Une question ? Appelez le 01 48 06 54 92

 

TecHopital.com

 

Le matériel médical réformé de plus en plus recherché

PARIS, 22 février (Direct Hôpital) – La reprise et le reconditionnement de matériel médical réformé décolle en France. Il peut être source de recettes à la vente et pourquoi pas à l'avenir d'économies à l'achat pour les établissements de santé.

Un appareil d'imagerie médicale peut fonctionner pendant une quinzaine d'années. Vous en trouverez pourtant rarement de si anciens dans les hôpitaux français. "L'Etat incite à un renouvellement très rapide du parc, en réduisant de deux tiers les remboursements d'examens réalisés sur des scanners de plus de cinq ans ou des IRM de plus de sept ans", s'étonne Patrick Marie Roussel, gérant de LBN Medical France, filiale française créée en 2012 de l'entreprise danoise de reconditionnement de matériel d'imagerie.

Ce rapide renouvellement est pour LBN "un grand vivier de matériel en bon état, puisqu'à 99%, il était accompagné d'un contrat constructeur", ajoute le gérant. La société rachète donc ce matériel aux établissements qui s'en débarrassent, avant de le revendre à l'étranger. "C'est à la fois écologique et économique pour les hôpitaux", résumait Mehdi Smail, pdg de la maison-mère LBN Medical, lors du salon Hôpital Expo 2012.

Outre son activité de broker (courtier), qui consiste à simplement racheter et vendre les appareils, LBN dispose d'un atelier pour les réparer et les reconditionner. "Les acheteurs achètent ainsi des machines aux dernières normes, pour un prix divisé au minimum par deux", assure Patrick Marie Roussel. Des clients principalement étrangers: pour l'instant, les quelques acheteurs français d'IRM de seconde main sont surtout des centres de recherche en agroalimentaire  et des cliniques vétérinaires.

L'autre grand acteur français du secteur, Sogemed, réalise lui-aussi 80% de son chiffre d'affaires à l'étranger.

Ses pratiques diffèrent de celles de LBN Medical ou des courtiers traditionnels, qui rachètent les appareils à un prix fixe aux établissements. "Nous sommes une société  d'optimisation de parc", explique Gäel Givre, son fondateur. Après avoir récupéré le matériel – du générateur de dialyse à l'IRM, en passant par les pousse-seringues – la société le revend au meilleur prix et travaille ainsi aux résultats financiers, les intérêts des établissements et de Sogemed étant liés. Sogemed a donc pour leitmotiv de fournir une solution complète et adaptée aux établissements de soins.

"Nous sommes dans une logique de partenariat, affirme le chef d'entreprise. On travaille avec les établissements pour trouver les meilleures solutions financières adaptées au matériel qui sort. Par exemple, nous sommes actuellement sur une fermeture de clinique. Au lieu de voir le matériel détruit, disparu, etc., nous le récupérons, le stockons et le revendons dans le monde entier, avec une rétrocession très significative pour l’établissement."

Dotée d'un espace de stockage de 3.000m² près de Lyon, Sogemed souhaite accélérer son développement. Elle a ainsi annoncé en janvier une levée de fonds d'1,5 million d'euros auprès de de Sigma Gestion. Ces fonds permettront de financer la forte croissance de l'activité et d'accélérer le sourcing du matériel médical réformé tout en structurant ses équipes commerciales et techniques.

Sogemed peut s’occuper de recycler le matériel récupéré, peut également procéder à une révision cosmétique  et technique  (peinture, etc.) selon les besoins des clients. Pas question néanmoins de lésiner sur la qualité: "On s'appuie sur les services biomédicaux des établissements de santé, qui ont une gestion informatique de leur parc et connaissent son état", précise Gaël Givre.

Lancée en 2009, la société est rentable et a pour objectif de doubler son chiffre d'affaires en 2013. Dans le même temps, LBN Medical France va développer son activité de vente dans les pays francophones. Pour les deux sociétés, les problématiques financières des hôpitaux ne peuvent que les inciter à  se tourner  vers ce type de prestations. Et à peut-être se lancer dans l'achat de produits d'occasion ? "Il n'est pas sûr que la logique française de renouvellement rapide du matériel lourd soit celle qui s'impose en Europe", glisse Patrick Marie Roussel. /mb

Partagez cet article

Il n'y a pas encore de commentaire sur cette publication.
Soyez le premier à réagir

Pour commenter cet article identifiez-vous ou enregistrez-vous si vous ne l'avez pas encore fait
Les offres
Agenda