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Le programme national de gestion des lits a donné des résultats significatifs (Anap)

PARIS, 22 décembre 2015 (Direct Hôpital) - Le programme national de gestion des lits a donné, au bout de 18 mois, des résultats significatifs, notamment en termes de réduction du nombre de lits, a annoncé l'Agence nationale d'appui à la performance des établissements de santé et médico-sociaux (Anap), dans un communiqué.

Le programme "gestion des lits" "était une des mesures phares de la 'mobilisation pour les urgences' voulue par la ministre des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes", a rappelé l'Anap dans un communiqué début décembre. "Il a été initié à l'automne 2013 sur proposition du Pr Pierre Carli, président du comité national de l'urgence hospitalière (CNUH)".

Son objectif était de réorganiser le parcours des patients hospitalisés et de fluidifier l'aval des urgences.

Avec l'appui du CNUH, l'Anap en a assuré la conception et la mise en oeuvre au sein des 159 établissements volontaires (hôpitaux publics dont 17 CHU, établissements privés à but non lucratif et cliniques), regroupant un quart des lits et places de médecine-chirurgie-obstétrique (MCO).

Pour ces hôpitaux, le projet "s'est souvent inscrit dans un contexte d'engorgement des urgences, de restructuration, de manque de places d'aval et de problème de démographie médicale, parfois cumulés avec un plan de retour à l'équilibre", observe l'Anap.

Dans un document synthétisant les résultats, elle indique que les actions engagées ont porté essentiellement sur la sortie des patients, la programmation (généralisation de la préadmission, définition de la durée prévisionnelle de séjour pour des séjours programmés...), la visualisation des lits (sur la base d'une évolution des systèmes d'information), le pilotage et l'ajustement capacitaire et/ou des ressources humaines. Dans une moindre mesure, elles ont été également tournées vers la gestion centralisée des lits (par la mise en place par exemple d'un "bed manager"), un travail sur l'aval de l'hôpital, l'adéquation au type de prise en charge, les filières post-urgences et les liens interservices.

Selon le bilan à 18 mois présenté par l'Anap lors de la journée de clôture qui était organisée le 23 novembre, ces actions ont permis un "décloisonnement entre les services cliniques et les urgences", "une régulation des séjours des patients hospitalisés sur la base de durées prévisionnelles" et "une anticipation des sorties, en particulier le matin pour dégager des places pour les urgences".

Il apparaît plus particulièrement qu'en "affinant leur connaissance sur les flux des patients, certains établissements ont adapté leur schéma capacitaire, en réallouant les ressources en lits par discipline ou mode de prise en charge", relate l'Anap dans son communiqué.

573 lits adaptés ou transformés

Un total de 573 lits d'hospitalisation conventionnelle ont ainsi été "adaptés ou transformés", 60% concernant la chirurgie.

Six établissements, dont un CHU, sont à l'origine de 40% de la réduction du nombre de lits d'hospitalisation complète, précise l'Anap.

En chirurgie, 30% des établissements ont réduit leur capacité en lits, ces "réajustements" étant "souvent concomitants avec du redéploiement en ambulatoire". En médecine, 40% des établissements ont modifié leur capacité (dont 30 hôpitaux pour une augmentation, y compris pour redéploiement).

Un quart des établissements ont développé leur capacité d'accueil en ambulatoire (en médecine et en chirurgie), dont ceux qui ont réduit leur capacité en lits mais pas uniquement. "Les autres avaient déjà une capacité d'accueil suffisante pour absorber un développement d'activité", souligne l'Anap qui estime que l'effort doit "se concentrer plus sur l'optimisation de la rotation des places".

Le programme a également touché l'hospitalisation de semaine puisque 20% des établissements ont réduit leurs capacités dans ce domaine (notamment pour les transformer en ambulatoire ou hospitalisation conventionnelle) et 20% autres ont augmenté leur capacité.

Outre la réduction du nombre de lits d'hospitalisation conventionnelle et le développement de l'ambulatoire, l'Anap juge les résultats encourageants au regard de différents indicateurs, notamment l'indice de performance des durées moyennes de séjour (IPDMS) qui mesure l'écart des durées de séjours par rapport à la moyenne de tous les établissements publics et privés (la moyenne étant égale à 1).

Elle relève que l'IPDMS chirurgie est passé de 0,99 à 0,97 (-1,7%) et l'IPDMS médecine de 1,02 à 1,01 (-0,8%). Ces baisses qui sont intervenues alors que la DMS nationale a progressé en 2014, montrent que "les actions concourant à la diminution de la DMS commencent à porter leurs fruits".

Autre résultat satisfaisant: la diminution de 25,6% du taux de transfert depuis les urgences vers un établissement extérieur. Elle traduit une meilleure prise en charge des patients et une meilleure organisation des hébergements et de la visibilité sur les lits, commente l'Anap, contactée par l'APM.

Interrogée par l'APM sur la suite donnée actuellement au programme, l'Anap a répondu qu'il appartenait aux agences régionales de santé (ARS) de prendre le relais et d'utiliser la méthodologie et les outils qui ont été développés.

Elle a également précisé que l'accompagnement était encore en cours dans 14 établissements de métropole jusqu'à mi-janvier 2016 et huit établissements des départements d'outre-mer (DOM) jusqu'en mai 2016.

L'Anap a mis en ligne, sur son site, une publication destinée à aider concrètement les établissements souhaitant s'engager dans une démarche d'amélioration de la gestion des lits. Le tome 2 sera disponible à la fin du premier trimestre 2016.

La saturation des urgences, plus une fatalité

Lors de la journée bilan organisée le 23 novembre, le directeur général de l'Anap, Christian Anastasy, a insisté sur le changement d'état d'esprit qui s'est manifesté durant les 18 mois du programme. "Mieux gérer les lits est devenu l'affaire de tous", a-t-il assuré, reprenant l'expression d'une des équipes hospitalières.

"Vous avez apporté une pierre énorme à un édifice qui n'a plus le même visage aujourd'hui!", s'est exclamé pour sa part Pierre Carli, qui est aussi chef du Samu de Paris. Alors qu'il y a deux ans, les services d'urgence "explosaient de partout", "plus personne ne peut aujourd'hui dire que la saturation des urgences est une fatalité".

C'est ainsi que lors de la dernière épidémie de grippe (en 2014-15), les services de l'AP-HP ont réussi à accueillir 2.000 hospitalisations supplémentaires, s'est-il félicité. Pierre Carli a aussi évoqué les plus de 300 blessés, dont 80 étaient en "urgence absolue", qui ont pu être accueillis dans la nuit du 13 au 14 novembre après les attentats, par plusieurs hôpitaux de l'AP-HP. Grâce au "raisonnement en flux", "des hôpitaux qui étaient totalement pleins dans la journée et qui n'avaient plus de lits vides ont réussi à accepter" tous ces blessés, a-t-il souligné.

san/eh/ab

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