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Plan d'investissement en santé en Martinique: l'ARS annonce la reconstruction du site de Trinité

Crédit CHU Martinique
Crédit CHU Martinique

FORT-DE-FRANCE, 11 mars 2021 (TecHopital) - Les crédits du plan de relance de l'investissement en santé en Martinique, d'un montant de 448 millions d'euros (M€) délégués à l'agence régionale de santé, vont permettre en priorité de lancer la reconstruction du site de Trinité, l'un des hôpitaux du CHU, a annoncé le 9 mars Jérôme Viguier, directeur général de l'ARS, lors d'une conférence de presse.

Dans le cadre du plan de relance de l'investissement en santé, "une étape importante pour nous est le focus sur le site de Trinité [CHU de Martinique], qui fait l'objet de beaucoup de questionnements [et] dont la reconstruction a été plusieurs fois annoncée, reportée", a expliqué Jérôme Viguier.

Sur les 14,5 milliards d'euros destinés aux établissements de santé dans le plan de 19 milliards décliné mardi par le premier ministre, Jean Castex, l'île "bénéficiera d'un montant historique de 448 M€".

Ce montant tient compte "des priorités d'investissement sur la région, de la maturité des projets qui ont été portés et analysés et de la situation financière des établissements".

"Nous avons décidé de prioriser cette opération de reconstruction" du site de Trinité "sur les crédits qui nous seront délégués dans le cadre du Ségur de la santé", a poursuivi Jérôme Viguier. Il a évoqué la forte mobilisation en faveur de ce projet, qui s'est traduite par une "conjonction des actions des parlementaires, des représentants des salariés du site de Trinité, du CHU, et de la mobilisation du CHU, de l'ARS".

La reconstruction du site de Trinité "a été évaluée à 70 M€, et [ce montant sera] utilisé" pour cette opération, a-t-il assuré. "Nous reconstruirons l'hôpital de la Trinité", a-t-il insisté, soulignant qu'il faut désormais "finaliser le dossier de reconstruction".

Le projet correspond notamment à une nécessité de "maillage territorial", puisque l'hôpital, dont les bâtiments sont "particulièrement délabrés", dessert la population du Nord-Atlantique de la Martinique, a rappelé Jérôme Viguier.
Benjamin Garel, directeur général du CHU, expliquait mi-février que le financement de l'opération n'avait pas été validé et que la reconstruction n'avait donc pas encore été lancée. Cette attente suscite une mobilisation syndicale depuis plusieurs mois.

Le projet médical lié à la reconstruction a néanmoins déjà été validé en commission médicale d'établissement (CME) et le marché d'assistance à maîtrise d’ouvrage a été publié.

Au delà de la situation de ce site, la Martinique est "très en retard sur son parc hospitalier, avec des établissements de santé, des Ehpad [établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes], et globalement le secteur sanitaire, dans une situation nécessitant un investissement massif de reconstruction, de réhabilitation, parfois de confortation sismique", a souligné Jérôme Viguier.

Les crédits du plan de relance de l'investissement en santé permettent "d'envisager de renouveler le parc hospitalier de la Martinique" et d'investir "pour les futurs malades et futurs pensionnaires des Ehpad dans des conditions d'hébergement qui soient dignes".

L'objectif est d'engager une "restructuration de notre système de santé visant à lui faire faire un bond dans les 5 à 10 prochaines années".

Le directeur général de l'ARS a souligné qu'à l'occasion du Ségur, "beaucoup d'autres établissements ont été identifiés comme devant faire l'objet d'investissements en vue de leur reconstruction", certains étant "dans des états de décrépitude avancée".

"Quasiment la totalité des établissements de santé" ont besoin d'investissements

En Martinique, "quasiment la totalité des établissements de santé, au moins pour un bâtiment, au moins pour un service, ont besoin d'investissements", a-t-il relevé.

L'enveloppe déléguée à l'ARS comprend 75 M€ pour l'assainissement de la situation financière des établissements de santé, "ce qui leur permettra d'avoir une bouffé d'oxygène sur leurs prêts, leurs prêts toxiques, et donc de pouvoir reconstituer une capacité à investir".

Elle intègre aussi 364 M€ pour le financement de nouveaux projets d'investissement dans les établissements de santé, ce qui permettra "de relancer les investissements, de moderniser les établissements, de développer l'offre de soins de suite et de réadaptation et d'améliorer la prise en charge des sujets âgés sur le territoire".

La Martinique "bénéficiera également dès 2021 d'un soutien exceptionnel aux dépenses du quotidien des établissements, de 9 M€, qui seront consacrés à l'achat ou au remplacement de matériels, à la réalisation de petits travaux afin d'améliorer les conditions de travail dans les établissements de santé, le quotidien des soignants".

Jérôme Viguier a rappelé la méthode qui sera désormais employée pour décider des projets d'investissement et les accompagner, caractérisée par la déconcentration et "la confiance redonnée à la gestion territorialisée et à la mobilisation des acteurs du territoire".

"Un certain nombre d'établissements sanitaires et médico-sociaux ont été identifiés, maintenant il va nous appartenir de préciser les projets et de les prioriser dans cette enveloppe", dans le cadre d'un "plan territorial d'investissement", a expliqué le directeur général de l'ARS. Celui-ci sera élaboré "en concertation avec les élus et les acteurs de la santé".

L'objectif n'est pas de raisonner en termes de "projets uniquement de reconstruction ou de réhabilitation d'établissement, ou de capacité à investir pour un site seulement", mais en termes d’"interfaces avec les autres acteurs du territoire", a-t-il développé.

"Quand on réfléchit à reconstruire un établissement", il s'agirait par exemple, "pourquoi pas", d'y accoler "peut-être un Ehpad, peut-être un hôtel hospitalier", a-t-il illustré.

"Il faut qu'on ait largement avancé pour identifier les projets d'ici la fin de l'année", afin de les "lancer en phase d'instruction" et de pouvoir "pour les premiers les passer en réalisation", a précisé Jérôme Viguier.

"Pour ne pas perdre de temps", "cela va être un peu à marche forcée à partir de maintenant pour que, de projets identifiés, on passe à des dossiers de financement".

Il a pointé la nécessité de "mobiliser un maximum de cofinancements pour que cet investissement dans le secteur de la santé soit le plus important possible". Il a dans cette perspective cité les fonds européens, "le plan séisme" à travers le plan de relance, la collectivité territoriale pour le secteur médico-social et "dans le cadre du projet de loi '4D' la possibilité, pour d'autres collectivités locales, de pouvoir s'investir".

"On a un alignement extrêmement favorable des planètes sur la Martinique avec les fonds européens qui ont augmenté sur la capacité de financement des investissements en santé et ces enveloppes du Ségur."

"Nous avons plutôt bien plaidé la cause de ce territoire", a constaté Jérôme Viguier, comparant l'enveloppe déléguée pour la Martinique à celle allouée aux autres territoires ultramarins. Le montant attribué "est presque le même que [pour] la région Centre ou la Normandie qui ont des populations beaucoup plus élevées".

mlb/gdl/ab

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