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Le patient, victime collatérale des problèmes de synchronisation à l'hôpital

L'Agence nationale d'appui à la performance des établissements de santé et médico-sociaux (Anap) a organisé lundi 16 janvier, au Sénat, un colloque sur comment "soigner le travail d'équipe dans l'intérêt du patient".

A cette occasion, des professionnels de santé ont échangé, dans le cadre d'une table-ronde, sur: "le patient, victime collatérale de l'insuffisante coordination au sein de l'équipe médico-soignante".

Roselyne Vasseur, directrice des services aux personnes âgées de la ville de Paris et responsable de la qualité des soins dans les Ehpad a souligné le manque de formation du personnel sur "comment apprendre à travailler ensemble".

"A l'hôpital, on a tendance à se concentrer sur le coeur de métier. Et l'organisation est uniquement abordée par le biais des dysfonctionnements. Ce qui n'est pas bon."

Selon Véronique Ghadi, chef de projet à la Haute autorité de santé (HAS), le travail en équipe a un impact important sur le traitement, le patient et sa guérison. Elle estime à 15% les erreurs liées aux problèmes de désynchronisation du travail en équipe.

Un patient en insécurité

Véronique Ghadi a évoqué la notion de "maltraitance ordinaire". "S'il existe un dysfonctionnement du travail en équipe, c'est très anxiogène pour le patient. Or, des propos contradictoires, un manque d'accompagnement du patient sont autant de signes que l'équipe ne va pas bien", a-t-elle précisé.

Un ressenti confirmé par Valérie Chigot, directrice de Renaloo, une association de patients, qui a expliqué lors de ce colloque que "les tensions dans les équipes sont très bien ressenties par les malades qui peuvent avoir l'impression d'être pris en otage. Ce qui accentue leur sentiment d'insécurité".

Des dysfonctionnements qui aboutissent parfois en justice

Michel Schmitt, chef de pôle imagerie médicale au groupement hospitalier Centre Alsace, également expert judiciaire près de la Cour d'appel de Colmar, a expliqué que "lorsque ces dysfonctionnement aboutissent en justice, au pénal, l'expertise montre que les problèmes ont pour origine des conflits dans l'équipe, des non-dits, une désorganisation, un déficit de communication, ou une méconnaissance des différents métiers."

Ces cas de dysfonctionnements graves "sont aussi l'occasion de découvrir que les informations étaient présentes et que l'accident aurait pu être évité. Des problèmes qui peuvent arriver dans des équipes médicales très compétentes", précise le radiologue du GH Centre Alsace.

Améliorer la formation

Les intervenants de cette table-ronde ont tous souligné l'importance de la formation des encadrants. "Il faut revoir le mode de sélection des praticiens ainsi que leur formation. Il faut qu'ils soient aptes à l'humain, qu'ils soient formés à l'humain," a expliqué Michel Schmitt.

"Un binôme managérial serait l'idéal", a précisé Roselyne Vasseur. "Nous n'avons plus les moyens de faire sans cet aspect organisationnel", a-t-elle insisté avant d'ajouter : "le cloisonnement entre le médical et le paramédical est un véritable problème."

Pourtant, "tout ne va pas si mal à l'hôpital", a voulu rappeler Michel Schmitt. Mais surtout, "il faut faire de l'hôpital un lieu de progrès."

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