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Le GHU Paris psychiatrie & neurosciences crée une équipe de transports sanitaires de territoire

Crédit : Geneviève De Lacour
Crédit : Geneviève De Lacour

(Par Geneviève DE LACOUR aux Journées de formation de l'ARTLH)

SAINT-LO (Manche), 18 juin 2019 (TecHopital) - Un projet de réinternalisation d'une équipe de transport sanitaire de territoire a été mis en place au sein du Groupe hospitalier universitaire (GHU) Paris psychiatrie & neurosciences, pour améliorer la prise en charge des patients, optimiser les ressources et réduire les dépenses, a expliqué le 14 juin la directrice de la logistique du GHU, Adeline Girardot, lors des journées de l'ARTLH.

Le projet présenté à Saint-Lô, lors des journées d'études et de formation de l'Association nationale des responsables des transports et de la logistique à l'hôpital (ARTLH), a reçu le prix du public dans le cadre des trophées de l'innovation de l'association.

Il a été récompensé pour l'"approche stratégique et humaine du transport des patients en psychiatrie" mise en place par le GHU qui regroupe les hôpitaux franciliens spécialisés en psychiatrie de Sainte-Anne, Perray-Vaucluse et Maison Blanche.

Auparavant, une part importante des prestations de transports sanitaires était externalisée, a rapporté Adeline Girardot. "Les équipes internes étaient un peu isolées et pas forcément près des patients. Certains ambulanciers ne faisaient quasiment plus de transport de patients, ne réalisant presque que du transport de sang ou du courrier", a-t-elle détaillé.

"Nos ressources étaient mal réparties sur le territoire avec une équipe d'ambulanciers positionnée à 30 kilomètres des patients. En analysant les données, nous avons découvert que nous souffrions d'un manque d'organisation, puisque certains transports réalisés par les équipes internes étaient finalement directement remboursés par l'assurance maladie", a-t-elle expliqué.

A également été constatée une mauvaise réponse des prestataires privés, qui n'intervenaient pas assez rapidement. "Ils ne pouvaient intervenir que dans les 3 ou 4 heures, là où en psychiatrie, une intervention dans l'heure est souvent nécessaire", a-t-elle précisé.

Pour répondre à la "non-adaptation des prestataires privés" entraînant une rupture de la chaine de soins et le report des consultations, la directrice de la logistique a donc décidé de réinternaliser une grande partie du transport sanitaire du GHU, en constituant une équipe sanitaire de territoire de 15 ambulanciers.

Mise en valeur de "talents internes" pour la régulation

Le premier objectif de ce projet, initié en 2015, était d'apporter "une meilleure prise en charge" par des ambulanciers formés à la prise en charge de patients psychiatriques, mais aussi d'"optimiser les ressources", de "maîtriser les dépenses", de "professionnaliser le service" en leur apprenant la réglementation, et enfin d'"harmoniser les pratiques" sur l'ensemble du territoire.

Afin de constituer une équipe centralisée, il a fallu réaliser "un énorme travail de management pour transformer les organisations", la première étape étant de faire adhérer le personnel au projet. "Nous avons régulièrement réuni l'ensemble des ambulanciers pour qu'ils apprennent à se connaître." Cette période d'échanges et de mise à plat des pratiques a duré six mois, avec une réunion par mois.

Autre action forte, "nous avons décidé d'harmoniser par le haut le remboursement des frais de déplacement pour montrer aux ambulanciers notre envie d'adhérer au projet", a souligné la directrice de la logistique.

Une fois cette phase d'échanges accomplie, une nouvelle organisation a été créée et des regroupements géographiques ont été opérés. Collectivement, il a été décidé d'étendre les amplitudes horaires, pour "dépasser les 9h-16h". "Ces changements sont venus du personnel", a insisté Adeline Girardot.

La peur de l'externalisation totale des transports, une peur "bien présente dans le système hospitalier", les a en effet motivés: "Si on veut garder notre activité, il faut qu'on s'adapte aux patients, ont fait remarquer les ambulanciers."

Une régulation commune a également été mise en place pour les trois sites du GHU, Sainte-Anne, Perray-Vaucluse, et Maison Blanche, ainsi qu'un marché commun pour faciliter cette régulation. Des procédures communes ont été instaurées. Un important travail de communication avec les services de soins a été mené afin de faire des "rappels sur les transports sanitaires et notamment sur les remboursements, avec un bon retour, puisque c'était une demande des services de soins d'avoir une meilleure qualité de service".

Cette réorganisation a permis enfin de "mettre en valeur des talents internes pour la régulation".

30% de dépenses en moins

Résultat, "nous avons regroupé les ambulanciers au plus près des patients, c'est-à-dire sur le site principal de Saint-Anne. Nous avons amélioré la prise en charge des patients, avec une diminution de 50% du nombre d'évènements indésirables recensés sur quatre ans", a affirmé Adeline Girardot.

De plus, avec la mise en place de la régulation, "nous avons pu réduire les déplacements de 15% et les dépenses de 30%. Et ainsi, nous faisons moins appel aux prestataires privés."

Le département de la logistique envisage maintenant de poursuivre la professionnalisation du service, grâce à la "mise en place d'un logiciel de régulation".

Adeline Girardot prévoit également, "à la demande des services de soins", précise-t-elle, de mettre en place une astreinte pour les jours fériés et la nuit. Et après analyse économique, "nous avons décidé de mettre en place cette astreinte en interne".

Enfin, "nous envisageons une fusion avec le service de brancardage de Sainte-Anne, ainsi que l'achat de véhicules électriques hybrides", a-t-elle ajouté.

Des patients moins stressés

"Nous avons pu constater les bienfaits de cette nouvelle organisation avec des patients reconnaissant les ambulanciers qui les prennent en charge et qui sont donc plus décontractés pour leur consultation", a aussi affirmé la directrice de la logistique.

En ce qui concerne l'article 80 et la réforme des transports sanitaires, "nous nous adaptons", a déclaré Adeline Girardot. "Nous avons décidé de recruter deux personnes supplémentaires."

"Après la mise en place de ce nouveau dispositif, nous avons réalisé une étude sur une année complète, en comparant les coûts de notre équipe interne avec ceux d'une prestation externe. Et nous avons pu prouver que nous étions plus compétitifs". Ce qui a convaincu la direction, "qui est maintenant moteur du projet", a-t-elle fait remarquer.

gdl/vl

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