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Les professionnels se rassurent face aux impacts RH de l'intelligence artificielle à l'hôpital

Crédit: Fotolia/vege
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NANCY, 28 décembre 2018 (TecHopital) - L'intelligence artificielle (IA) prend ses quartiers à l'hôpital et permet "des changements structurels pour les professionnels de santé et les équipes de soins" qui questionnent leurs pratiques médicales, a constaté Sophie Martinon, directrice générale de l'Anap, lors de la journée "IA en santé" organisée par le CHU de Nancy, fin novembre.

A l'occasion de la journée "IA en santé" organisée par le CHU Nancy, une table ronde sur le thème "santé connectée intelligente" était organisée et réunissait Sophie Martinon, directrice générale de l'Agence nationale d'appui à la performance des établissements de santé et médico-sociaux (Anap), le Dr Jacques Lucas, vice-président du Conseil national de l'ordre des médecins (Cnom), et le Pr Bernard Nordlinger, oncologue à l'hôpital Ambroise-Paré (Boulogne-Billancourt, Assistance publique-hôpitaux de Paris, AP-HP) et conseiller auprès de la présidence de la Fédération nationale de la mutualité française (FNMF).

Médecin remplacé ou médecin augmenté? Si le débat persiste, les professionnels de santé et leurs représentants se rassurent et préfèrent la seconde option.

"Nous sommes encore très loin du médecin-robot" et il faut "relativiser l'ampleur des changements", a averti Sophie Martinon, notant que l'IA "nécessite d'être programmée et testée".

"En IA, nous sommes encore à un niveau limité et nous nous cantonnons surtout à de l'aide au diagnostic via des logiciels intégrant de l'IA légère. C'est pour cela que nous ne pouvons pas parler de 'bouleversements massifs' aujourd'hui. Mais ils vont arriver et il ne faut pas les sous-estimer", a-t-elle argumenté.

Réputée plus fiable et plus rapide que le professionnel de santé, l'IA permet aussi de tendre vers cette médecine personnalisée et prédictive recherchée pour réduire les coûts en matière de santé, notamment.

Si la question de la fiabilité doit perpétuellement être questionnée (biais algorithmiques, erreur de calculs, bugs inhérents à toutes technologie informatiquement assistée...), la célérité dans le traitement des images, entre autres, est indéniablement favorable à l'IA.

De fait, "les métiers ont déjà changé", à l'exemple de l'imagerie pour laquelle l'IA "permet aujourd'hui d'analyser les images avec une plus grande précision que l'oeil seul du radiologue", a observé Jacques Lucas, tout en tempérant l'impact en matière de ressources humaines. "Nous aurons toujours besoin de radiologues pour interpréter les images et parler aux patients, l'IA ne peut pas remplacer le médecin, elle l'appuie."

"Dans les métiers de la santé, nous ne pouvons pas remplacer les relations humaines, elles sont nécessaires pour le patient. Donc, nous ne pouvons pas parler d'un 'radiologue automatique', mais nous allons vers un radiologue augmenté", a ajouté le Pr Nordlinger.

"Accompagner les professionnels pour identifier collectivement les impacts RH"

Pour aider les professionnels de santé à anticiper ces changements et à adapter les pratiques médicales, Sophie Martinon a appelé à "accompagner les professionnels pour identifier collectivement les impacts RH".

"Nous avons des impacts liés à ces nouvelles technologies qui se traduisent par des changements structurants pour le patient, le médecin et les équipes de soins", a-t-elle souligné.

"Cela questionne quant à la continuité des parcours en santé: comment éviter la rupture dans ces parcours?", s'est encore interrogée la directrice générale de l'Anap.

Les algorithmes, même s'ils sont régulièrement dépeints comme des vecteurs d'optimisation des parcours de santé, doivent encore "gagner la confiance" des professionnels de santé et des patients.

Pour rappel, le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) a préconisé d'inscrire dans la prochaine loi de bioéthique un principe de "garantie humaine du numérique en santé", qui pourrait être assurée par des procédés de vérification régulière, "ciblée et aléatoire" des options de prise en charge proposées par les dispositifs numériques, et par un "deuxième regard médical humain" à la demande du patient ou du professionnel de santé.

Pour gagner la confiance des praticiens et des patients, l'IA doit aussi être maîtrisée et comprise par tous ces acteurs. "Il y a un besoin d'acculturation, nous naviguons aujourd'hui entre admiration béate et peur de l'IA", a relevé Sophie Martinon.

"A l'Anap, nous avons fait peu de choses sur l'IA actuellement mais nous menons un projet sur l'utilisation de compétences en data-sciences pour prévoir l'activité d'un service hospitalier. L'idée, avec cette utilisation de l'IA, est d'anticiper l'activité et d'être dans le suivi", a-t-elle annoncé.

wz/vl

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