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Mécénat : une option pour les hôpitaux publics

PARIS, 26 août (Direct Hôpital) – L'hôpital Necker a reçu début juillet un don important du footballeur David Beckam. L'établissement s'est doté d'une politique en faveur du mécénat en 2011, avec succès.

500.000 euros : c'est le montant estimé du don versé par le club de football Paris-Saint-Germain et David Beckham à l'hôpital Necker (Paris). Le footballeur avait annoncé en janvier son intention de verser des dons à des institutions d'intérêt général, dédiées aux enfants malades. En juillet, le club a annoncé avoir sélectionné un programme de soins et de recherche sur la chirurgie de l'épilepsie, mis en œuvre dans le service de neurochirurgie pédiatrique de l'hôpital.
 
"Ce don va nous permettre d'accélérer la prise en charge de l'épilepsie […] Nous pourrons aussi développer notre  recherche pour mieux connaître les mécanismes de cette maladie afin de toujours mieux soigner  les patients", a déclaré le Professeur Christian Sainte-Rose, qui dirige le service.
 
Si ce don fait est dans la continuité de la convention de partenariat signée entre le club et l'hôpital en décembre 2012, il découle aussi de la politique volontariste de l'établissement dans le domaine du mécénat.
 
En 2011, il s'est doté d'une direction structurée dédiée au mécénat : Florence Mahé-Dombis est chargée de rechercher des fonds ("fundraising") et des partenariats. Le pôle mère-enfant Laennec en a profité : des fauteuils-lits pour les accompagnants ont été installés dans ses chambres, et un système "d'école à distance" mis en place.
 
Le mécénat est fréquent dans le secteur de la culture, moins dans celui des hôpitaux français. Il s'agit d'un soutien matériel apporté sans contrepartie économique directe, à la différence du sponsoring. Peuvent en bénéficier les structures d'intérêt général dont l'activité n'est pas lucrative de manière prépondérante. Les établissements privés à but lucratif ne sont donc pas éligibles, mais peuvent créer leurs propres œuvres.
 
Une étude réalisée en 2009 par l'agence de fundraising Optimus et du cabinet de conseil Ylios avait montré que 10% des établissements de santé interrogés étaient dans une démarche  active de fundraising, et la moitié y réfléchissait. "Tous les acteurs sont concernés, quels que soient le statut et la taille des structures interrogées", précisait Frédéric Fournier, directeur général d'Optimus.
 
Si les donateurs donnent, expliquait-il, c'est pour des raisons variées : par devoir moral, parce qu'ils sont concernés par la problématique, pour la déduction fiscale (60% pour les entreprises, 66% pour les particuliers)... Mais aussi "parce que vous, et pas un autre, leur avez demandé".
 
Il conseille donc aux établissements intéressés par la démarche de d'abord définir leur positionnement distinctif (affirmer ses spécificités en termes de vision et de valeurs, donner du sens à l'action), avant de préciser leur projet de fundraising (pourquoi faire appel au mécénat ? A  quoi vont servir les dons ?). Il faut ensuite se doter d'outils professionnels de gestion de la base de données des donateurs potentiels et de supports de communication.
 
Les anciens patients, les individus fortunés (proches de patients), les entreprises et les fondations qui interviennent dans le champ de la santé doivent être privilégiés. Le mailing, l'organisation d'évènements (soirées prestiges, évènements médiatisés), ou le démarchage téléphonique peuvent être des premières actions à envisager. Ils permettront de toucher un grand nombre de donateurs.
 
Les dons majeurs sont plus rares, mais peuvent avoir un important impact sur la vie de l'établissement. En décembre 2010, l'hôpital de Fleurance (Gers) a reçu un don de deux millions d'euros "pour moderniser l'hôpital et sauvegarder sa capacité d'accueil". Le maire de la ville expliquait alors que ce don anonyme avait sauvé l'hôpital de la fermeture.
 
Reste à éviter les problèmes éthiques. "Le principal écueil à éviter sera vraisemblablement de ne pas devenir dépendant des financeurs au point de dénaturer les activités de l’hôpital et donc ses missions", estime Jacques Touzard, directeur adjoint des Hôpitaux de Saint-Maurice (Val-de-Marne).
 
Dans une tribune intitulée "Financer l'hôpital public grâce au mécénat ? Une question à se poser", il met en garde contre le risque de "déstabiliser un système d’égalité devant les soins et de pluridisciplinarité en un système de soins sélectifs, que cela soit sur le choix des patients mais également des activités, comme cela est le cas pour la recherche clinique en France sous la pression des laboratoires". /mb

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