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Manger avec les doigts, un bienfait pour l'autonomie des patients

PARIS, 19 mars 2014 (Direct Hôpital) – Plusieurs centres hospitaliers ont mis en place ces derniers mois des menus "manger-mains", conçus pour favoriser l'autonomie et la bonne nutrition des personnes dépendantes. L'expérience à fait ses preuves, mais nécessite de lever des tabous.

L'expérience devait durer 15 jours, elle se poursuit toujours : le centre hospitalier d'Auxonne (Côte-d'Or) a mis en place le "manger-mains" en janvier 2013. Cette technique de préparation des repas a pour objectif de renforcer l'autonomie des patients dépendants en leur permettant de manger avec les doigts.
 
Il est en effet difficile pour les malades d'Alzheimer ou de maladies apparentées de manier les couverts, voire de rester à table sans déambuler le temps d'un repas. Le comité de liaison en alimentation et en nutrition (Clan) de l'hôpital a donc travaillé à l'élaboration de nouvelles recettes à destination de ces patients. Boulettes, beignets, bâtonnets, cubes, crêpes, quenelles ou flans sont plébiscités.
 
Face au succès rencontré par la formule – des patients qui ne s'asseyaient plus ont repris le couvert – le centre hospitalier envisage aujourd'hui de proposer le "manger-mains" aux patients atteints d'autres pathologies.
 
L'hôpital bourguignon n'est pas le seul à avoir mené cette expérimentation. En 2012, le CHU de Rennes avait obtenu le label "droits des usagers" délivré par l'Agence régionale de santé Bretagne suite à la mise en place de cette action. Un partenariat avait été noué entre le service de restauration et les unités de soins, pour garantir la valeur nutritionnelle des menus et leur conformité avec les besoins des patients.
 
Le CHU de Nancy s'est aussi laissé séduire en novembre dernier et a testé la formule auprès des résidents de son Unité d'hébergement renforcé. Une première réussie (avec au menu : pépites de carottes, cubes de hoki pané sauce cocktail, choux de Bruxelles à l'anglaise, tartine de fromage et yaourt à boire) que l'hôpital entend proposer de manière régulière.
 
Mais l'établissement nancéen prévient : avant la mise en place de cette initiative, "une information pédagogique s'impose non seulement auprès des personnes âgées mais aussi des personnels et surtout des proches". Dans un pays où la gastronomie et les bonnes manières à tables font partie intégrante de la culture, "voir ses proches diminués par la maladie manger avec les doigts peut être difficile et assimilé à une régression insupportable", expliquent les responsables du projet.
 
Or, assurent-ils, il s'agit-là "d'une amélioration du bien-être quotidien des patients" et "une façon d'atténuer le stress pouvant être lié aux repas".
 
En permettant aux patients ou résidents de prendre leurs bouchées à la main, et donc de manger même lorsqu'ils déambulent, la formule réduit aussi la dénutrition. A l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) Notre-Dame de Puyraveau, à Champdeniers (Deux-Sèvres), le taux de résidents dénutris est passé grâce à cette formule de 50% en 2007 à 13% en 2013.
 
Bien que le coût des rations servies quotidiennement soit passé de 3,10€ en 2008 à 4,5€ aujourd'hui, l'expérience intéresse le centre hospitalier de Niort, dont les responsables se sont déplacés à Champdeniers à trois reprises. L'Ehpad a aussi pris les devants en publiant une brochure récapitulative, rappelant les fondements du projet et regroupant 45 recettes de bouchées (cliquez ici pour télécharger le bon de commande). /mb

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