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Les GHT ne doivent pas "fermer des collaborations" avec les autres territoires, met en garde une directrice d'hôpital

BAGNOLET (Seine-Saint-Denis), 31 décembre 2014 (Direct Hôpital) - La constitution des groupements hospitaliers de territoire (GHT), prévue par le projet de loi de santé, ne doit pas être un obstacle à la création ou à la pérennité de coopérations en dehors de ces cadres géographiques, a jugé la directrice du centre hospitalier (CH) de Loire-Vendée-Océan, Frédérique Labro-Gouby, lors des journées nationales du Syncass-CFDT, fin novembre à Bagnolet.

"Même si l'on crée des grands ensembles, ce qui est majeur pour les élus, pour les communautés médicales et les partenaires sociaux, c'est que les projets se construisent dans la proximité", a estimé la directrice.
 
Elle a cité l'exemple de son hôpital qui, dans le cadre d'un projet de téléthrombolyse, a engagé des collaborations avec le CH de référence, celui de La Roche-sur-Yon, mais aussi avec le CHU de Nantes. "Nos équipes se rencontrent, travaillent ensemble [...] et ce qu'elles sont en train de faire changera de façon importante la prise en charge de l'AVC [accident vasculaire cérébral] dans le Nord-Vendée".
 
Les hôpitaux ont "besoin de ces collaborations" avec différents territoires, a-t-elle jugé, ajoutant que les "ressources" circulaient et qu'elles se situaient "sur certains endroits stratégiques".
 
Elle s'est interrogée sur l'égalité de moyens entre les différents GHT, alors que "certains seront consolidés par des CHU" tandis que d'autres n'auront l'appui que de structures plus petites "qui n'auront pas la même capacité d'irriguer en ressources médicales leur territoire".
 
Frédérique Labro-Gouby a également insisté sur la nécessité de garder "une vision et une organisation de la santé horizontale" qui sollicite l'ensemble des acteurs sociaux, médico-sociaux et sanitaires.
 
Elle a expliqué qu'en tant que chef d'établissement, travailler sur ce mode avec les médecins libéraux était sa "préoccupation principale" et une des "nouvelles préoccupations" des chefs d'établissement en général. "Notre objectif aujourd'hui c'est de communiquer avec eux [...] pour garantir la qualité du soin et la réactivité de ce tissu horizontal".
 
Or, "quand on commence à évoquer la question de la coopération [...] on a l'impression qu'on est en train de construire des châteaux-forts", a-t-elle noté, relevant des incohérences entre les démarches actuelles et "l'approche verticale qu'on essaie de faire prévaloir dans le texte" du projet de loi.
 

Un dialogue nécessaire entre établissements et politiques

"La première étape de la coopération, c'est de connaître nos structures réciproquement", a estimé la directrice. Elle a également encouragé au dialogue entre chefs d'établissement et élus, afin que ces derniers comprennent "les enjeux préalables à une recomposition" comme celle planifiée par le projet de loi de santé.
 
Concernant les enjeux économiques, "on ne choisit pas la coopération au moment où les difficultés sont déjà aiguës et la situation délicate", a jugé Frédérique Labro-Gouby. Cette déclaration venait appuyer les propos de Jean-Louis Bonnet, inspecteur général des affaires sociales (Igas), qui regrettait un peu plus tôt que des contraintes financières poussent des établissements à coopérer.
 
"Ce n'est sans doute pas la bonne façon de prendre les choses". "Marier un aveugle à un paralytique n'a jamais donné un individu en bonne santé", a-t-il insisté. D'après Jean-Louis Bonnet, l'amélioration du service rendu à la population de soins doit être le motif premier d'une recomposition.
 
Une fois les partenaires d'accord et le cadre défini, "les outils pour partager l'aspect financier et le co-élaborer seront faciles à mettre en oeuvre", a défendu Frédérique Labro-Gouby.
 
Elle a cependant appelé à la prudence sur "un ensemble d'éléments". A titre d'exemple, elle a expliqué que le CH de Loire-Vendée-Océan était en train de constituer un groupement de biologie médicale. Or, "dans les premières années de la collaboration, on a un coût assez élevé" ainsi que des coûts "cachés assez importants", auxquels s'ajoute l'enjeu de l'accréditation.
 
Le directeur général de l'offre de soins (DGOS), Jean Debeaupuis, a assuré le 20 novembre aux adhérents du Syncass-CFDT que la ministre de la santé, Marisol Touraine, les agences régionales de santé (ARS) et la DGOS seraient "plus que jamais présents" pour les accompagner dans les évolutions à venir.
 
pm/cb/nc

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