Une opération de maintenance est prévue vendredi 21 juin 2019 entre 12h30 et 13h. L'accès au site sera interrompu durant cette période. Nous vous remercions pour votre compréhension.

Une question ? Appelez le 01 48 06 54 92

 

TecHopital.com

 

Les robots de préparation de médicaments injectables offrent un gain en sécurité mais encore peu de productivité en plus

BORDEAUX, 28 mai 2018 (TecHopital) - L'automatisation des préparations de médicaments injectables, cytotoxiques ou autres, offre un vrai gain en sécurité et qualité mais encore peu de productivité supplémentaire, selon un atelier organisé lors d'Hopipharm, congrès du Syndicat national des pharmaciens des établissements publics de santé (Synprefh) qui s'est tenu à Bordeaux du 16 au 18 mai.

Des solutions d'automatisation émergent progressivement en pharmacotechnie, avec un potentiel d'amélioration de la sécurité de préparation et de l'efficience de l'organisation. L'intégration de ces nouvelles technologies représente un défi technique, organisationnel et financier.

Au CHU de Bordeaux, Aude Berroneau, pharmacienne responsable de la production des médicaments injectables à l'hôpital Haut-Lévêque, a fait part de son utilisation du robot Kiro Oncology* (Grifols). Ce robot est conçu pour la préparation de poches de chimiothérapie. Avec ses deux bras articulés dans une enceinte à flux d'air laminaire, il réalise les préparations demandées selon les cycles programmés. L'intervention humaine ne concerne que l'approvisionnement du robot. Le nettoyage est lui aussi automatisé.

Au CHU de Bordeaux, il a été utilisé pour des produits non cytotoxiques dans le cadre d'un partenariat d'innovation conclu avec le fabricant. Il s'agissait de préparer des anticorps monoclonaux et des anti-infectieux.

"Les attendus de la robotisation sont surtout une sécurisation des préparations (on élimine le risque d'erreur humaine), une diminution des manipulations pour le personnel (surtout pour les produits toxiques) et un gain de productivité", a-t-elle noté.

"Sur la sécurisation, nous sommes très satisfaits", a-t-elle rapporté après un an d'utilisation du robot. Le système identifie bien les produits par des étiquettes. Des pesées permettent de vérifier les quantités. Chaque produit fini est étiqueté. Du point de vue bactériologique, il n'y a pas de contact humain sur les flacons. De même, pour le personnel, le risque chimique est réduit puisqu'il y a moins de manipulation des produits. Le robot permet aussi de réduire fortement les risques de troubles musculosquelettiques grâce à une réduction des tâches répétitives sans pause qui les favorisent.

Mais pour la productivité, ce n'est pas satisfaisant. "Il faut faire des productions en série pour avoir des gains en productivité", a-t-elle estimé. Il ne faut pas non plus l'utiliser pour les urgences car il est difficile d'interrompre les cycles de production, a-t-elle ajouté.

"Les craintes de l'équipe qui étaient de perdre l'expertise avec l'arrivée d'un robot ne se sont pas confirmées. A l'inverse, le préparateur acquiert une nouvelle expertise, celle de gérer la production seul et il devient un superutilisateur du robot", a indiqué la pharmacienne.

Laura Soumoy du CHU de Namur (Belgique) qui a réalisé en 2017 17.000 préparations de médicaments injectables avec un autre robot, iv.station* d'Omnicell, dont des seringues de kétamine à partir de flacons du médicament, a confirmé le "gain en qualité important" mais pas en temps. Des adaptations sont encore faites avec le fabricant. La société Omnicell prévoit de commercialiser son robot en France en 2019, a indiqué un de ses représentants rencontrés lors d'Hopipharm.

Actuellement, seuls deux établissements disposent du robot Kiro Oncology* en France, le CHU de Bordeaux qui renégocie actuellement son contrat avec la firme, et l'Hôtel-Dieu à Paris (AP-HP) qui avait présenté son expérience à Hopipharm en 2016 expliquant que cette automatisation lui avait permis de faire face à une concentration d'activité avec un personnel en diminution.

Marie-Laure Brandeley de l'Hôtel-Dieu, présente dans la salle, a confirmé le gain en sécurité et sur les risques de troubles musculosquelettiques et d'exposition du personnel. Mais pour avoir des gains en productivité, "il est important de standardiser". "Si l'on travaille patient par patient, ce ne sont pas les meilleures conditions pour avoir des gains de productivité", a-t-elle reconnu.

"Nos directions attendent des gains de productivité surtout sur les équipements les plus innovants et les plus chers, mais cela reste encore difficile. Tous les fabricants y travaillent et j'espère que nous aurons des progrès", a-t-elle ajouté. Le robot Kiro Oncology* coûte entre 400.000 et 500.000 euros, avait-elle indiqué en 2016 en précisant que son établissement le louait.

"Notre préoccupation première, c'est la qualité du produit fini. Ainsi, pour l'aciclovir, nous avons pu sécuriser le process avec le robot", a commenté Sylvie Crauste-Manciet du CHU de Bordeaux, qui modérait l'atelier. "Cette automatisation est inévitable car nos besoins ne font que croître. On ne pourra pas continuer sans une aide automatisée pour assurer la sécurité avec des exigences de qualité plus importantes car nos ressources humaines ne sont pas suffisantes et l'erreur humaine est toujours possible", a-t-elle ajouté.

Une solution intermédiaire peut venir de la semi-automatisation avec la pompe péristaltique Baxa* présentée par Marie-Noëlle Guerrault-Moro du centre hospitalier intercommunal (CHI) de Poissy-Saint-Germain-en-Laye. Elle coûte beaucoup moins cher et rend des services, a-t-elle présenté.

Partagez cet article

Il n'y a pas encore de commentaire sur cette publication.
Soyez le premier à réagir

Pour commenter cet article identifiez-vous ou enregistrez-vous si vous ne l'avez pas encore fait
Les offres
Agenda

Inscrivez-vous gratuitement à TecHopital.com

okSoyez informé des nouveautés du site
okRéagissez et commentez les articles
okRecevez la newsletter premium

Conformément à la loi 78-17 du 6 janvier 1978 (modifiée par la loi 2004-801 du 6 août 2004 relative à la protection des personnes physiques à l'égard des traitements de données à caractère personnel) relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données qui vous concernent. Vous pouvez l'exercer en adressant un courrier électronique à admin@apmnews.com ou par courrier postal à APM International, 33 avenue de la République, 75011 Paris.

Civilité
Nom*
Prénom*
Email*
Mot de passe*
(6 caractères minimum)
Etablissement
Fonction*

En validant cette inscription vous aurez accès au contenu du site TecHopital.com et vous nous autorisez à traiter et à transmettre vos informations personnelles conformément aux termes de la loi.  (Notice légale )

Cochez cette case pour accepter ces conditions