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"On ne peut pas parler de pénurie de physiciens médicaux" (président de la SFPM)

Crédit : Shutterstock
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PARIS, 15 janvier 2020 (TecHopital) - Il n'y a pas de pénurie de physiciens médicaux car l'augmentation du nombre des radiothérapies dans le traitement des cancers a été anticipée par le passage du nombre de diplômés en physique médicale de 40 à 45 à partir de 2021, a expliqué Arnaud Dieudonné, président de la Société française de physique médicale (SFPM).

Reconnus comme professionnels de santé depuis 2017, les physiciens médicaux étaient, en 2017, selon l'observatoire de la radiothérapie, au nombre de 600 (soit 80% des effectifs) en radiothérapie externe et environ 120 (soit 20%) en imagerie, médecine nucléaire ou radiologie.

"La radiothérapie est incontournable dans le traitement des cancers. L'incidence des cancers augmentant, le recours à cette technique est donc en croissance", a indiqué le 14 janvier à TecHopital Arnaud Dieudonné, président de la SFPM.

Le besoin de physiciens médicaux évolue. "Avant, nous avions plus de manipulations à faire, aujourd'hui notre travail est plus de l'ordre de la vérification. Cela implique une présence en continu dans les services." Le métier s'est complexifié.

En cause, les techniques qui sont de plus en plus complexes. Le physicien médical intervient à deux niveaux: au moment de la planification des traitements lorsqu'il vérifie les angles d'irradiation mais aussi pendant toute la durée du traitement.

"On ne peut pas externaliser les responsabilités"

Interrogé sur la mise en demeure de l'Institut de cancérologie Lucien-Neuwirth par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) (cf dépêche TecHopital), Arnaud Dieudonné a fait remarquer: "Nous ne sommes pas hostiles à l'externalisation de la prestation de physique médicale notamment en imagerie. Cela permet de faire ponctuellement des vérifications." Mais "employer des physiciens médicaux externalisés de manière récurrente et les installer en routine dans les procédures de traitement ne va pas dans le sens de plus de sécurité des patients".

"Ce qui assure la sécurité des patients," pour lui, "c'est la continuité du suivi sur place avec des physiciens en nombre. Car au final il faut assumer la responsabilité. Ce n'est pas la société externe qui va être responsable."

Or, indique-t-il, "l'Institut stéphanois ne s'est pas vraiment mobilisé pour trouver un physicien et a été vers la solution la moins onéreuse. Dans un contexte de sous-effectif, il faut avoir tous les éléments et être en lien avec l'équipe pour valider les traitements. On ne peut pas externaliser les responsabilités."

Globalement, "je ne parlerai pas de pénurie pour les physiciens médicaux car, à part l'Institut Lucien-Neuwirth, je ne connais pas d'autres cas de dysfonctionnement notable lié à un déficit de physiciens. Il existe des tensions ailleurs, c'est vrai. On peut avoir des postes vacants par-ci par-là mais on ne peut pas parler de pénurie, car une pénurie met en péril une activité."

Quant à la question du coût trop élevé d'un physicien médical, "je ne peux pas l'entendre car sans physicien, pas de traitement. Il y a 15 ans, la rémunération dans le secteur public était très en deçà par rapport au privé. Mais une circulaire de 2007 a permis de rattraper le retard. Les centres de lutte contre le cancer sont des Espic et le niveau de rémunération des physiciens médicaux est très similaire au secteur public."

Bientôt 45 physiciens médicaux diplômés chaque année

Une seule école, l'Institut national des sciences et techniques nucléaires (INSTN) de Saclay, forme ces professionnels de la santé. Actuellement, 40 physiciens médicaux sortent de l'école chaque année. Mais à partir de 2021, ils seront 45. A noter que "tous les physiciens qui sortent de la formation trouvent un emploi", souligne le président de la SFPM.

"Nous avons obtenu de la direction générale de l'offre de soins (DGOS), le passage à 45 étudiants pour la promotion 2019-2021 afin d'anticiper les départs à la retraite ainsi que l'augmentation du nombre des traitements en radiothérapie", a expliqué Arnaud Dieudonné.

En 2009, à la suite de l'accident d'Epinal, les effectifs de physiciens médicaux ont doublé, passant de 300 à 600. Ce qui a permis de rattraper une partie du retard en France, par rapport aux autres pays européens.

En 2017, le métier a été reconnu comme profession de santé (cf dépêche TecHopital). "C'était une reconnaissance très attendue mais la profession demeure sous-valorisée par rapport aux médecins", note le président de la société savante.

"Nous attendons maintenant le décret, en préparation à la DGOS, qui doit décrire les missions de physique médicale et permettre ainsi de clarifier notre rôle dans la prise en charge des patients. Et permettre aussi de rappeler que certains actes sont sous la seule responsabilité des physiciens médicaux. La publication du décret est attendue avant fin 2020", rapporte-t-il.

Enfin, "nous demandons une reconnaissance de notre statut au sein de la fonction publique hospitalière. Actuellement, nous sommes rattachés au statut d'ingénieur hospitalier mais pas à celui des professionnels médicaux."

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