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Le DG du CHU de Nice déplore un investissement beaucoup trop faible dans les SI hospitaliers

(Par Bruno DECOTTIGNIES, aux universités d'été de l'Anap)

MARSEILLE, 9 septembre 2019 (TecHopital) - Charles Guépratte, directeur général du CHU de Nice, a déploré, le 5 septembre, le faible niveau d'investissement consacré au numérique dans le monde hospitalier, en ouverture des universités d'été de l'Agence nationale d'appui à la performance des établissements de santé et médico-sociaux (Anap), à Marseille.

Il participait à un débat sur le numérique dans le système de santé, qui réunissait également Jean-Marc Blanc, directeur de la fondation Institut méditerranéen des métiers de la longévité (I2ML), Franck Le Guay, directeur général de la société d'informatique médicale Lifen, et Norbert Nabet, directeur général prestations intellectuelles, médias et évènementiel pour le groupe Nehs.

Charles Guépratte a considéré que l'hôpital était en retard sur le reste de la société dans ce domaine, car trop peu accompagné et ne bénéficiant pas assez de ressources.

"Ce qu'on est capable de faire avec un smartphone tout seul chez soi, on n'en fait pas 1% pour l'organisation de l'hôpital, dans son management, parce qu'il y a encore énormément de choses qui ne sont pas finalisées, je pense notamment à la gestion de flux, de flux de patients [...], de flux de ressources [...]. Tout ça est fait à la main", a-t-il dépeint.

"J'ai presque honte de donner mon budget informatique, qui n'est que de 10 millions d'euros [sur un budget de 700 millions d'euros], et il a été multiplié par trois depuis 2016", a-t-il poursuivi, évoquant à titre de comparaison un budget d'investissement "dans le béton" de 50 millions d'euros annuels, et estimant à 20 millions d'euros le budget annuel nécessaire pour "garantir la digitalisation plus rapide de notre système de santé".

"J'estime que les retours sur investissement sont deux, trois, quatre fois plus importants que dans le bâtiment ou les infrastructures, même s'il faut évidemment maintenir en conditions les bâtiments des hôpitaux et les moderniser", a-t-il ajouté.

"On est drogués aux investissements immobiliers [...] je pense qu'il y a un vrai enjeu à essayer de revoir à la baisse nos capacités à construire des cathédrales qui sont obsolètes le jour où elles sont livrées", a-t-il également déclaré, estimant que son propre établissement aurait pu être "amélioré dans sa conception et son design, parce qu'il a été conçu en 2007 pour être livré en 2015, et donc pensé en 2000".

Il a aussi évoqué des systèmes d'information initialement "extrêmement lourds, peu réversibles, sur de l'amortissement là encore décalé par rapport à des notions d'applications" qui peuvent être changées au bout de quelques années, si une solution moins chère et/ou plus efficace se présente.

"Lorsqu'on parle de digital à l'hôpital, ce qui est intéressant c'est d'aller attaquer le métier, et le métier, c'est le soin et c'est les moyens qui permettent de concourir au soin [...]. Il faut beaucoup plus travailler sur la notion de prédictibilité, il faut, avec les algorithmes, avec un certain nombre d'éléments qui sont disponibles dans le dossier du patient, commencer à préprogrammer un certain nombre de gestes techniques et de parcours du patient", a-t-il estimé.

"Aujourd'hui, c'est fait de manière 'silotée' [...] mais on n'a pas d'intelligence qui nous dit, un patient qui rentre aux urgences, où est-ce que je vais le mettre dans 12 heures, quand est-ce qu'il va sortir et quels sont les rendez-vous qu'on va lui faire quand il ne sera plus chez nous?", a poursuivi Charles Guépratte, considérant que c'était là qu'il fallait investir en priorité dans le numérique.

Cela permettrait de "libérer du temps inutilement utilisé", pour les personnels, et d'améliorer la prise en charge du patient via une meilleure gestion de son parcours, estime le directeur général du CHU.

Pour Jean-Marc Blanc, peu importe le niveau de développement technologique, l'important est que les outils répondent intelligemment aux besoins et envies des usagers -sans quoi ils seront voués à être "une tarte à la crème"- et qu'ils soient évalués dans leur usage, chose qui, d'après lui, manque cruellement aujourd'hui en télémédecine.

Un constat partagé par Norbert Nabet, qui a loué le rôle des start-up apportant des solutions "centrées sur l'usage", en opposition aux outils développés par les institutions potentiellement inadaptés s'ils ne prennent pas l'usage en considération.

bd/nc

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