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"Nous avons fait économiser beaucoup au projet, plus que ce que nous avons coûté" (équipe projet du nouveau CHU de Guadeloupe)

(Par Geneviève DE LACOUR, à Pointe-à-Pitre)

POINTE-A-PITRE (Guadeloupe), 4 octobre 2019 - Pour suivre au plus près la construction du nouveau CHU de Guadeloupe, l'établissement a formé une équipe projet de huit personnes comprenant des ingénieurs en logistique, génie civil, biomédical, sous la houlette du directeur adjoint, Cédric Zolezzi, et avec pour mission d'optimiser les choix et les dépenses.

L'équipe projet a été mise en place en 2011 à la demande du ministère qui en a fait une condition obligatoire du projet. La direction générale de l'offre de soins (DGOS) "voulait un intermédiaire" parce que le financement est entièrement assuré par l'Etat (580 M€).

"C'est pour cette raison que nous avons monté cette cellule en prenant bien soin d'avoir une équipe régionale", a expliqué à TecHopital Guy Daninthe, ingénieur génie civil, responsable du suivi des travaux. "Cette équipe est constituée de gens ayant une grande expérience hospitalière."

"Nous sommes persuadés que nous avons fait économiser beaucoup plus largement que ce que nous avons coûté. En fait, nous avons obtenu plus dans le cadre du budget initial", a indiqué à TecHopital l'équipe rencontrée au CHU de Pointe-à-Pitre.

"On pensait dans un premier temps reconstruire sur site occupé. Nous entendions parler à l'époque de confortement parasismique de l'établissement. Mais il y a eu un coup d'accélérateur, après le tremblement de terre en Haïti en janvier 2010."

Crédit : Architecture-Studio
Le projet a été programmé en 2008, "avant le virage ambulatoire". Nous avons dû le modifier pour "faire moins de lits froids et plus de lits chauds" (cf dépêche TecHopital). L'hôtel hospitalier s'est aussi imposé à nous, car nous vivons dans un archipel et beaucoup de patients ne peuvent rentrer chez eux le soir. Cet hôtel n'était pas prévu à l'origine. Actuellement nous réfléchissons à son financement, nous cherchons un promoteur. On se garde un foncier pour prévoir cette structure", avec une capacité qui "serait entre 50 et 80 lits". L'objectif serait qu'il soit terminé fin 2022, début 2023, en même temps que le CHU, idem pour la partie hébergement de l'internat.

L'équipe projet a adopté une méthode originale et intéressante, "nous avons essayé de faire participer tous les hospitaliers via de nombreux groupes de travail. C'était notre rôle de faire l'interface entre les utilisateurs et toutes les parties prenantes du projet", a souligné Christine Toribio, attachée d'administration et adjointe au chef de projet. Pour ce faire, "il a fallu faire venir les hospitaliers, les faire participer car ils restaient avec certaines craintes, et notamment celle que l'Etat renonce à son financement."

Quant au maître d'œuvre, "il joue une partition que nous avons écrite. C'est notre programme qu'il met en musique", a souligné Guy Daninthe. Une partition écrite en concertation avec les hospitaliers. Ainsi, "nous avons souhaité un hôpital humain avec un maximum de 3 ou 4 niveaux, un hôpital qui ressemble à la Caraïbe. Nous nous sommes attachés à sa fonctionnalité avec, à chaque étage, 2 unités". La salle de soin a été positionnée en partie centrale. "Nous nous sommes efforcés de prendre en compte la fonctionnalité avant l'architecture."

"Il nous a fallu souvent rappeler à la maîtrise d'œuvre notre souhait initial, rappeler à l'architecte tout ce qui est de l'ordre de la fonctionnalité et de la sécurité avant l'architecture." En matière de sécurité, "l'idée est d'avoir un système modulaire, variable et adapté aux périodes et aux personnes", a expliqué François Bisch, ingénieur logistique et en organisation. D'ailleurs, "nous n’avons pas encore fini de le traiter mais il reste très important", a-t-il souligné.

"Ne pas faire de l'innovation pour de l'innovation"

"L'Etat nous a totalement laissé libres de nos choix techniques et technologiques. Nous sommes un archipel situé à 8.000 km de la métropole, très loin des grands centres. On parle d'hôpital aimant, magnétique, d'hôpital de tous les extrêmes mais avec des solutions les plus simples possibles : simple à organiser, simple à maintenir et le plus fiable possible. Le but n'était pas d'aller vers de la haute technologie, mais d'employer des solutions facilement réparables, de faire des choix pragmatiques. Pas question pour nous de faire de l'innovation pour de l'innovation".

"Ce n'est pas la peine d'avoir quelque chose qui à la première secousse tombe en panne, surtout à 8.000 km de la métropole. Il faut imaginer un hôpital qui puisse fonctionner en autarcie pendant au moins 72 heures, en cas de séisme. D'où l'importance de la formation de nos techniciens", a rappelé Guy Daninthe.

Côté innovation donc, des études de micro-implantation des équipements ont été menées. Un cabinet d'architecte a fait le tour de tous les services avec Sébastien Teilhaud, ingénieur biomédical, membre de l'équipe projet. "Nous savons, quasiment au meuble près, ce que l'on va avoir dans les futurs locaux. Peu de projets ont ce niveau de connaissance."

Autre nouveauté, un distributeur automatique de vêtements va être mis en place "nous allons passer d'une culture de vêtements personnalisés à celle de vêtements banalisés. C'est un changement de paradigme", rappelle François Bisch.

Un système de pneumatiques avec codes couleur sera également installé "dans les salles de soins" pour les prélèvements biologiques.

Prochaine étape, imaginer le futur fonctionnement

Maintenant nous réfléchissions à l'organisation à l'intérieur et sur la manière de fonctionner avec de nouvelles installations. "C'est la seconde phase et pas forcément la plus simple", a indiqué Guy Daninthe. Il faut réinventer un nouveau fonctionnement, étage par étage, service par service, avec les parcours patients et les parcours soignants. "Nous avons commencé à réfléchir à la signalétique", a précisé François Bisch.

"Nous avons en tête les grandes lignes du fonctionnement, mais il faut maintenant l'affiner avec les futurs utilisateurs, pour qu'ils se l'approprient."

"Nous n'avons pas d'innovations en tant que telles, non n'allons rien inventer, mais nous avons pris exemple sur les innovations intéressantes mises en place dans tous les hôpitaux depuis 10 ans."

Ainsi un salon de sortie est prévu ainsi qu'une centrale de prélèvements pour les professionnels de santé externes. Un bâtiment témoin a été construit avec une salle de soin, un bloc opératoire, une chambre à un lit, un office alimentaire, tous équipés, "d''abord pour les entreprises, pour faire des choix d'équipement mais aussi pour le personnel, pour qu'il puisse donner son avis".

Le nouvel hôpital sera numérique avec une pharmacie à usage interne (PUI) qui sera automatisée pour les dotations individuelles nominatives. Un travail qui n'incombera plus aux soignants. Une couverture wifi systématique des bâtiments est prévue "et nous envisageons des outils partagés, des terminaux multimédias sur le lit des patients".

Enfin, le nouveau bâtiment s'inscrit dans une démarche de haute qualité environnementale (HQE) "sans aller jusqu'à la certification", a indiqué Guy Daninthe avec des cibles précises en matière d'économie d'énergie, de traitement des réseaux aérauliques, de chantier vert, etc., autant de critères sur lesquels l'équipe projet a travaillé.

"Une optimisation du moindre mètre carré"

"Nous avons dû faire avec les contraintes surfaciques imposées par la tutelle puisque nous ne pouvions pas aller au-delà des 85.000 m². Il a donc fallu optimiser le moindre mètre carré. C'était une demande forte de la DGOS. D'ailleurs nous n'avons pas beaucoup de m² en rabe". Ainsi, "nous aurons des locaux partagés pour les médecins et nous avons quelques inquiétudes à ce sujet car c'est un changement de paradigme pour eux. Le chef de service aura son bureau à l'étage, alors que les autres médecins seront dans des espaces partagés".

L'équipe projet doit être la plus neutre possible dans les choix et ne pas empêcher un autre chef de service d'occuper les locaux. "Nous ne faisons pas des choix à la place des autres, nous nous battons pour garder un potentiel, pour que ceux qui prennent les décisions finales aient le plus de choix possibles", a-t-elle fait remarquer.

gdl/ab

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