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Management de la qualité: comment l'exemple biomédical peut s'appliquer aux ingénieurs techniques

VILLEJUIF (Val-de-Marne), 15 juin 2015 (Direct Hôpital) – L'ingénierie hospitalière gagnerait à se pencher sur l'expérience de la communauté des ingénieurs biomédicaux, qui ont mené un travail de longue haleine sur le management des risques et de la qualité, plaide Gilbert Farges, enseignant-chercheur à l'université technique de Compiègne (UTC).

Il s'est exprimé à l'occasion des 55èmes journées d'études et de formation de l'association des Ingénieurs hospitaliers de France (IHF), qui se sont tenues à Villejuif du 10 au 12 juin. Il est intervenu pendant la session plénière des journées, consacrée au Management des risques et de la qualité.

Gilbert Farges est revenu sur l'élaboration et le suivi de guides de bonnes pratiques biomédicales, avec un retour d'expérience de plus d'une décennie. Il est possible d'élargir ces savoir-faire à l'ingénierie hospitalière. "Les bénéfices en seraient multiples, autant pour la reconnaissance de la communauté des ingénieurs hospitaliers que pour l'établissement de santé et pour le patient et sa famille", a-t-il expliqué.

Le "facteur déclenchant" de l'action des services biomédicaux a été leur "volonté de reconnaissance". Cette petite communauté (1.500 personnes en 2013) était "souvent invisible aux yeux des directions et des tutelles" et ne disposait pas de label "pour valoriser ses actions", a témoigné l'enseignant-chercheur.

Ce manque de valorisation explique notamment qu'en 2015, seuls 18 services biomédicaux (sur 450) étaient certifiés ISO 9001, norme née en 1997. 

"Puisque la certification ISO 9001 peinait à se développer et que les services biomédicaux étaient absents du référentiel qualité obligatoire de l'Anaes (devenue Haute autorité de santé en 2004, NDLR), l'idée d'un 'guide de bonnes pratiques' est apparu au début des années 2000", a-t-il raconté.

Sa première version a été publiée en novembre 2002 après deux ans de travaux associant trois associations professionnelles. Il a été complété en 2004 d'un outil d'autodiagnostic qui permettait d'évaluer en moins d'une heure 117 processus associés aux 28 bonnes pratiques du guide.

Gilbert Farges a identifié quatre facteurs clefs de succès de ce premier guide:
- la confiance: "le guide vient du terrain, a été écrit par des pairs, sans injonction du ministère et sans implication des industriels", a-t-il souligné. Deux ans d'échanges par internet entre 46 coauteurs ont été nécessaires pour le réaliser.
- la diffusion: après l'écoulement d'un premier tirage papier de 1.000 exemplaires, le guide a été publié gratuitement sur internet. L'intérêt suscité a été tel que les ingénieurs biomédicaux québécois ont entamé la même démarche. "Nous les avons autorisé à prendre notre guide comme modèle, à condition qu'eux aussi diffusent leur guide sur le net", a dit Gilbert Farges.
- l'évaluation: des benchmarks ont pu être réalisés avec les retours des services volontaires, ce qui a permis de mesurer objectivement les progrès accomplis entre 2004 et 2009 par les services et d'améliorer le guide pour une deuxième version, publiée en 2011
- la communication: il est important de "faire connaître les savoir-faire" a indiqué l'enseignant-chercheur.

 La seconde version du guide a été simplifiée (neuf bonnes pratiques et 48 processus), l'échelle d'atteinte des bonnes pratiques affinée, l'évaluation facilitée et les ressources nécessaires pour chaque pratique ont été précisées. Cette seconde version du guide a eu le soutien de huit associations professionnelles, au lieu de trois, et a été rédigé en veillant à être utilisable par d'autres pays francophones.

Une "bonne pratique générique" structurant chacune des bonnes pratiques permet de les rendre compatibles avec l'ISO 9001. En outre, un outil d'autodiagnostic conçu en 2013 propose une valorisation rapide via un certificat pré-formaté selon l'ISO 17050 pour auto-déclarer le niveau de performance obtenu. "C'est plus rapide et moins cher qu'une certification ISO 9001", a indiqué Gilbert Farges.

Une méthode facilement adaptable par les ingénieurs techniques

Pour l'enseignant-chercheur, "l'élaboration d'un guide des bonnes pratiques de l'ingénierie technique en établissement de santé pourrait se concevoir assez facilement, en reprenant le modèle qualité et l'approche méthodologique du guide biomédical".

"L'expérience acquise et capitalisée depuis le début des années 2000 sur la méthode d'élaboration collaborative et à distance […] permet d'envisager une orchestration efficace des rédacteurs volontaires", a-t-il ajouté.

Il a proposé une dynamique reposant sur une programmation des tâches réparties en cinq étapes entre 2015 et 2020:
- trouver des pairs "volontaires pour se coltiner une rédaction de deux ans", a-t-il plaisanté
- donner un accès rapide au guide via les associations (2017)
- réaliser des autodiagnostics ou benchmarks (2018)
- valoriser les progrès (2019)
- tracer et capitaliser, grâce notamment à des sites web et des publications.

Très applaudie, la présentation de Gilbert Farges a fait réagir parmi l'assistance, plusieurs ingénieurs soulevant "le manque de soutien au niveau de la direction et des tutelles". Sur le management des risques, "tout le monde s'affole lorsqu'arrive la date de la certification, mais au quotidien, ce n'est pas une priorité", a réagi un participant.

Jacques Roos, président d'IHF, a pour sa part estimé qu'il pourrait être pertinent de "créer des guides thématiques en fonction des activités des services techniques", très diversifiés dans les hôpitaux.

mb/ab

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