons à toutes ces questions avec les médecins, les programmistes", a souligné l'architecte Gérald Berry.

L'hôpital a évolué "d'espaces pavillonnaires" vers des" monoblocs regroupés et cloisonnés". "Il faut donc trouver un compromis pour offrir des espaces individualisés en travaillant par filière, par circuit, par parcours patients, en créant des espaces d'accueil, de consultation, comme pour l'ambulatoire qui est un excellent exemple", a fait remarquer le directeur de l'innovation de Chalon-sur-Saône.

Au CHU de Nîmes, le cabinet Chabanne travaille actuellement sur un nouveau bâtiment qui regroupe plusieurs activités dont les maladies infectieuses et tropicales. Un bâtiment fortement connecté au plateau technique et aux unités d'hospitalisation et avec un vaste espace extérieur. "On peut transformer l'unité uniquement en lits Covid", a expliqué Gérald Berry. Une réflexion est donc menée sur ce projet qui sera "modulable, transformable, adaptable".

Vers une spécialisation des sites ?

Enfin, une dernière question a été posée pendant cette conférence en ligne. Plutôt que doubler tous les circuits internes d'un établissement afin de gérer un double flux, ne devrait-on pas spécialiser les sites en concentrant la crise sur certains et en laissant les autres fonctionner normalement ?

"Cela a été un vrai enjeu pendant la période de crise. Les sites pivots avaient en effet tendance à concentrer les filières Covid les plus graves. Les autres flux ont été adressés sur les sites périphériques", a répondu Stéphane Kirche. La gestion d'une crise sanitaire comme celle-ci est donc, aussi, un enjeu territorial. "Un renforcement de la gouvernance territoriale est donc nécessaire avec une forte participation des usagers et des représentants territoriaux", a-t-il conclu.

gdl/ab

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