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Les prestataires industriels de stérilisation espèrent un "effet GHT" pour dynamiser le marché

Crédit: Fotolia/werbefoto-burger.ch
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Les industriels prestataires de stérilisation aux établissements de santé espèrent voir le marché se dynamiser du fait de la constitution des groupements hospitaliers de territoire (GHT) et des mutualisations associées, a constaté APMnews lors des journées nationales d'études sur la stérilisation dans les établissements de santé organisées par le Centre d'études et de formation hospitalières (CEFH) début avril à Lille.

Les trois acteurs du marché, Sterience, MVO et Vanguard Medical, ont pu présenter leur offre lors d'un symposium sur "la prestation de sous-traitance industrielle en stérilisation aujourd'hui" organisé à la veille des journées.

Si le marché s'est ouvert aux début des années 2000 par des "usines de stérilisation" lancées par le pionnier Sterience, la tendance du marché se concentre maintenant sur une offre dite in situ proposant des remises aux normes ou des conceptions et gestions de nouvelles unités de stérilisation au sein des établissements de santé -publics comme privés-, au plus près des activités chirurgicales et qui peuvent permettre un retour en arrière car les établissements de santé gardent la stérilisation dans leurs murs.

Depuis l'édition précédente des journées de stérilisation en avril 2015, aucun des trois acteurs n'a engrangé de nouveau contrat pour réaliser des stérilisations in situ, selon les informations recueillies par APMnews auprès des sociétés pendant les journées. Mais les industriels espèrent que la situation actuelle des établissements de santé va dynamiser leur activité.

C'est le cas pour la société MVO, acteur récent sur le marché qui a ouvert son sixième site de stérilisation à Lille en avril 2015 pour le groupement des hôpitaux de l'Institut catholique de Lille (GHICL). Depuis, aucune nouvelle réalisation n'a été faite.

"Nous avons beaucoup de consultations liées aux mutualisations dans le cadre des GHT, provenant notamment de petits hôpitaux régionaux et nous attendons des appels d'offres pour l'été. Il y a clairement un effet GHT", a déclaré à l'APM Jérôme Renard, directeur des opérations de MVO.

Chez Vanguard Medical, acteur plus ancien sur ce marché qui avait racheté en 2012 la filiale du groupe Air Liquide Santé spécialisée en stérilisation, Omasa, le directeur général, Manuel Navailles, relève "un effet du durcissement des budgets et un effet GHT". La plaquette de la société en fait un argument commercial: "pharmaciens, dirigeants, directeurs...confiez-nous votre stérilisation et répondez à vos obligations: réglementaires, financières, mutualisation, GHT...".

"Les projets sont au ralenti et les établissements comparent les prix. La pression se sent", rapporte-t-il. S'il déclarait en 2015 avoir plusieurs projets in situ en cours de préparation, aucun ne s'est encore concrétisé depuis. La société se félicite d'avoir renouvelé les contrats sur tous ses sites déjà clients, mais a vu reporter "d'un an et demi un gros contrat en préparation".

Manuel Navailles affiche toutefois un bel optimisme pour l'avenir. "Depuis quelques mois, ça bouge à nouveau du côté des petits établissements mais des gros aussi, en partie du fait des GHT qui peuvent être un levier financier pour faire ces achats. La sous-traitance est maintenant reconnue comme une alternative et n'est plus regardée avec crainte", poursuit le directeur.

"C'est le début d'un changement. Il y aura des marchés signés en 2016 pour des réalisations en 2017, et encore plus l'an prochain", pronostique l'industriel. Sa société a réalisé en 2015 le même chiffre d'affaires qu'en 2014, de l'ordre de 5-6 millions d'euros avec un peu moins de 100 personnes.

Frein ou accélérateur ?

Chez Sterience, qui a changé d'actionnaire en 2015, l'impact des GHT est vu comme un frein et un accélérateur, selon l'environnement de chacun, a indiqué Jacques Penicaud, PDG nommé en 2015.
Sterience est sorti du giron de Dalkia (groupe EDF) qui l'a vendu au fonds d'investissement Ekkio Capital. Avec 15 ans d'expérience, la société est leader du marché (60 clients, 20 millions de chiffre d'affaires, 260 collaborateurs).

"La formation des GHT peut représenter un accélérateur pour certains projets et peut être un frein ailleurs. Par exemple, un établissement qui avait un projet d'externalisation dont le site pivot a des surcapacités en stérilisation y renoncera. Ailleurs, le site pivot n'aura pas toutes les capacités pour répondre" et cela pourra ouvrir un besoin de sous-traitance, estime Jacques Penicaud. "Cela dépend des environnements et les GHT ne concernent que le secteur public", nuance-t-il.

"L'effet positif, c'est que cela remet sur le devant de la scène des projets de mutualisation et des évaluations du coût de la stérilisation pour les établissements, et cela peut être favorable à l'étude d'une externalisation", poursuit le PDG.

Sterience, qui s'est réorienté vers l'in situ à partir de 2010 et n'envisage plus d'ouvrir de nouveaux gros sites externalisés (ex situ) en plus des quatre dont elle dispose déjà, n'a pas décroché de nouveau projet in situ depuis sa dernière réalisation au site d'Avron, à Paris au sein du groupe hospitalier Diaconesses Croix Saint-Simon, qui représente sa quatrième unité in situ. Nathalie Le Guyader, pharmacien aux Diaconesses, a apporté son témoignage lors du symposium.

"Nous avons des projets en réflexion, en discussion, bien avancés mais pas signés", déclare Jacques Penicaud pour qui il est "un peu trop tôt pour en parler".

Arrivé en mai 2015 chez Sterience après 20 ans d'expérience dans le secteur des dispositifs médicaux au sein du groupe Johnson & Johnson (chez ASP, spécialiste de la stérilisation basse température), Jacques Penicaud estime que la sous-traitance de la stérilisation n'occupe encore en France qu'une "petite part du marché" (de l'ordre de 10% pour tous les industriels réunis, le reste étant réalisé par les établissements de santé eux-mêmes) et qu'il "reste de la place pour un développement important".

"Ce développement passera par une écoute très attentive des besoins en étant à proximité des clients [...] et par l'innovation" avec des services additionnels, indique-t-il. C'est pourquoi sa société a lancé Steriweb, "un logiciel maison pour faciliter la communication entre les centres de stérilisation Sterience et les établissements clients, consultable sur smartphone, qui permet de suivre en temps réel le flux d'instruments à stériliser et de voir la composition des boîtes".

"L'externalisation de la stérilisation reste une vraie réponse à des contraintes budgétaires et pour améliorer la sécurité" en cas d'installations vétustes, estime le dirigeant.

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