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Manipulateur en électroradiologie: l'Igas recommande d'augmenter de 10% les effectifs d'étudiants dès la rentrée 2021

Crédit : auremar/Fotolia
Crédit : auremar/Fotolia

PARIS, 29 mars 2021 (TecHopital) - L'Inspection générale des affaires sociales (Igas), dans un rapport mis en le 25 mars, formule 26 recommandations pour améliorer l'attractivité du métier de manipulateur en électroradiologie médicale, la première étant d'augmenter de 10% les effectifs d'étudiants dès la rentrée 2021, la deuxième consistant à mettre en place un suivi national et régional de la démographie de cette profession.

Le ministre des solidarités et de la santé a confié le 31 juillet 2020 à l'Igas une mission prospective sur la profession de manipulateur en électroradiologie médicale (Merm). Le rapport rendu public le 25 mars dresse le bilan de cette mission réalisée par Charlotte Carsin et Alain Meunier.

Le document de 156 pages, très attendu, rappelle que les manipulateurs en électroradiologie médicale sont des "soignants et techniciens, intervenant, sur prescription médicale et sous la responsabilité d’un médecin spécialiste, dans les domaines de l’imagerie médicale, de la médecine nucléaire, de la radiothérapie et des explorations fonctionnelles".

Le nombre de manipulateurs radio est "mal connu et surestimé par la statistique publique". Les inspecteurs de l'Igas évaluent ainsi entre 27.000 et 28.000 le nombre de professionnels en France, "ce qui est très inférieur aux 37.428 de manipulateurs radio recensés en 2019 dans le répertoire Adeli". Leur nombre a cru "régulièrement", de 3% à 5%, entre 2014 et 2019, "là encore de manière bien moins rapide que les données issues du répertoire Adeli ne le laissent croire", notent les auteurs.

Les manipulateurs radio exercent en majorité (57% environ) dans les hôpitaux publics et les établissements privés à but non lucratif (8%), le tiers restant de Merm étant principalement salariés de cliniques privées ou de cabinets de ville. L’imagerie médicale est leur principal domaine d’intervention (environ 80% des effectifs), suivie par la radiothérapie (11-12%) et la médecine nucléaire (6-7%), la petite minorité restante se consacrant aux explorations fonctionnelles.

Autre constat, depuis 2017, des tensions croissantes se manifestent sur le marché du travail des manipulateurs radio. "Ces tensions alimentent une concurrence croissante entre les établissements et les cabinets employeurs […] Les difficultés de recrutement peuvent aller jusqu’à des situations de pénurie aiguë, avec des postes durablement vacants, en particulier dans les établissements publics d’Ile-de-France", soulignent-ils.

Cette situation s’explique par "un effet de ciseau entre la baisse continue de 2011 à 2019 du nombre de manipulateurs radio formés accédant au marché du travail et la croissance de la demande d’emploi de ces personnels qui est restée dynamique sur la même période". Le nombre de Merm formés a diminué sous le double effet "d’une baisse du nombre d’étudiants admis en formation et d’une proportion croissante d’étudiants qui ne terminent pas leurs études". Dans le même temps, la demande de Merm a continué à progresser régulièrement, en lien avec le développement des activités d'imagerie, de radiothérapie et de médecine nucléaire.

De plus les deux inspecteurs estiment que "portée par des tendances structurelles, la demande en emplois de Merm ne se tarira pas dans les prochaines années". En effet, "le parc d’équipements d’imagerie en coupes continuera de croître, en particulier les IRM, pour réduire des délais de rendez-vous moyens qui restent supérieurs à ceux des objectifs du plan cancer 3". Ils indiquent que "chaque IRM supplémentaire crée un besoin de 4 équivalents temps plein (ETP) de manipulateurs radios. Les indications de radiologie interventionnelle et de médecine nucléaire vont continuer de se développer, de même que l’activité de radiothérapie".

En outre "ni le télédiagnostic, où le manipulateur radio est le seul professionnel de santé en contact avec le patient", ni les progrès techniques intégrant "l’intelligence artificielle" ne sont susceptibles d’être à l’origine d’une baisse significative du nombre de manipulateurs.

Ils constatent enfin que lors des mouvements sociaux de l’hiver 2019-2020, les manipulateurs radio hospitaliers ont exprimé un "fort besoin de reconnaissance de leur métier, dont ils estiment que la dimension soignante n’est pas suffisamment prise en compte".

Au total, 26 recommandations

Les auteurs du rapport estiment qu' "il n’existe, aux yeux de la mission, aucune fatalité à ce que les tensions constatées sur le marché du travail des Merm perdurent, l’analyse de l’évolution du marché du travail des jeunes diplômés depuis 10 ans montrant que l’appareil de formation peut répondre et parfois même aller ponctuellement au-delà, aux besoins immédiats de la demande de soins".

Parmi les 26 recommandations faites par la mission, cette dernière préconise notamment d'"intégrer une augmentation de 10% des effectifs de Merm dès la rentrée 2021 dans le plan de développement des formations paramédicales issu du Ségur de la santé et du plan de relance" (recommandation N°1).

Elle recommande de mettre en place un suivi national et régional des flux de formations et de la démographie des manipulateurs radio.

Elle préconise d'intégrer les Merm dans le "processus organisé et régulier de suivi des besoins en formation et de la démographie réservé aujourd’hui aux professions 'à quota'" (N°6).

Elle recommande à la direction de la recherche, des études et de l'évaluation des statistiques (Drees) et aux agences régionales de santé (ARS) d'"engager rapidement (à l'échéance 2022) une démarche de fiabilisation du répertoire Adeli, et a minima, d'accompagner la diffusion des données qui en sont issues" (N°7).

En ce qui concerne le statut des manipulateurs radios, elle recommande de "supprimer la différence de rémunération avec les infirmiers de soins généraux, liée à la prime Veil, dans le cadre de la refonte du régime indemnitaire de la fonction publique hospitalière" (N°13).

Elle préconise, d'"améliorer (à l'échéance 2022) les conditions de reprise d’ancienneté des services accomplis avant la parution du décret de 2017 en les alignant sur celles prévues pour les infirmiers pour les services accomplis avant la parution de leur décret statutaire de 2010" (N°12).

La mission recommande de "mettre en œuvre, à l'échéance 2022, la prime d’engagement dans la carrière hospitalière pour les Merm dans les régions où les tensions sont les plus fortes" (N°14).

Elle préconise également de "mettre en œuvre le contrat d’engagement de service public (CESP)" dès la rentrée 2021 ou "d'encourager, en fonction des priorités régionales et des besoins des établissements, une contractualisation entre les ARS et les établissements pour un accompagnement financier du recours aux allocations d’études" (N°15).

Dans le cadre de "l’évaluation des dispositifs de coopération territoriale en imagerie", ils invitent à réaliser d'ici 2022 "un bilan annuel de la situation d’emploi des Merm". L’établissement support des groupements hospitaliers de territoire (GHT) et la gouvernance des groupements de coopération sanitaire (GCS) des plateformes d'imagerie médicale mutualisées (Pimm) ayant la charge de réunir les données, de les communiquer à l'ARS et d'engager une démarche de gestion prévisionnelle des emplois et compétences (N°19).

Autre proposition: celle de "constituer un pool de Merm" recrutés de façon permanente et prioritairement consacré "aux remplacements des absences de courte durée" (N°18).
Ils préconisent aussi de "clarifier le cadre juridique de l'acquisition d'images en échographie" par les manipulateurs radio" (N°20).

La mission Igas recommande d'"achever la reconnaissance du métier de dosimétriste comme voie de spécialisation des Merm, indépendamment de la réflexion sur la création d’une pratique avancée en radiothérapie" (N°21).

En matière de diplôme, les deux inspecteurs de l'Igas préconisent de "relancer le chantier de diplôme unique pour en faire un levier d’intégration entre les deux réseaux de formation et de rapprochement avec l’université". Un chantier qui s'adresse au Mesri à l'échéance 2021 ou 2022 (N°25).

Il existe en effet 2 diplômes permettant d’exercer la profession: le diplôme d’Etat de manipulateur en électroradiologie médicale préparé dans des instituts de formation; le diplôme de technicien supérieur en imagerie médicale et radiologie thérapeutique, préparé dans des sections de lycées. Les deux diplômes sont équivalents, et suite à leur réingénierie et leur intégration dans le schéma licence-master-doctorat (LMD) en 2012, confèrent le grade de licence.

Ils préconisent de "mettre en place une évaluation du fonctionnement des formations de Merm et des conditions de délivrance des diplômes suite à la réingénierie en 2012" (N°23).

Manipulateur en électroradiologie médicale: un métier en tension, une attractivité à renforcer, Igas, février 2021

gdl/ab

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