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Manifeste pour un plan d'urgence écologique à l'hôpital

Crédit: Fotolia/Photogrevy
Crédit: Fotolia/Photogrevy

PARIS, 15 juin 2020 (TecHopital) - Bernard Jourdain, chargé du développement durable au centre hospitalier (CH) de Niort, Noëlle Bernard, médecin au CHU de Bordeaux et Jean Cancel, chirurgien à l'hôpital d'Angoulême, appellent dans un manifeste, transmis le 4 juin à TecHopital, à accélérer la transition écologique des hôpitaux.

"Avant cette crise sanitaire, nous commencions à être de plus en plus nombreux à travailler pour des établissements de santé plus efficients et écologiques. […] Ces dernières années, des actions d’envergure ont été menées, le plus souvent sous la pression des règles imposées aux établissements, par exemple pour la rénovation énergétique des bâtiments, parfois à marche forcée" comme récemment avec le décret tertiaire, expliquent les auteurs de ce manifeste.

Parallèlement, de plus en plus de professionnels de santé ont exprimé leur volonté de travailler de manière plus "durable", juste en cohérence avec leurs choix personnels, pour faire à l’hôpital comme ils font à la maison, c'est-à-dire: ne pas gaspiller, trier, mieux dépenser.

"Tout bouge beaucoup trop lentement" et beaucoup reste à faire, regrettent les signataires. En matière d'achats écoresponsables, de nourriture bio et locale, l’écologie à l'hôpital dépend du "bon vouloir d’un décisionnaire plus ou moins branché écologie et cela, ce n’est plus possible!"

"Aujourd’hui, nous -professionnels de santé, médecins, soignants, techniciens de l’ombre- soutenus par les citoyens, devons reprendre la main et être force de proposition, pour ne pas laisser la santé pilotée par une logique politicienne et financière, déconnectée du terrain et de l’urgence environnementale", déclarent-ils.

Des hôpitaux capables de s'adapter pendant la crise

Face à la crise, les hôpitaux ont su trouver "une agilité, une capacité à se transformer en urgence!" vantent les auteurs.

Ils ont ainsi pu observer "des fermetures d’unités, avec une redistribution quasi-immédiate des ressources humaines et une redéfinition des tâches de chacun". De plus, "l’alimentation des patients et des professionnels a été maintenue malgré des procédures modifiées par la sécurité sanitaire". Enfin, le télétravail s'est largement démocratisé, à l'instar du CHU Bordeaux où en quelques semaines le nombre de télétravailleurs est passé "de 200 à plus de 1.800".

Comment cela a-t-il été possible? Ils constatent que "les barrières habituelles des procédures ont sauté". Les processus décisionnels ont été simplifiés: "Exit les nombreuses étapes d’accord pour qu’une action soit lancée, en obéissant aux différents niveaux hiérarchiques. Tous les intervenants "ont été mis autour d’une table virtuelle. On en parle, on acte, quelqu’un rédige et c’est diffusé."

De plus, les patients ont été responsabilisés. "Nous avons dû anticiper les sorties et faire confiance, en remettant à chacun sa feuille d’autosurveillance au domicile et ça a marché".

Vers une reconstruction du système de santé

Comment garder ce qui marche et capitaliser? s'interrogent les signataires de ce manifeste.

D'abord, "une communication plus rapide est possible". Ensuite, "un management plus agile permet d’agir plus rapidement. Nous avons été nombreux à le constater pendant cette crise."

Il s'agit ensuite de dépenser mieux, c'est-à-dire "faire des économies aux bons endroits: par exemple sur le transport des patients, sur la surconsommation de certains soins et sur les gaspillages (médicaments, dispositifs médicaux, mais aussi alimentaire, etc.). En revanche, "certaines dépenses sont indispensables" à l'instar du nombre d’aides- soignants en Ehpad.

Enfin, il s'agit de mettre en place "une vraie politique écologique dans toutes les structures". Mais aussi de permettre des "soins écologiques: de plus en plus d’équipes, sensibles à cette question, mettent en place des projets". Après les "blocs durables", ce sont maintenant des "unités de soins durables" qui se constituent "pour produire moins de déchets et mieux trier, limiter les consommations d’eau et d’énergie, limiter le gaspillage des médicaments, optimiser le parcours de soins, etc."

Les professionnels de santé "sont prêts à jouer le jeu car cela a du sens". Pour ce faire, "il faudra mettre en place tous les outils et démarches nécessaires et créer des postes dans les établissements pour favoriser la transition et acculturer les professionnels de santé à la transition climatique".

Les établissements de santé doivent acter une transformation profonde de leurs consommations alimentaires, en achetant bio et local.

Enfin, les achats éco-responsables, enjeu majeur pour l’avenir, nécessitent de former les acteurs en charge des appels d’offre, de la rédaction des cahiers des charge, etc.

"Nous devons penser l’hôpital comme partie intégrante de son environnement territorial et de l’écosystème qui l’entoure. En effet, lors de la crise, les centres hospitaliers ont dû contacter des acteurs locaux, parfois très éloignés de leur secteur d’activité, pour trouver de nouveaux fournisseurs, et pallier le manque de certains produits. De nouvelles relations se sont construites avec des réflexions communes, qu’il faut maintenir car l’enjeu est de sécuriser nos filières d’approvisionnement tout en favorisant l’économie locale".

gdl/nc

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