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Les projets d'automatisation de PUI se multiplient en Ile-de-France

(Par Sylvie LAPOSTOLLE, aux Journées achat du Resah)

MONTROUGE (Hauts-de-Seine), 10 décembre 2019 (TecHopital) - Les projets d'automatisation de la prise en charge médicamenteuse se multiplient en Ile-de-France, où l'agence régionale de santé (ARS) les encourage, a-t-on appris lors des Journées de l'achat hospitalier organisées par le Réseau des acheteurs hospitaliers (Resah), les 28 et 29 novembre à Montrouge.

Le taux d'automatisation de la prise en charge médicamenteuse en Ile-de-France était faible en 2018 selon un état des lieux présenté début 2019, mais depuis la dynamique a changé et les projets se multiplient, ont témoigné Patricia Le Gonidec, pharmacienne responsable à l'observatoire du médicament, des dispositifs médicaux et de l'innovation thérapeutique (Omedit) francilien et Anne-Gaëlle de Chabot, pharmacienne inspectrice de santé publique à la direction de la sécurité sanitaire et de la protection des populations à l'ARS Ile-de-France, lors d'un atelier sur le thème "Investir dans la robotisation pour automatiser la prise en charge médicamenteuse".

"Beaucoup d'établissements nous sollicitent sur des projets", a constaté Anne-Gaëlle de Chabot.

Les établissements franciliens sont incités à développer des projets d'automatisation en pharmacie à usage intérieur (PUI) pour la préparation des doses à administrer, le stockage et la délivrance nominative par l'ARS qui y voit de nombreux intérêts.

"L'automatisation est un moyen supplémentaire de sécuriser une ou plusieurs étapes de la prise en charge médicamenteuse pour limiter la iatrogénie médicamenteuse. Elle s'accompagne d'enjeux médico-économiques en permettant d'optimiser les ressources humaines et de maîtriser les coûts. Elle s'inscrit en outre dans une logique de territoire", avec la possibilité de mutualiser les achats de robots, a rappelé Anne-Gaëlle de Chabot.

L'ARS Ile-de-France se mobilise depuis 2017 sur ce sujet. Elle accorde des financements aux projets qui sont menés avec des établissements médico-sociaux, mais qui bénéficient aussi au secteur sanitaire. Elle a missionné l'Omedit Ile-de-France et le centre de ressources et d'expertise du Resah pour accompagner les établissements dans cette voie.

De nombreux outils

Leurs travaux ont permis de proposer aux professionnels des outils pour les aider dans leurs projets avec un guide d'élaboration et de mise en œuvre d'un projet d'automatisation en établissement de santé, une synthèse des travaux publiés sur ce sujet, une grille d'analyse d'opportunités, et un guide de positionnement des solutions d'automatisation qui décrit les automates disponibles sur le marché.

Le dernier document mis en ligne en octobre est un outil de suivi de la maturité d'un projet. "Il permet de suivre visuellement l'état d'avancement d'un projet et c'est la trame qui va servir à l'ARS pour évaluer les projets", a indiqué Anne-Gaëlle de Chabot.
"La préparation des doses à administrer est une activité soumise à autorisation par l'ARS", a-t-elle rappelé mentionnant le décret PUI de mai qui impose aux établissements de redemander des autorisations pour leurs activités.

Elle a recommandé aux professionnels de tenir compte de cette étape dans leur rétroplanning. "Contactez-nous en avance car les délais pour une autorisation sont de 4 mois", a-t-elle conseillé.

Ces outils permettent de bien préparer le chantier d'automatisation, de s'y retrouver dans les diverses solutions d'automatisation, d'estimer les gains attendus, de calculer le retour sur investissement, de prévoir les impacts dans la PUI et au-delà. Ils proposent quelques résultats de coopérations développées.

"La motivation première ne doit pas être la réduction des effectifs mais, avant tout, l'automatisation permet de redéployer le personnel sur son coeur de métier", a souligné Anne-Gaëlle de Chabot.

Elle a conseillé de commencer cette automatisation par les services de long séjour dans lesquels les prescriptions varient peu et laissent le temps de préparer les doses à administrer par le robot éventuellement la nuit. "Puis on passe au moyen séjour et après quand c'est rodé, on peut passer au MCO [médecine, chirurgie, obstétrique]", a-t-elle préconisé.

"Certains sites démarrent en MCO: c'est ambitieux. Il en existe quelques-uns en France où ça marche très bien", a cité Patricia Le Gonidec.
De plus, de nouvelles solutions d'armoires automatisées qui préparent des piluliers directement dans les unités de soins vont aider, a-t-elle ajouté.
Il faut faire une étude des prescriptions au préalable et bien les harmoniser, a-t-elle recommandé.

Au centre hospitalier (CH) d'Argenteuil (Val-d'Oise), par exemple, l'automatisation de la délivrance nominative a été déployée seulement pour le long séjour. Une analyse des services de soins a permis d'établir le taux de modification des prescriptions. Les services à durée moyenne de séjour (DMS) trop courte ne sont pas privilégiés (le seuil a été fixé à 5 jours), a rapporté un pharmacien de la salle.

"C'est passionnant d'automatiser, mais il faut bien réfléchir avant et il y a nécessité de se former, d'aller voir des collègues qui l'ont fait. Il faut bien comprendre ce dont on a besoin car une fois l'automatisation en place, il n'y a pas de retour en arrière", a commenté Patricia Le Gonidec.

La formation du personnel est primordiale car l'automatisation représente un changement important de méthodes de travail qu'il faut anticiper.

Bien appréhender le système d'information

"Il faut une parfaite maîtrise du logiciel de prescription et d'analyse des prescriptions car ils ont un lien automatique avec l'automate", a-t-elle poursuivi. De manière générale, elle a recommandé d'être très vigilant sur le système d'information (SI), "très en amont". "L'automatisation va diminuer des risques mais en génère d'autres qu'il faut prendre en compte dans le plan d'amélioration de la qualité", a-t-elle pointé.

Un pharmacien de l'hôpital Foch à Suresnes (Hauts-de-Seine) qui a mené un projet de production automatisée de piluliers pour d'autres établissements (pour 500 lits: 400 en établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes -Ehpad- et 100 de soins de suite et de réadaptation, SSR) dans le cadre d'un projet territorial, a insisté sur les difficultés liées au SI, qu'il faut "bien appréhender".

Il est par ailleurs nécessaire de prévoir une équipe technique pour les pannes. "Si vous avez un technicien sur place, il les gérera, sinon il faut gérer dans l'équipe ou financer une maintenance par téléphone", a noté Patricia Le Gonidec.

Interrogée sur le financement, qu'un participant a qualifié d’"ARS-dépendant", elle a répondu que les établissements pouvaient disposer d'un financement "tout trouvé" avec le temps infirmier qui était dévolu à la préparation des doses à administrer et qui sera récupéré avec l'automatisation. A l'heure où l'on manque d'infirmiers, cela peut intéresser les établissements et "il est plus facile d'engager des dépenses de titre II [médicales] que de titre I [personnel]", a-t-elle noté.

sl/ab

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