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Le projet Obépine permet de tracer le coronavirus via les eaux usées

Crédit: Shutterstock
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PARIS, 19 mai 2020 (TecHopital) - Il existerait une corrélation entre le nombre de patients Covid-19 hospitalisés et la concentration de virus dans les eaux usées, c'est ce qu'indique une étude du projet Obépine, menée du 5 mars au 23 avril sur trois stations d'épuration d'Ile-de-France, et publiée sur la plateforme Medrxiv.

Le projet Obépine pour "Observatoire épidémiologique dans les eaux usées" est mené depuis deux mois par les chercheurs d'Eau de Paris en collaboration avec Sorbonne Université, le Syndicat interdépartemental pour l'assainissement de l'agglomération parisienne (Siaap) et l'Institut de recherche biomédicale des armées (Irba). Obépine vise à surveiller les eaux usées pour suivre l'épidémie de coronavirus. Le Sars-Cov2 excrété dans les selles des malades se retrouve en effet dans les égouts, entre quelques heures et 3 jours après.

Le projet Obépine a publié un article sur la plateforme de preprint Medrxiv, qui n'a pas fait l'objet de validation par les pairs.

Cette étude française basée sur un suivi réalisé entre le 5 mars, soit avant le confinement, et le 23 avril permet de suivre l'évolution de la charge virale dans les eaux usées.

L'académie des technologies recommandait, fin avril, dans un communiqué de presse qu’une "attention particulière et un soutien financier soient portés à l’amélioration des connaissances sur le devenir, l’élimination, l’inactivation et le transfert du virus Sars-CoV2 via les eaux usées depuis les sources d’émission jusqu’aux points d’usage ou de rejet" (cf brève TecHopital).

Depuis plus de deux mois, les scientifiques analysent les eaux d'une trentaine de sites de traitement, dont plus d'une dizaine sont situés en Ile-de-France. Ils ont été rejoints par des équipes scientifiques de Nancy et Clermont-Ferrand pour suivre certaines stations. Ainsi, ils ont pu constater un lien direct entre l'augmentation du nombre de patients Covid-19 et les traces de virus dans les eaux usées.

Les eaux usées ont été analysées par RT-PCR, comme pour les tests de dépistage virologique afin de détecter le génome viral, ce qui "permet de détecter des quantités infimes de matériel génétique de virus dans l’eau", a expliqué au Figaro Bernard Saunier, expert en génie sanitaire et membre de l’académie des technologies.

Ce suivi du démarrage de l’épidémie permet de donner l’alerte en amont, avant l’apparition de symptômes cliniques chez les personnes infectées, a expliqué à France Inter Laurent Moulin, chargé de la recherche et développement à Eau de Paris, et coauteur de l’étude. "C'est un indicateur très sensible dès le début. Avant même un afflux vers l’hôpital, on a déjà des traces de génome dans les eaux usées. Cet outil nous permet de dire très précocement que l’épidémie démarre. Et peut-être de dire, dans le futur, si elle redémarre."

Le gouvernement apporte son soutien au projet via le Comité analyse, recherche et expertise (Care) mis en place par le chef de l'Etat. Ce comité vient compléter le travail du conseil scientifique dans la lutte contre le coronavirus. Alors que ce dernier donne des avis sur "la gestion de la stratégie de lutte contre l'épidémie, le confinement, le dépistage", le Care "a plus une approche centrée sur l'innovation, les questions scientifiques et technologiques". Composé de 12 médecins et chercheurs, il est présidé par Françoise Barré-Sinoussi, biologiste virologue à l'Institut Pasteur/Inserm.

Eau de Paris, opérateur public qui dépend de la Ville de Paris, a fait les premières recherches sur ses fonds propres avant de postuler à des appels d'offres, dont celui du Care. Et selon le journal Les Echos, l'Etat devrait apporter 500.000 € pour soutenir le lancement du projet. "Il y a beaucoup d'attention sur ce projet", a confirmé au quotidien, Célia Blauel, maire-adjointe de Paris et présidente d'Eau de Paris. "La Ville de Paris regarde dans quelle mesure ce dispositif peut être applicable à l'échelle de l'agglomération", a-t-elle poursuivi. En parallèle, la municipalité travaille sur la question des micro-clusters, à savoir des quartiers, voire des établissements.

La mise en place d'"un suivi quantitatif de la charge virale de Sars-Cov2 dans les eaux usées pourrait améliorer la surveillance de la circulation du coronavirus à l'échelle locale et régionale", concluent les chercheurs dans leur publication. En effet, les tests réalisés sur les eaux usées permettent de prendre en compte de manière anonyme les personnes qui ne développent pas de symptômes de la maladie.

De ce fait, les scientifiques prônent la mise en place d'un véritable réseau de surveillance à grande échelle, pouvant être intégré à un plan de lutte contre l'épidémie. Le réseau, s'il est mis en place, permettra peut-être de prévoir une éventuelle deuxième vague de l'épidémie tant redoutée.

gdl/ab

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