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"Les ingénieurs de l'Afib participent à 4 groupes de travail sur les équipements biomédicaux" (Valérie Moreno)

Intervention des ingénieurs biomédicaux lors d’un transfert de malades Covid-19 par TGV, en gare de Poitiers (Crédit CHU de Poitiers)
Intervention des ingénieurs biomédicaux lors d’un transfert de malades Covid-19 par TGV, en gare de Poitiers (Crédit CHU de Poitiers)

PARIS, 2 avril 2020 (TecHopital) - En cette période de crise sanitaire, les experts de l'Association française des ingénieurs biomédicaux (Afib) participent à des groupes de travail sur l'achat d'équipements et de pièces détachées, les impressions 3D, de nouvelles techniques de ventilation ou encore l'optimisation des dispositifs médicaux, a expliqué à TecHopital Valérie Moreno, présidente de l'Afib.

"On entend beaucoup parler de pénurie de respirateurs", moins du rôle des ingénieurs biomédicaux durant cette crise. "En tant que fonction support, nous sommes aux côtés des soignants", a souligné Valérie Moreno.

"En ces moments de tension sanitaire inédite, les ingénieurs biomédicaux participent activement à la gestion de la crise auprès des directions hospitalières et des tutelles et à "l’effort de guerre" sur le plan national", a fait savoir l'association dans un communiqué de presse publié le 30 mars. En effet, par leur expertise technologique, ils travaillent "en appui direct du corps médical et des soignants et constituent une fonction support essentielle à l’hôpital".

Ainsi, les ingénieurs biomédicaux sont quotidiennement mobilisés pour recenser l’ensemble des dispositifs -dont les respirateurs- réaffecter une partie des équipements sensibles aux unités créées dans l’urgence, organiser la continuité de la maintenance, manager des équipes de techniciens de maintenance biomédicale et s’efforcer de maintenir l’approvisionnement en pièces détachées.

"Notre rôle est de recenser le matériel, de le vérifier, assurer la traçabilité, et la maintenance et de réaffecter les équipements, les perfusions, les moniteurs, les hémodialyses, les pousse-seringues, si nécessaire", détaille la présidente de l'Afib. "De plus, nous sommes une communauté assez soudée. Nous nous entraidons, entre les ingénieurs qui travaillent dans de gros CHU, souvent établissements support de GHT et ceux qui travaillent dans des petits hôpitaux, et qui sont isolés dans leur établissement".

"L’ouverture de lits supplémentaires de réanimation ou leur transformation, l’anticipation de l’afflux massif de patients ou encore les approvisionnements en équipements dans un contexte de pénurie mondiale constituent désormais la priorité des ingénieurs biomédicaux. Certains sont mobilisés pour permettre aux opérations inédites de transferts de patients par train, avion ou bateau de bénéficier de l’ensemble des dispositifs adaptés", complète l'Afib dans son communiqué.

L'association, dont l’objectif est de promouvoir et soutenir l’ensemble de la profession en favorisant la réflexion, l'action et la formation sur les thèmes de l'ingénierie clinique et biomédicale, a décidé de recenser les bonnes volontés.

"Ceux qui sont très sollicités dans leur établissement en cette période de crise n'ont pas le temps de répondre aux sollicitions de la direction générale de l'offre de soins (DGOS) et de participer aux différents groupes de travail qui se mettent en place", explique Valérie Moreno. L'Afib se veut donc "une courroie de transmission en lançant un appel aux ingénieurs biomédicaux qui ont un peu plus de temps".

C'est pourquoi l'association a lancé le 30 mars un appel à l'ensemble des ingénieurs ou techniciens, jeunes ou retraités, volontaires qui forment la "réserve biomédicale" (cf brève TecHopital).

Au total, 4 groupes se sont constitués. Le premier, sous l'égide d'UniHa, porte sur l'achat d'équipements ou de pièces détachées. "Un de nos collègues acheteurs qui vient d’être coopté par le pôle sourcing de la cellule de coordination interministérielle logistique et moyens sanitaires (direction de crise Covid-19 de la direction générale de la santé -DGS) y participe". Le groupe se réunit une fois par semaine.

Un second groupe s'est formé autour de l’Agence de l'innovation de défense mais "son travail n’a pas encore démarré". "Cela ne saurait tarder et c’est certainement dans notre réserve biomédicale que nous allons puiser les ressources", estime la présidente de l'Afib. Le travail ne portera pas que sur les respirateurs. Le but est plutôt de trouver de nouvelles techniques de ventilation avec une mise en œuvre facile et rapide.

Un autre groupe de travail sur les impressions 3D de pièces détachées s'est formé. "Nous avons mis en relation nos ingénieurs biomédicaux avec un réseau d’imprimeurs 3D. Ce projet était antérieur à la crise, notamment sur les pièces détachées non critiques, mais il vient de s’accélérer. Ce groupe se réunit une fois par semaine et a pour objectif de réaliser des commandes en urgence d’équipements techniquement validés".

Enfin, le 4e groupe est un groupe de travail constitué par la DGS autour de représentants des sociétés savantes (Sfar, SRLF, Afib) et de pharmaciens qui réfléchissent à l’optimisation des dispositifs médicaux, matériels et médicaments et l’évaluation des besoins. Un membre du conseil d’administration de l’Afib en fait partie. "Ce dernier groupe émettra certainement des recommandations mais je ne connais pas encore leur calendrier de travail", fait remarquer Valérie Moreno.

Comment s'organisent actuellement les achats ?

"Clairement, il existe des tensions sur les commandes de matériel. Nous n'avons par exemple aucune assurance sur les délais de livraison. Les tensions ne se font pas seulement sentir sur les respirateurs mais aussi sur les équipements de perfusion et notamment sur les pousse-seringues", fait savoir la présidente de l'Afib.

Pour faire face à ces tensions, "je pense que la meilleure des réponses est le transfert de patients, l'étalement de la charge entre les établissements".

Actuellement, toutes les commandes passent par les 3 centrales d'achats (UniHa, Resah et Ugap) et ce sont les établissements supports de GHT qui s'en occupent.

Quelques achats sont réalisés à travers des marchés sous condition de l'urgence impérieuse. Il s'agit par exemple "du matériel pour lequel les centrales n'ont pas d'offre, des ventilateurs d'urgence par l'exemple".

Des transferts de matériel sont également organisés sous l'égide des agences régionales de santé (ARS). Et le ministère des solidarités et de la santé a procédé à ses propres commandes, dont il régule la livraison.

A noter enfin que les ingénieurs biomédicaux restent "peu exposés au coronavirus". En revanche, les techniciens biomédicaux, "parce qu'ils effectuent la maintenance des machines, doivent intervenir dans les services de soins" et prendre toutes les mesures nécessaires pour se protéger, a fait remarquer Valérie Moreno.

gdl/nc

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