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Le GHT Coeur Grand Est résiste à la vague de Covid-19 grâce à des réorganisations

Le GHT Coeur Est a réorganisé ses capacités en réanimation et ses activités pour faire face à l'épidémie de Covid-19.
Le GHT Coeur Est a réorganisé ses capacités en réanimation et ses activités pour faire face à l'épidémie de Covid-19.

VERDUN (Meuse), 7 avril 2020 (TecHopital) - Les établissements du groupement hospitalier de territoire (GHT) Coeur Grand Est sont parvenus à faire face à la poussée de l'épidémie de Covid-19 en réorganisant leurs activités et leurs équipes soignantes, a-t-on appris le 3 avril au cours d'un entretien avec le directeur des 10 établissements du GHT, Jérôme Goeminne.

"Nous avons réussi à tripler nos lits de réanimation et, pour l'instant, on fait face à l'épidémie alors qu'on est le 3e ou 4e territoire le plus touché du Grand Est", s'est félicité Jérôme Goeminne.

Le GHT Coeur Grand Est rassemble 10 établissements: le CH de Verdun Saint-Mihiel (Meuse), établissement support, le CH de Bar-le-Duc (Meuse), le CHS de Fains-Véel, le CH de Joinville (Haute-Marne), le CH de Montier-en-Der fusionné avec l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) de Sommevoire (Haute-Marne), le CH de Haute-Marne à Saint-Dizier, le CH de Vitry-le-François (Marne), le CH de Wassy (Haute-Marne) et l'Ehpad de Thieblemont (Marne).

Depuis le début de l'épidémie de coronavirus, les capacités du GHT sont passées de 16 lits de réanimation, répartis entre Saint-Dizier et Verdun, à 24 lits de réanimation sur chacun de ces sites, dont 20 lits de réanimation pour les patients atteints du Covid-19 (48 lits au total).

Le GHT Coeur Est a réorganisé ses capacités en réanimation et ses activités pour faire face à l'épidémie de Covid-19.

"Au moment où on parle, ces lits sont occupés à 75%, ça monte mais on a encore un peu de marge", a précisé le directeur du GHT, en ajoutant que le groupement avait parallèlement déployé 250 lits de médecine et d'aval pour les patients atteints du coronavirus, avec un taux d'occupation de 85% le 3 avril.

"On réussit à résister face à la vague parce qu'on s'est réorganisé complètement, on n'est pas encore au pic mais pour l'instant on a la tête hors de l'eau", a-t-il insisté.

"C'est quatre semaines de travail à se réorganiser constamment, en consultant les professionnels, dans une logique territoriale", a expliqué le directeur, en ajoutant "c'est aussi le fruit du travail qu'on conduit depuis 3 ans dans ce GHT, avec cette logique territoriale de coopération entre les établissements".

"On a une cellule de crise GHT toutes les semaines, avec les cellules de crise de chaque établissement qui se réunissent en visio[conférence]", a-t-il développé, "on a regroupé et déménagé des unités, on a changé nos modes de fonctionnement".

Dans un contexte de crise sanitaire, les établissements du GHT ont également coopéré pour répartir les personnels soignants, le matériel (masques, blouses, solution hydroalcoolique), et les médicaments (les molécules de réanimation) sur les différents sites accueillant les patients Covid-19.

Les deux cliniques du territoire pleinement intégrées au combat contre le Covid-19

Le directeur a également salué la solidarité dont on fait preuve les deux établissements hospitaliers privés du territoire. La clinique de la clinique de Bar-le-Duc a ouvert 40 lits d'aval pour les patients Covid-19 et mis à disposition 3 respirateurs au CH de Saint-Dizier, tandis que la clinique de Saint-Dizier a arrêté son activité et mis ses respirateurs et ses personnels à disposition de l'hôpital bragard.

"La poussée continue sur le territoire, et davantage à Bar-le-Duc et Saint-Dizier" a-t-il indiqué, en annonçant que le pic épidémique était attendu pour la deuxième quinzaine d'avril pour ses établissements.

Des tensions mais pas de pénurie d'équipement et de produits

La coopération des 10 établissements du GHT a également évité de connaître des ruptures sur la plupart des équipements (masques, gel hydroalcoolique) et des produits au sein des établissements du GHT.

"La tension qui existe actuellement, c'est sur les surblouses", a indiqué le directeur, "on n'a que deux jours de stock sur l'ensemble du GHT, à chaque fois on s'en sort grâce à des dons d'entreprises et d'association".

"Par contre nous n'avons pas de rupture à 15 jours sur l'ensemble les autres matériels", a-t-il souligné, "on n'a jamais eu de pénurie, on a tenu grâce à une entraide dans la difficulté".

"Sur les molécules de réanimation, on a un stock à quinze jours parce qu'on a le chance d'avoir créé et coordonné le groupement d'achat pharmaceutique régional Grand Est", a expliqué Jérôme Goeminne.

Une organisation managériale pour ne pas sursolliciter les personnels

"Tout ceci nous permet de tenir avec 20% d’absentéisme, en accordant les congés et les RTT de tout le personnel, donc on peut tenir dans le temps", a assuré Jérôme Goeminne, "c'est une solution viable avec laquelle on peut durer quelques mois".

Si le CH de Bar-le-Duc accuse un absentéisme supérieur (25% sur les infirmiers) aux autres établissements du GHT, il l'explique "par le fait que Bar-le-Duc s'est pris une montée en charge rapide des cas Covid avant" que le GHT ne s'organise.

"On a utilisé des heures supplémentaires et ça a un impact sur le personnel, d'où la montée de l'absentéisme, d'où l'importance d'avoir une organisation qui tienne dans le temps et que les personnels puissent poser leurs congés et leur RTT", a martelé le directeur.

Il a indiqué que l'organisation du GHT avait pris en compte un absentéisme prévisionnel de 20% "parce que [les] personnels vont tomber malades comme le reste de la population à un moment ou un autre".

Le GHT a également développé le télétravail de ses agents sur l'ensemble des établissements "dès lors qu'il est possible": "Ça concerne probablement des centaines d’administratifs sur le GHT, ça a été largement déployé."

Le GHT a également fortement réorganisé son activité en gynéco-obstétrique, en réduisant la chirurgie gynécologique sur tous les sites et l'activité du centre périnatal de proximité (CPP) de Bar-le-Duc.

"Ce qui nous permet de tenir les deux maternités, avec les mêmes effectifs, malgré l'absentéisme, et donc avec le même niveau d'activité que s’il n'y avait pas la crise Covid", a expliqué le directeur du GHT.

Il a toutefois reconnu que les téléconsultations n'étaient "pas suffisamment déployées actuellement" sur le GHT, en raison de "problèmes de réseaux sur tout le territoire".

"On était en cours de réflexion et de déploiement avant la crise, ça s'est très peu accéléré pendant la crise", a-t-il ajouté.

gl/gdl/nc

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