Une question ? Appelez le 01 48 06 54 92

 

TecHopital.com

 

https://www.pall.com/en/medical/landing/20-years-fr.html?utm_source=techopital&utm_medium=banner&utm_campaign=20-years-fr

Le GHT de Haute-Loire a misé sur la solidarité pour approvisionner en EPI les établissements pendant la crise

Crédit: CH Emile Roux
Crédit: CH Emile Roux

PARIS, 31 juillet 2020 (TecHopital) - Grâce à un système d'approvisionnement basé sur la solidarité territoriale, l'hôpital Emile-Roux du Puy-en-Velay a fourni, au plus fort de la crise sanitaire, neuf types d'équipements de protection individuelle (EPI) à 250 établissements du département.

"Avec le système solidaire proposé par le centre hospitalier Emile-Roux, établissement support du GHT 43 [groupement hospitalier de territoire de Haute-Loire], vous serez approvisionné toutes les semaines et tous les établissements seront dotés d’équipements de protection. Vous ne manquerez pas de masques." C'est le pari lancé dès le début de la crise sanitaire par le directeur du l'hôpital du Puy-en-Velay, Jean-Marie Bolliet, défendant une politique de santé publique territoriale afin de protéger "l’ensemble des acteurs médico-sociaux, sociaux et sanitaires, publics et privés, institutionnels et libéraux".

Ainsi, 250 établissements sanitaires publics et privés ont pu bénéficier pendant cette période exceptionnelle d'un approvisionnement en équipements de protection individuelle (EPI).

Dès le 10 mars, l'hôpital du Puy-en-Velay a fait un premier recensement des besoins en masques chirurgicaux et FFP2 des Ehpad. Le 12 mars, un premier approvisionnement de l'établissement support vers ces maisons de retraite a eu lieu, a expliqué à TecHopital Eloïse Brossault, directrice des opérations chargée de la logistique et du contrôle de gestion qui a constaté de "fortes tensions" sur certains EPI.

C'est pourquoi, dès le 15 mars, elle a recherché activement des industriels pour créer des filières locales de production sur chaque segment d’EPI en tension.

"La préfecture nous a contactés pour nous dire que des industriels étaient prêts à nous aider en fabriquant des équipements, notamment des surblouses. Des prototypes ont été conçus avant d'être validés par les médecins hygiénistes du CH Emile-Roux. De plus, des rencontres avec des industriels ont été organisées pour réaliser une étude de faisabilité, une estimation de la capacité de production hebdomadaire et du délai de production", a-t-elle indiqué.

Dans le même temps, un réassort à hauteur de 1.000 masques chirurgicaux et 50 masques FFP2 pour les Ehpad a été réalisé. Ainsi, l'hôpital du Puy-en-Velay a utilisé 20% de ses propres stocks de masques pour sécuriser les Ehpad, et ce en anticipation des dotations de l’Etat". Une répartition équitable mais flexible des produits a été mise en place. Les produits ont été distribués en fonction des besoins de chaque établissement.

"Nous étions en constante recherche de solutions et d’anticipation", poursuit la directrice des opérations. Au final, "neuf produits différents ont été proposés au territoire: masques chirurgicaux, masques FFP2, surblouses, solutions hydro-alcooliques, tabliers, gants, masques bleus, sacs hydrosolubles, visières", a souligné la directrice des opérations du CH.

Et 9 Ehpad privés de Rhône-Alpes, identifiés par la Fédération hospitalière de France (FHF) comme particulièrement en difficulté, ont pu bénéficier d’un circuit d’approvisionnement en surblouses spécifique mis en place en 12 heures.

En ce qui concerne le financement, "nous avons constaté qu'il n’était pas possible de faire des conventions avec les 250 établissements pour acheter les produits directement par le CH Emile-Roux. C’est pourquoi nous avons contacté le conseil départemental, collectivité locale autonome, afin qu’il puisse faire fonction de centrale d’achat. Ce dernier a répondu présent et le département a été un acteur pivot du succès."

Ensuite, pour acheminer les équipements produits par les industriels, "nous avons utilisé le Sdis 43 [service départemental d'incendie et de secours] comme transporteur de l’entreprise au magasin général du CH-Emile Roux".

Ainsi, tous les vendredis, la plateforme du GHT 43 réceptionnait et distribuait aux établissements les produits des industriels et ceux provenant de Santé publique France (SPF).

Au total, 4 zones de stockages différentes et sécurisées ont été mises en place pour sanctuariser le volume important d’EPI. La sécurisation du site de délivrance a été assurée, après accord de la préfecture, par le 68e régiment d’artillerie de La Valbonne (Ain) qui est intervenu tous les vendredis pendant 6 semaines pour assurer la protection des stocks et des professionnels sur place.

Des outils numériques développés pendant la crise

Autre facteur important du succès, des outils numériques spécifiques ont été développés par l'ingénieur logistique du GHT. En effet, en 2018, l'hôpital Emile-Roux a répondu à un appel à projets sur la logistique de territoire de l'agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes. Ce qui lui a permis d'être soutenu financièrement par l’ARS pour le recrutement d’un ingénieur en logistique. Ce dernier a développé des outils simples mais automatisés de suivi des approvisionnements. Il s'agit de:

  • une plateforme numérique de recensement des besoins et de l’état des stocks
  • une application mobile de gestion des stocks dans des 3 zones de stockage (pour les magasiniers)
  • une application d’extraction des besoins (base de données) et de production des bons de délivrance hebdomadaire
  • un outil de pilotage permettant un suivi des indicateurs très fin (délai de pénurie en jours etc.).

Vers une pérennisation du système

"La mise en place d’une logistique globale, c’est-à-dire du recensement des besoins à l’approvisionnement des établissements et structures de santé sur un territoire par les GHT non pas en flux tendu mais en 'recomplètement' hebdomadaire, permet de fédérer l’ensemble du territoire autour d’un système solidaire", a fait remarquer Eloïse Brossault.

Cette logistique "créée une organisation et une répartition équitable mais flexible des produits aux établissements, adaptée à la gestion de crise. A savoir que chaque établissement est acteur du système solidaire grâce à une juste adaptation des besoins par établissement et priorité de délivrance des produits aux établissements ayant un stock insuffisant."

Elle génère aussi un système économe adapté aux besoins de chaque établissement permettant d’anticiper d’éventuelles nouvelles crises: réponse à la problématique de conformité des masques, recherche de filière locale de production, etc.

De plus, tous les établissements ont un stock de sécurité d’une semaine de fonctionnement. "L’impact psychologique de ce stock "dormant" est fort pour les directeurs", estime-t-elle.

Actuellement, une réflexion est en cours sur la mise en place d’une centrale d’achat de territoire via un groupement de coopération sanitaire (GCS) ou une association. "Nous envisageons le passage d’une centralisation des stocks en période de crise à une décentralisation des stocks via plusieurs magasins relais sur les différents établissements, de manière pérenne", a rapporté Eloïse Brossault.

gdl/nc

Partagez cet article

Les dépêches liées à cette information

Il n'y a pas encore de commentaire sur cette publication.
Soyez le premier à réagir

Pour commenter cet article identifiez-vous ou enregistrez-vous si vous ne l'avez pas encore fait
Les offres
Agenda