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Mettre en veille les blocs opératoires permet d'économiser jusqu'à près de 50% d'électricité (IHF)

Crédit : Aspec
Crédit : Aspec

(Par Geneviève DE LACOUR, aux journées IHF)

VILLEJUIF (Val-de-Marne), 25 juin 2019 (TecHopital) - Maîtriser les performances énergétiques des unités de traitement d'air des blocs opératoires permet d'économiser jusqu'à 45% d'énergie électrique, a indiqué Denis Lopez, du CHU de Bordeaux lors des journées IHF.

Avec un tiers des surfaces de salles propres (blocs opératoires, stérilisation, réanimation, etc.) en France couvrant 1,025 million de mètres carrés, le secteur hospitalier arrive en seconde position après l'industrie pharmaceutique (1,94 million de m²). Or, ces salles propres sont très énergivores.

Depuis 2013, la norme française NF S 90-351 prend en compte l'efficacité énergétique des zones à risque en intégrant la mise en place d'un régime de veille, automatique ou manuelle. "La mise en place d'un régime de veille dans les blocs opératoires est devenue incontournable compte tenu de la consommation énergétique liée à la ventilation des salles propres", précise l'Aspec, organisme français de référence pour tous les acteurs concernés par la maîtrise de la contamination dans les salles propres et zones à atmosphère contrôlée.

Retour d'expérience d'un bloc opératoire ISO5

Un retour d'expérience relatif à un bloc opératoire de classe ISO5 a été présenté lors des journées IHF par Denis Lopez du CHU de Bordeaux.

Le régime de veille correspond à "une réduction du débit d'air tout en maintenant une surpression de 15 pascals et a minima une classe de propreté particulaire ISO 8", a précisé Denis Lopez. Dans le cas d'un fonctionnement automatique, différents outils associés doivent être efficaces et vérifiés tels que: la gestion technique du bâtiment (GTB), l'analyse des alarmes, l'enregistrement des données.

Pour faire des économies d'énergie, différentes solutions sont donc envisageables. Il est possible d'agir sur la conception architecturale des bâtiments, mais aussi sur la conception des systèmes de traitement d'air, sur le choix et le dimensionnement de ces centrales.

Si on considère le traitement d'air de la salle propre, la GTB permet de limiter les surconsommations énergétiques, en optimisant la maintenance, c'est-à-dire en remplaçant une maintenance systématique par une maintenance conditionnelle. Elle permet également d'utiliser la traçabilité des performances pour analyser plus précisément la nature d'un dysfonctionnement. "Nous avons formé 2 agents qui assurent la supervision et peuvent ainsi tracer les soucis rencontrés au cours des 3 derniers mois en cas d'infection", a fait remarquer le technicien du CHU du Bordeaux.

La GTB optimise enfin le remplacement des filtres. "Nous avons réussi à diviser par trois le montant de la filtration car un filtre sale n'est pas forcément défectueux".

A 22 heures, le bloc passe ainsi en régime réduit. "Il est possible de repasser instantanément en régime normal, à l'aide d'un bouton-poussoir. Le chirurgien ne peut pas opérer en régime de veille. Dans ce mode, la luminosité est réduite de 50% grâce à des LED rouges."

Dans le bloc, "nous disposons d'une tablette sur laquelle on signale la surpression, la température ainsi que les alarmes importantes".

Grâce à ce régime réduit, "nous avons pu constater, sur un bloc opératoire de 45 m², une économie de 45% d'énergie électrique par semaine. Nous réalisons également des économies en eau chaude et froide mais qui n'ont pas été comptabilisées".

Actuellement, une trentaine de blocs du CHU de Bordeaux sont équipés avec un tel système de mise en veille. Au total, pour cette trentaine de blocs, "les économies ont été chiffrées à 30.000 euros".

"Nous n'envisageons pas de l'installer sur les 250 blocs que compte l'établissement", car cela nécessite de fermer la salle pendant quelques jours pour faire les travaux. "Certains blocs mériteraient plus d'être entièrement rénovés".

"Enfin, la mise en veille des blocs en ISO 7 est moins rentable que pour l'ISO 5 (au niveau électricité)", a-t-il souligné.

A noter qu'une "analyse fonctionnelle de la centrale s’avère nécessaire avant la mise en service" d'un tel système de mise en veille, a indiqué Denis Lopez.

L'Aspec, en partenariat avec l'Agence de l'environnement et de la maitrise de l'énergie (Ademe) et EDF R&D a rédigé en 2016 un guide technique pour apporter des solutions techniques, des retours d'expérience et des éléments concrets sur les performances énergétiques en salles propres.

gdl/nc

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