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"Nous avons joué un rôle pivot dans la distribution des dotations d'Etat" (Céline Biche, directrice qualité du CHU de Poitiers)

Crédit: Geneviève De Lacour/TecHopital
Crédit: Geneviève De Lacour/TecHopital

POITIERS, 30 septembre 2020 (TecHopital) - Lors des assisses de l'Union des ingénieurs en restauration hospitalière (Udhir) qui se sont déroulées les 24 et 25 septembre à Poitiers, Céline Biche, directrice qualité au CHU de Poitiers est revenue sur le rôle primordial joué par le CHU lors de la première vague de l'épidémie de Covid-19 dans la distribution des équipements de protection individuelle (EPI).

"La première cellule de crise s'est réunie le 24 février au CHU de Poitiers. Et depuis le mois de février, je dois dire que notre vie a changé. On se lève Covid, on mange Covid, on se couche Covid", a relaté Céline Biche, directrice qualité au CHU de Poitiers.

"La prise en charge du premier patient Covid+ s'est faite le 29 février et depuis nous avons totalement modifié nos organisations. L'ouverture du REB, centre ambulatoire pour le risque épidémique et biologique, a été décidée afin de ne pas faire croiser les flux de patients Covid avec les non Covid."

A cette période, les premières alertes et difficultés provenaient du Samu, assailli d'appels par une "population en panique".

Le 12 mars, avec la fermeture des écoles nous avons commencé à envisager le manque de personnel pour la prise en charge des patients. C'est pourquoi, à partir de ce moment-là, la déprogrammation des patients les moins urgents a été organisée, la télémédecine et la téléconsultation à distance ont été développées.

Le 16 mars, "nous sanctuarisions l'ensemble du service des maladies infectieuses. Le 17 mars, nous décidions du port du masque obligatoire pour tous les professionnels dans tous les services de soin. A ce moment-là, nationalement ce n'était pas la règle", a souligné la directrice qualité.

Le télétravail a été mis en place au sein du CHU, pour tout le personnel pour lequel c'était possible.

Un cadre de santé a été désigné pour gérer tous les produits à usage unique. "Les dotations directes des services ont été arrêtées à ce moment-là."

Le 18 mars, le secteur des urgences s'est transformé pour être consacré aux patients Covid-19. A ce stade, une chute drastique des passages aux urgences a été constatée. Un poste médical avancé a été installé devant les urgences pour filtrer les suspicions de Covid et éviter les croisements de flux.

"Comme nous étions également en tension sur les solutions hydro-alcooliques, les pharmaciens du CHU ont commencé à en fabriquer, pour être autonome par rapport à nos fournisseurs" qui n'étaient plus en capacité de les fournir.

Les militaires de l'opération Résilience sont intervenus sur le site "pour rassurer les professionnels", a-t-elle fait remarquer.

Le 25 mars marque l'arrivée des premiers patients transférés de la région parisienne et du Grand Est. "D'abord 3 patients ont été transférés par hélicoptère. Puis une unité Covid pour patients gériatriques a été mise en place. Le 27 mars, des patients du Grand Est sont arrivés par avion". Les opérations "chardon" 1, 2 et 3 se sont succédé, le 29 mars, 3 avril puis le 10 avril. D'abord avec 4 patients qui sont arrivés par avion puis par TGV.

A noter que le dernier patient Covid-19 est sorti du CHU le 21 mai.

Mise en place de plans d'organisation en mode dégradé

La reprise de l'activité était attendue en septembre. "Mais en septembre, nous avons subi une arrivée massive de demandes de dépistage. Nous avons reçu jusqu'à 1.500 appels par jour. Nous n'étions pas préparés à cette déferlante là", a souligné Céline Biche.

"Aujourd'hui, au CHU de Poitiers, nous avons 2 patients en réanimation et 6 patients Covid."

"Nous recommençons à travailler sur des plans d'organisation en mode dégradé avec une augmentation des réanimations mais sans déprogrammation. Nous travaillons avec l'agence régionale de santé (ARS) sur un plan pour que 'l'effort de guerre' repose sur l'ensemble des établissements de santé du territoire, c'est-à-dire les établissements publics mais aussi privés. Ce plan permettra de savoir qui fait quoi", a-t-elle expliqué.

L'idée pour les équipes du CHU est d'avoir une vision plus territoriale que pendant la première phase de la crise. Pendant la première vague, "le CHU a été en effet en première ligne et sur tous les fronts".

Quant aux équipements de protection individuelle (EPI), le CHU gérait pendant la première vague les dotations nationales pour l'ensemble des établissements du territoire, soit 350 établissements. "Pour ce faire, nous avons créé des postes de logisticiens. Chaque établissement venait chercher ses dotations. Certains Ehpad ont eu beaucoup de cas Covid-19. Lorsque les masques venaient à manquer, c'est la solidarité qui a joué." Il est clair que "nous avons joué un rôle pivot dans la distribution des dotations d'Etat".

Fin septembre, l'Etat ne s'occupera plus de la gestion des EPI. "Nous essayons dorénavant d'économiser les masques. Nous restreignons leur utilisation et nous faisons des réserves", a-t-elle fait remarquer.

Aujourd'hui, le principal problème d'approvisionnement que le CHU connaît concerne les gants stériles. "Je ne sais plus où acheter les gants stériles."

Pendant la crise sanitaire, "nous avons beaucoup travaillé avec la médecine de ville mais eu peu de liens avec la préfecture, avec les collectivités locales, sauf pour la gestion des gardes et des écoles. Cette gestion a été exemplaire. A l'avenir, nous devrions plus travailler avec eux", a conclu la directrice qualité.

gdl/ab

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