Une question ? Appelez le 01 48 06 54 92

 

TecHopital.com

 

http://www.canyon.fr/

Performance des établissements de santé: Hospi Diag utile pour le dialogue interne et externe

PARIS, 24 décembre 2015 (Direct Hôpital) - Hospi Diag sert aussi bien pour le dialogue interne que pour les discussions externes, notamment entre les établissements et les agences régionales de santé (ARS), ont convenu plusieurs intervenants le 8 décembre lors d'une journée organisée sur ce sujet par l'Agence nationale d'appui à la performance des établissements de santé et médico-sociaux (Anap).

Hospi Diag contient des données sur 69 indicateurs produits automatiquement à partir des remontées dans 12 bases nationales. Il couvre 1.350 établissements MCO (médecine-chirurgie-obstétrique) publics et privés, et met à disposition des informations sur les cinq dernières années. Les indicateurs sont répartis selon cinq grands axes: l'activité, la qualité, l'organisation, la finance et les ressources humaines. Il est accessible librement à tout le monde, a rappelé Christian Anastasy, directeur général de l'Anap, à l'occasion de la "première journée nationale Hospi Diag" à Paris.

Le nombre de connexions à cette base est passé de 17.000 en 2011 à près de 140.000 en 2015, ce qui en fait l'outil "le plus consulté" de l'Anap et de l'ATIH (Agence technique de l'information sur l'hospitalisation), a souligné Gilles Bontemps, directeur associé à l'Anap. Pour lui, cela montre qu'il répond aux besoins des "acteurs", aussi bien des établissements que des tutelles dont les agences régionales de santé (ARS).

Hospi Diag est utilisé "dans trois cas de figure", a poursuivi Gilles Bontemps. Il a évoqué tout d'abord le dialogue de gestion au sein des établissements, entre les médecins, les soignants et les directeurs, ainsi que le dialogue de gestion externe dans le cadre de la contractualisation entre les établissements et les ARS. "On s'aperçoit qu'Hospi Diag est aussi utilisé dans le cadre de la réflexion autour de l'open data et dans le cadre de l'évaluation externe", a-t-il ajouté.

Une appropriation par les médecins essentielle

Le Dr Sylvia Benzaken, vice-présidente de la commission médicale d'établissement (CME) du CHU de Nice, qui participe aux réflexions du club Hospi Diag "depuis le début", a estimé que l'appropriation de l'outil par les médecins hospitaliers était "essentielle".

Il offre à un président de CME ou un chef de pôle une "vision globale" et la "carte d'identité de son établissement", a-t-elle expliqué. Il permet aussi de connaître l'environnement de son établissement, qu'il s'agisse des "concurrents" ou des "partenaires" mais aussi de mener un dialogue interne avec les autres pôles ou praticiens de l'hôpital.

Quant au praticien, "c'est lui qui produit les données". "Autant qu'il voit les résultats de ce qu'il a produit", a souligné le Dr Benzaken. Elle a relevé que l'outil était fondé sur un "vocabulaire commun", un aspect "essentiel pour décloisonner les mondes médicaux et administratifs".

Du côté des cliniques, Hospi Diag est surtout utile pour "mesurer l'activité et se positionner par rapport à un territoire, voire une région", a estimé le Dr Jean-Luc Baron, président de la conférence des présidents de CME de l'hospitalisation privée. Les données qu'il contient permettent aussi "d'alimenter le projet médical, aux médecins de se situer et d'aider les jeunes recrutés à prendre conscience de ce paysage", a-t-il ajouté.

Pour lui, les médecins du privé sont surtout intéressés par les indicateurs d'activité. "Il faut faire connaître l'outil auprès des CME du secteur privé. Mais il faut aller plus loin sur le détail" des spécialités, a-t-il estimé. Sur l'axe relatif à la qualité, il a estimé que les résultats de la certification de la Haute autorité de santé (HAS) étaient "plus parlants".

Sur l'utilisation en externe, il a fait observer que les CME des cliniques étaient "peu associées" aux négociations des contrats pluriannuels d'objectifs et de moyens (CPOM) et "encore moins à leur signature". "On aimerait qu'Hospi Diag puisse aider à orienter les ARS sur les régimes d'autorisation", a-t-il indiqué.

Sabine Rey-Arles, directrice de la qualité au groupe hospitalier Saint-Joseph à Paris, a estimé qu'Hospi Diag avait permis "une vision globale et macro" mais aussi d'aller "plus dans le détail" grâce notamment à l'utilisation de l'indice de performance sur la durée moyenne de séjour (IP-DMS) pour certaines spécialités médicales. Cette utilisation permet de "rentrer plus dans la pratique de chaque praticien et de chaque spécialité".

Elle a également précisé qu'Hospi Diag avait été très utilisé par son groupe hospitalier pour élaborer des filières de prise en charge et envisager des coopérations. Il a été aussi utilisé à une fin "plus stratégique" pour la construction de la feuille de route pour appliquer le plan triennal d'économies de l'assurance maladie, pour "se comparer et proposer des actions sur la chaîne de facturation ou les coûts des personnels médicaux, paramédicaux et médico-techniques".

Un outil important pour les ARS

Au plan externe, Hospi Diag vient appuyer le dialogue de gestion entre l'ARS et les établissements, a assuré Christophe Lannelongue, directeur général de l'ARS Bourgogne et directeur général par intérim de l'ARS Franche-Comté.

Il a rappelé qu'en 2007-08, lorsqu'il était à l'Inspection générale des affaires sociales (Igas), il avait corédigé un rapport sur les hôpitaux en difficulté financière. "On savait alors peu de choses, surtout sur la performance réelle. On parlait beaucoup de volume d'activité, de dépenses, de recettes, d'économies [...] mais on était très peu capable de travailler sur ce qu'était la réalité de la performance", a-t-il relaté.

Pour lui, le premier apport "majeur" d'Hospi Diag a été de "permettre un dialogue à partir d'un diagnostic partagé sur la performance". Un tel dialogue "est une condition indispensable pour une démarche contractuelle entre la tutelle et les établissements".

Hospi Diag est un outil "incontournable lorsqu'on veut parler de position concurrentielle, de performance (durée de séjour, absentéisme, taux de marge brute...)", a-t-il expliqué. Il a permis de parler un "langage commun", ce qui "fait gagner beaucoup de temps".

Christophe Lannelongue a aussi souligné l'intérêt d'Hospi Diag pour effectuer des comparaisons entre des hôpitaux sur une même activité ou lorsqu'il y a des écarts de performance entre hôpitaux de même dimension. "L'intérêt de l'outil est de pouvoir montrer, dans le dialogue, qu'un CHU fait quatre fois mieux qu'un autre dans une même spécialité", a-t-il illustré.

Il a indiqué que son ARS souhaitait continuer à l'utiliser dans le cadre de la stratégie de regroupement des hôpitaux publics pour avoir des groupes publics performants face à des groupes privés également performants, ainsi que pour l'application du plan triennal d'économies.

L'ARS voudrait aussi un développement de l'approche territoriale d'Hospi Diag (comme le prévoit l'Anap, NDLR), notamment sur la gériatrie, et sur d'autres activités, comme la psychiatrie et l'hospitalisation à domicile (HAD), a précisé son directeur général.

Un outil, pas un audit

Le directeur général de Ramsay-Générale de santé, Pascal Roché, a estimé qu'Hospi Diag était "un bon outil et un outil nécessaire". Il permet de donner "une photographie, de factualiser et de comparer".

Il a noté que les ARS ne l'utilisaient pas toutes de la même manière, "plus ou moins pour certaines", même s'il l'est globalement davantage.

Cela dit, "ce n'est qu'un outil", a poursuivi Pascal Roché. Il ne constitue pas "un audit" et "ne traduit pas obligatoirement les leviers et la conduite des changements qu'il y a derrière", a-t-il affirmé.

René Caillet, responsable du pôle organisation sanitaire et médico-social à la Fédération hospitalière de France (FHF), a rejoint les propos précédents en indiquant qu'Hospi Diag était effectivement un outil de dialogue mais que, derrière ses données, existait une réalité qu'il fallait "gratter et travailler".

Cet outil est en progression et nécessite des analyses, a-t-il insisté. Il a évoqué l'indicateur sur la chirurgie ambulatoire qui doit être "regardé de près et doit conduire à s'interroger établissement par établissement sur les modes d'entrée", un hôpital ayant beaucoup d'entrées par les urgences ne pouvant avoir le même taux qu'un autre.

En outre, "dans le dialogue, il faut être extrêmement précis et précautionneux". "Très vite, la notion de dialogue peut déraper" et conduire à une "confusion entre la prescription, l'analyse et le déploiement". Pour René Caillet, il revient bien aux établissements de "proposer des stratégies d'actions cohérentes et efficientes" et aux ARS de les "valider et de les accompagner".

Le dirigeant de la FHF a également estimé qu'il fallait "s'interroger" face aux différentes utilisations de cet outil: de dialogue interne et externe, de comparatif pour la presse (pour des classements) et les usagers ou encore d'évaluation. "C'est peut-être beaucoup", a-t-il indiqué. "En termes scientifiques, il faudra qu'on soit plus précis sur son utilisation".

san/eh/ab

Partagez cet article

Il n'y a pas encore de commentaire sur cette publication.
Soyez le premier à réagir

Pour commenter cet article identifiez-vous ou enregistrez-vous si vous ne l'avez pas encore fait
Les offres
Agenda