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Les "gestionnaires de lits" vont se généraliser

PARIS, 7 août (Direct Hôpital) – L'Anap accompagnera, à partir de septembre, 150 hôpitaux dans l'amélioration de leur gestion des lits. Plusieurs établissements font déjà appel à des "gestionnaires de lits", mais cette solution doit s'accompagner d'une réflexion plus globale.

Samu-Urgences de France a appelé en mars les urgentistes à arrêter de chercher des lits d'aval à compter du 15 octobre. Réitérant son appel en juin, lors du congrès Urgences 2013, son président Marc Giroud a expliqué que l'aval était ressenti comme la "principale cause des pesanteurs" vécues par les urgentistes.
 
"Confier cette recherche de places à l'urgentiste", laquelle "prend des heures", "n'aboutit pas à de bons résultats et fait fuir les jeunes médecins", a-t-il affirmé en souhaitant un "véritable changement de paradigme" en la matière.
 
Pour tenter de résorber ce problème, la ministre des affaires sociales et de la santé, Marisol Touraine, avait annoncé fin avril que 150 hôpitaux seraient accompagnés par l'Agence nationale d'appui à la performance des établissements de santé et médico-sociaux (Anap) pour améliorer la gestion des lits d'aval.
 
Ces gestionnaires de lits d'aval sont des personnes qui trouvent des services qui vont accueillir des malades des urgences.
 
Une vingtaine d'établissements ont déjà un tel système, à l'instar de l'hôpital Saint-Joseph, à Paris, qui l'a mis en oeuvre en mars 2012.
 
Il s'agissait de lever plusieurs difficultés: des temps d'attente aux urgences importants pour l'admission dans un service, des déprogrammations portant préjudice à la qualité du service et une énergie dépensée très importante. Au total, l'établissement consacrait 113 heures par jour à la gestion des entrées et sorties d'hospitalisation, soit 13 équivalents temps plein (ETP), selon le dossier de presse de l'établissement.
 
Au final, ce sont quatre ETP qui gèrent les lits avec ce service, qui n'est pas situé dans le service des urgences. Ce programme permet de libérer du temps soignant en confiant la coordination de la gestion des lits à une seule personne, de visualiser la disponibilité des lits et d'anticiper les pics et des pénuries d'activité, fait valoir l'hôpital.
 
Les hôpitaux de Lens (Pas-de-Calais) et de Pontoise (Val d'Oise) ont aussi mis en place ce dispositif. Celui de Pontoise explique mesurer particulièrement son efficacité au moment de Noël et à l'occasion des alertes au froid. Les soignantes rendent comptent d'une prise en charge plus rapide des patients, qui évite de transformer les urgences en lieu d'hospitalisation.
 
Mais le gestionnaire de lit, ou "bed manager", ne peut pas faire de miracles. "C'est un outil de gestion prévisionnelle des lits, pas une solution en soi. Il y a énormément de prérequis avant la mise en place d'un bed manager", prévient Emmanuelle Combes, responsable de ce programme à l'Anap. 
 
La première condition est la définition de règles entre les services qui accueilleront les patients et les urgences. Il faut définir quels patients et quelles pathologies pourront être placés dans tel ou tel service, à quelle fréquence et à quelle heure. C'est la raison pour laquelle les gestionnaires de l'hôpital Saint-Joseph, à Paris, ne sont pas rattachés aux urgences.
 
A l'hôpital Bichat-Claude Bernard (Paris), qui vient de lancer une expérimentation, d'autres mesures ont été planifiées, notamment une augmentation des préadmissions et une sortie des patients à 11h plutôt qu'en fin d'après-midi. Ceci afin de libérer les lits plus rapidement.
 
Car sans lits, impossible pour les gestionnaires de placer les patients. La Fédération hospitalière de France (FHF) a rappelé dans un communiqué qu'il ne s'agit que d'une "réponse partielle aux réelles difficultés rencontrées par les équipes d'urgentistes face à l'afflux croissant de patients et aux difficultés de les orienter rapidement, notamment lorsqu'ils sont âgés, vers une unité d'hospitalisation adaptée".
 
Pour la fédération représentant les hôpitaux publics, il est indispensable, en amont des urgences, "de revoir les modalités de participation des médecins libéraux à la permanence des soins, de façon à éviter que les urgences soient le seul lieu d'accueil le soir, en fin de semaine et durant les périodes de congés".
 
En aval des urgences, elle considère que la politique de fermeture de lits doit être "stoppée, afin de préserver en période aiguë des capacités d'accueil des patients en particulier aux plus âgés, en médecine comme en soins de suite". /mb

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