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Objets connectés en santé: "Nous avons besoin de grilles de lecture rapide pour évaluer l'intérêt d'un nouvel objet" (Pierre-Marie Roy - CHU Angers)

Pierre-Marie Roy, médecin enseignant-chercheur en médecine d'urgence au CHU d'Angers et président du conseil scientifique du congrès S2CA
Pierre-Marie Roy, médecin enseignant-chercheur en médecine d'urgence au CHU d'Angers et président du conseil scientifique du congrès S2CA

Pierre-Marie Roy, médecin enseignant-chercheur en médecine d'urgence au CHU d'Angers et président du conseil scientifique du congrès "Science et santé connectées à Angers" (S2CA), explique quels défis les objets connectés en santé posent aux différents professionnels du secteur et comment le congrès organisé le vendredi 25 novembre espère faire ressortir des outils pratiques pour leur évaluation.

Le département santé de l'université d'Angers, en collaboration avec le CHU de la ville organise le 25 novembre le premier congrès S2CA sur le thème "objets connectés: gadgets, nuisances ou atouts?".

Ce congrès se tient dans le prolongement des HospiLike conférences du CHU d'Angers qui s'intéresseront pour leur part à l'impact des réseaux sociaux sur la relation patients/médecins. Il s'est donné pour ambition d'établir des critères d'évaluation des objets connectés en santé simples afin que les différents professionnels puissent rapidement mesurer si l'objet qui leur présenté offre un réel intérêt dans leur pratique.

"Aujourd'hui en matière d'objets connectés dédiés à la santé, nous sommes face à un agglomérat d'expériences individuelles. Telle chose est développée à tel endroit, le plus souvent sous forme d'évaluation, de recherches, de test. Mais il n'y a pas de synthèse", explique Pierre-Marie Roy.

"Au quotidien, un professionnel de santé face à un nouvel objet connecté n'a pas de grille de lecture simple pour évaluer s'il a affaire à un gadget qui relève du domaine de la mode ou à une vraie avancée possible voire si l'objet ne va pas créer plus de nuisances que de bénéfices. C'est face à ce constat que nous avons monté ce congrès. Angers étant une place idéale pour cette interrogation puisque le territoire est particulièrement actif en matière d'objets connectés", poursuit-il.

De vrais ateliers de travail

Après une table ronde qui doit poser les grandes lignes des différentes problématiques que soulève l'avènement des objets connectés en santé, le congrès affiche son ambition en proposant quatre ateliers pour lesquels les participants seront actifs. Ces ateliers portent respectivement sur l'impact des objets connectés pour les patients/aidants/proches, les structures de soins, les professionnels de santé et l'éthique (vision et valeurs des personnes). "A l'issue de chaque atelier, le groupe doit faire ressortir une dizaine de critères d'évaluation sur lesquels devrait porter l'attention des professionnels pour dire si cet objet apporte ou non quelque chose. Cette grille de lecture pourrait être utile tant pour les utilisateurs que pour les concepteurs", précise le médecin.

Des nuisances observées après-coup

Les objets connectés en santé, qu'ils soient à destination du grand public ou réservés à un usage contrôlé dans le secteur médical, arrivent pour le moment sur le marché sans évaluation préalable de leur impact à l'usage. Dans le secteur médical strict, ils vont bien sûr être contrôlés au niveau de la sécurité de l'objet lui-même, de l'hébergement et de l'accès aux données qu'il fournit mais son impact sur la vie des patients, des soignants, l'organisation des soins s'évalue après-coup.

"Nous nous sommes par exemple rendu compte que les appareils d'automesure de la pression artérielle renforçaient, chez certaines personnes, des conduites anxieuses. Le patient, inquiet, prend la mesure de sa tension plusieurs fois par jour et ce stress a un impact négatif sur sa tension artérielle...", explique Pierre-Marie Roy. Et le problème ne concerne pas que le patient, poursuit-il. "Avec le développement des soins en ambulatoire, le patient repart à la maison avec des appareils de suivi de différentes constantes. Les informations sont transmises en continu au professionnel de santé chargé de son suivi. Qui est sensé regarder et réagir à ces mesures. Mais quelle charge de travail et quelle charge mentale cela va-t-il entraîner quand on a tout un groupe de patients à domicile qui vous envoient des données 24h/24. Comment le gérer ? La nuisance pour le professionnel de santé n'est-elle pas disproportionnée par rapport au bénéfice ? C'est tout cela sur lequel il nous reste encore à réfléchir", conclut-il.

Evaluation: les choses bougent

En matière d'évaluation, souligne le médecin du CHU d'Angers, les choses évoluent en ce moment. La Haute autorité de santé (HAS) vient de sortir ses critères d'évaluation des objets connectés (voir TecHopital du 9/11/16) et d'autres organisations travaillent sur le sujet. Comme DMD santé, qui sera d'ailleurs présent au congrès, qui a un label de qualité pour les applications et les objets connectés.

De l'objet connecté au transhumanisme

Le reste du congrès comprendra notamment une session permettant de faire le point sur ce qui existe dans plusieurs domaines précis comme la médecine d'urgence, la gérontologie ou encore l'activité physique et sportive, et s'achèvera avec une ouverture sur les sciences sociales grâce à l'intervention de Judith Nicogossian, anthropologue qui s'est particulièrement intéressée à la question de l'homme augmenté par les biotechnologies.

Le programme du congrès S2CA

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