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25/11/2019
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Le personnel du CHU de Grenoble s'investit de plus en plus dans le tri des déchets (SERD 2019)

Crédit : CHU de Grenoble
Crédit : CHU de Grenoble

GRENOBLE, 25 novembre 2019 (TecHopital) - Avec ses 30 filières, le CHU de Grenoble multiplie le recyclage et la valorisation des déchets en s'appuyant sur un personnel très motivé pour améliorer le tri dans les différents pôles, ont expliqué le 20 novembre à TecHopital, Camille Devroedt, ingénieure en développement durable et Olivier Di Rago responsable environnement de l'établissement.

"Le tri des déchets est un enjeu qui parle aux soignants, au personnel médical, qui ont de plus en plus envie de s'investir. Je suis impressionnée par leur volonté de s'engager. Il y a 3 ans, c'était beaucoup moins prégnant. Aujourd'hui c'est devenu un enjeu", a expliqué Camille Devroedt, ingénieure en développement durable interrogée par TecHopital.

Pour répondre à cet enjeu, le CHU de Grenoble va mettre en place un Copil développement durable et multiplie les initiatives et les filières de tri. Alors qu'en 2008, il n'existait que 3 filières de tri : une pour les déchets d'activités de soins à risque infectieux (Dasri), une autre pour les ordures ménagères (DAOM) et la dernière pour les cartons, aujourd'hui l'établissement grenoblois en compte 30.

"Beaucoup d'unités ont constitué des groupes de travail autour du développement durable spécifiques à leur activité (neurologie, restauration, anesthésie-réanimation, etc.)", a complété l'ingénieure.

"De 3 filières, nous sommes passés à 30 avec une traçabilité sur chaque filière : une traçabilité de producteur sur le risque chimique (chaque laboratoire a une carte de production), une traçabilité en matière de poids, de tonnage, de date et d'heure d'incinération pour les Dasri, mais aussi pour les ordures ménagères, le carton et papier. Cela permet de vérifier qu'il n'existe aucun problème de tonnage", a expliqué Olivier Di Rago, responsable environnement, en charge des déchets infectieux, nucléaires, chimiques et biologiques.

"En 2008, quand j'ai repris l'activité, le volume de déchets infectieux s'élevait à 1.280 tonnes. En 2018 sur 10 mois, nous n'enregistrons plus que 300 tonnes, pour un coût de traitement de 850 euros la tonne", a fait remarquer le responsable environnement. Pour réduire ce volume, "je me suis rendu dans les services pour ouvrir les sacs et trier avec le personnel".

"Il faut constamment former, sensibiliser le personnel. En ce moment nous organisons des petits cours de sensibilisation de 30 minutes par groupe d'une dizaine de brancardiers ASH en leur expliquant la différence entre OM et Dasri, la différence de coût, d'acheminement, et pourquoi nous leur demandons de faire le tri", a détaillé Camille Devroedt. "Nous essayons d'être transparents, en partant du principe que c'est en expliquant le pourquoi du comment que le personnel sera à même de participer", a-t-elle complété.

Sur la définition des Dasri, "nous avons organisé une réunion entre le personnel médical, les hygiénistes et l'équipe développement durable. Suite à la caractérisation d'un sac de déchets infectieux, nous nous sommes mis d'accord sur les différents types de déchets rencontrés et avons mis au point un poster qui liste tous les éléments et dans quelle filière ces déchets partent", a expliqué Olivier Di Rago.

Ces posters sont affichés dans les salles de pause et diffusés le plus largement possible. Par exemple, "la charlotte, la blouse, les gants en latex ne sont pas des Dasri et ne doivent pas se retrouver dans les bacs jaunes. Il faut donc replacer le risque là où il existe vraiment. Il est clair que le risque zéro n'existe pas", a-t-il ajouté.

Un traitement très innovant des effluents biologiques

Pour traiter les effluents biologiques, un évapo-concentrateur a été mis en place, il y a un an, au niveau du l'institut de biologie-pathologie. "Il traite des effluents mortuaires, très chargés en sang." Il permet de réduire grandement le risque biologique en diminuant de 95% les rejets journaliers. Le traitement par évapo-concentration consiste en une montée en température, avec un chauffage à 127°C pendant une heure pour un traitement qui dure au total 16 heures. L'eau qui en ressort est à pH neutre mais à 80 °C.

Le traitement des effluents radioactifs a lieu sur deux sites du CHU. L'iode 131, utilisé pour le diagnostic, est neutralisé par stockage en cuves, avant rejet dans le réseau. Les installations de stockage et le contrôle de la radioactivité ont été modernisés. "Nous avons intégré un système qui permet de mesurer la décroissance radioactive en direct et en continu. On peut manipuler la sonde sans aucun risque de contamination pour les personnes compétentes en radioprotection (PCR)", a expliqué le responsable environnement.

Une économie circulaire se met en place

En matière de limitation des achats, des systèmes d'économie circulaire ont été mis en place. Ainsi, une "meublothèque" permet de recycler ou revaloriser les meubles qui ne sont plus utiles à un service mais peuvent l’être à un autre.

Le CHU vend également du matériel sur une plateforme de vente aux enchères appelée "Agorastore" pour des véhicules réformés, du mobilier, des armoires par exemple. "En 2019, cette activité a permis de rapporter 20.000 euros au CHU", a précisé Camille Devroedt.

"Nous avons développé une politique de don pour les excédents alimentaires avec une livraison à la banque alimentaire une fois par semaine."

Du matériel médicalisé est récupéré par l'association "Envie autonomie" qui le retape si besoin et qui en fait bénéficier des personnes sans couverture médicale.

Plus de 400.000 euros dépensés (hors Dasri) en 2018

Pour les 10 premiers mois de l'année 2018, l'établissement a ainsi dépensé 406.000 euros pour le traitement de ses déchets (hors Dasri). C'est-à-dire essentiellement pour ses ordures ménagères et assimilées, le carton et le papier. "La valorisation financière représente en moyen 20.000 € par an, à cela il faut ajouter le coût en cas de non-traitement, soit une économie de plus de 100.000 € par an", a précisé Olivier Di Rago.

En 2018, l'établissement grenoblois a produit (sur 10 mois) 1.290 tonnes d'ordures ménagères, 250 tonnes de cartons sur 10 mois, 100 tonnes de papiers confidentiels, et 24 tonnes de papiers classiques. Ainsi que, 60 tonnes de films plastiques. La ferraille représente une tonne par mois (10 t sur 10 mois) et comprend tous les dispositifs médicaux : lames de laryngologie, ciseaux, tous ces dispositifs en inox. Un total de 86 tonnes de biodéchets ont été produits sur 10 mois.

A cela il faut ajouter les filières polystyrène, cuivre, câbles, inox, aluminium, pacemaker, palettes (trois filières suivant la catégorie), radio, batteries, plombs, verres, mini-biberon pour la néonatologie, etc. En ce qui concerne les mini-biberons, l’intégralité de la valorisation obtenue est reversée à la recherche contre le cancer du sein chez la femme.

Enfin, "nous essayons d'engager une politique de réduction des déchets plastiques mais les plastiques ne sont pas facilement valorisables. Nous n'avons ni les moyens financiers ni les moyens humains de le faire", a souligné Camille Devroedt. "De plus nous constatons que les fournisseurs n'ont pas suffisamment pris conscience de ce problème pour nous offrir des alternatives. Pour l'instant le plastique reste un problème", a-t-elle conclu.

gdl/ab

Il y a un commentaire sur cette publication

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Rédigé par: hfrancais  le 25/11/2019 à 10:38
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Ancien gestionnaire du sujet dans mon Centre Hospitalier, je me souviens dans les 90's d'avoir travaillé à 3 sur le sujet :
- un responsable des achats ;
- une IDE hygiéniste ;
- le responsable du Service Intérieur.

Nous avions beaucoup travaillé aussi sur la communication et la formation du personnel. Et plus spécifiquement auprès de l'équipe de collectage qui est souvent la première sollicitée à propos d'un déchet.

Cette organisation a aussi permis à TROIS milieux différents (soignants, logistiques et administratifs) d'harmoniser les pratiques et de faciliter les communications.
A partir des 2 filières initiales (DAOM et DASRI), nous avons mis en place des filières spécifiques (D3E, Déchets chimiques de laboratoires, cartons, verre). Mais c'est principalement le manque de place au point de collectage mais aussi sur la dalle logistique qui nous a contraint à limiter les filières.
Un des sujets les plus intéressant à été le travail sur la gestion des déchets radioactifs liés aux patients suivis en radiothérapie.

Le suivi statistiques des masses traitées était très enrichissant avec un bémol cependant, il nous était difficilement de dresser des corrélations avec l'activité dans les divers unités de soins.

Il n'empêche que je garde un excellent souvenir du travail sur ce secteur de compétence qui même s'il n'est pas "glorieux" est extrêmement intéressant.
https://new.abb.com/fr/sante
https://www.ecophon.com/fr/connaissance/hc---noise-affects-quality-of-care/

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